L'humeur et le blog de Martius

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vendredi, 16 décembre 2011

MI: Ghost Protocol

Ethan rempile, à pratiquement 50 balais (on a vérifié sur wikipedia dans le bus, il est plus si jeune Tom Cruise, d'ailleurs ça se voit, parfois). Je me suis demandé si ça valait le coup : il faut dire que sur certains points, ça donnait vraiment envie. Premièrement cette idée de Ghost Protocol, c'est pas mal : tous les agents sont désavoués et se retrouvent sans rien. En théorie, on devrait avoir droit à un(e) Mission Impossible qui se rapproche du(de la) premier(ère), avec un Ethan qui doit faire avec ce qu'il a sous la main, enquêter, espionner, et être -parfois- un minimum fin.

Attendez-vous à être déçus : plus d'agence ça veut dire "plus de base de données des gros méchants". On l'a remplacé par le Lead Analyst du ministre de la défense des USA qui est aussi efficace que Chuck Bartowski et son Intersect dans la tête. Ghost Protocol ? Aucun problème : pour le reste, ils ont tout le matériel nécessaire. Savez-vous par quoi on remplace les moyens de l'agence ? Par des du placement produit ! Ethan se paye des outils très efficaces, à base d'iPhones et d'iPad et de BMW (et un peu DELL aussi). Autant dire qu'il ne manquent de rien, et que dans leur bagages d'agents désavoués, ils avaient tous les gadgets nécessaire pour éviter systématiquement le moindre contact humain. Tu sais le truc que les espions font parfois : tricher, manipuler, s'infiltrer... bah là, c'est réduit au minimum : "il y a une application pour ça".

Voilà, c'est réglé, avec tout ce matériel et cette équipe, on va avoir droit à une série de tableaux (Moscou, Dubai, Mumbai) tous franchement sympathiques, visuellement méga-efficaces et très souvent vraiment amusants. Le concept de l'épisode : ils ont tout pour réussir, mais à chaque fois, y'a une mauvaise surprise, qu'ils contourneront essentiellement grâce à la chance. Tous les gadgets vont foirer au moins une fois, où faire tomber leur couverture bêtement. Ou alors, quand les machines marchent, c'est une mauvaise surprise (genre mauvais timing) qui vient compliquer la vie d'Ethan. Alors là dessus, si on accepte de pirater un satellite nucléaire russe avec un ipad, on peut tout accepter (et surtout que ça marche pas, hein).

Par contre, à côté de ça, j'ai oublié qu'il y avait une histoire : l'intrigue est pratiquement inexistante et globalement simple comme tout. Surtout, les gentils et les méchants sont identifiés très vite, et à partir de là, on sait qu'il manque l'ingrédient secret de tout bon film d’espionnage : le mystère. On ne se pose pas, à un seul moment, la moindre question : malgré la malchance permanente de nos personnages, tout est simple et tout est réglé.

Facile, on vous dit. Alors quand on sort de la salle de cinéma, on est content d'avoir vu des jolies photos de carte postale et des jolies cascades, mais c'est un peu léger. Heureusement que c'est rigolo et bien réalisé !

dimanche, 14 août 2011

Super

À titre d'avant propos, ce film n'a rien à voir avec Super 8, dont je vous ai parlé un peu plus tôt. Super, c'est çà.

D'abord, il y a eu Spiderman. Le jeune trouduc' à l'air benêt qui devient un super-héros, à la suite d'un fâcheux concours de circonstances, et qui va se servir de son grand pouvoir pour prendre ses grandes responsabilités. Et pour chopper MJ. On a montré au grand public que le super-héros pouvait ne pas être super hype, avoir dix ans d'âge mental, et la maturité sentimentale d'une huitre.

Là, arrive Nolan, qui t'explique que non, un super-héros n'a pas nécessairement de super-pouvoirs. Il suffit juste de représenter "le monde réel" avec un verre déformant et polarisant sur les éléments qui nous arrangent (Bruce a quand même l'argent et l'incroyable force mentale qui remplace avantageusement le super pouvoir) pour botter les fesses du crime et de la corruption.

Ensuite, on passe directement à Kick-Ass, qui va un peu plus loin, puisqu'on casse le contexte pour quelque chose de moins générique : maintenant le Geek est affirmé, et le concept de super-héros est déjà intégré au monde dans lequel le film évolue (un peu comme si dans un film de Zombies, les gens avaient vus les Romero's et lus The Walking Dead, ou même d'autres, et donc sont pas cons, ils savent très bien qu'il faut viser la tête et pas se faire mordre). Fini le personnage hors du commun : ado mal aimé même par ses deux potes du club des nerds, qui ne choppe pas la fille, et tout ce qui va avec. Concrètement, notre super-héros est un super-loser. Cependant, Super-loser vit dans un monde où il n'aurait pas pu déposer le brevet du Vengeur Masqué, puisqu'il n'est pas le seul en ville, que la concurrence est très efficace, et qu'en plus, il y a bien le super-méchant qui va avec. Alors même en étant super-inutile, on se bat contre le crime avec l'intégralité des codes du super-héros, plus un clin d’œil sauce mise-en-abyme qui contribue franchement à rendre ce film énorme (en plus du fait que ce film est déjà énorme pour plein de raisons).

Super n'est pas la version low-budget de ceux-là, c'est un film qui prend le parti d'aller encore plus loin. Le nouveau crime-vigilenty est un loser dans tous les sens du terme : il est bête, fauché, en bas de l'échelle sociale et en plus, il se fait piquer sa femme par le Bad Boy du coin. Wait a minut... Mais cet idiot du village est quand même marié à Liv Tyler hein, c'est pas un p'tit joueur. Mais justement, elle se lasse du looser, et lui reste bien trop accroché à elle.

Donc là, c'est tellement la lose que monsieur n'a plus aucune confiance en lui : il n'ose même pas assumer l'adoption d'un lapin. Le pauvre va trouver refuge dans de la propagande pour mauvaise-bondieuserie (qui n'est peut être pas si caricaturale de que qu'on peut trouver outre Atlantique) et prendre conscience qu'il doit être un prophète des règles. Que dois-je faire ? Prier. Et là, crise de mysticisme et troubles mentaux font le reste, Super-Chrétien lui apparait dans une vision, et Dieu lui-même lui ordonne de devenir un super héros.

Je n'en dirait pas plus, car il faut maintenant voir le film et laisser la mayonnaise prendre. Mais, wahou, elle prend bien. On sait maintenant que ce n'est pas un film de super-héros, mais un film qui montre un extrait de la vie d'un psycho-socio-quelquechose-pathe. Qui combat donc un drôle de crime, avec une psycho-rigidité flippante ("il y a des règles établies depuis longtemps, c'est pas pour rien : on respecte les règles, on ne vend pas de drogue et on ne bat pas un enfant, ..."). Naturellement, tout pousse ce névrosé à rencontrer des gens au moins aussi troublés que lui, comme le nouveau mec de sa femme, un gros dealer d'héroïne (super-vilain tout désigné), une jeune fille fan de comics qui n'avait besoin que d'un tout petit coup de main pour plonger dans ce monde parallèle des super-héros (en fait, devenir vraiment folle). Et puis, sa femme non plus n'est pas nette, après tout. C'est intelligent, mature, osé et finalement, c'est une comédie qu'on a réussi à construire sur un sujet bien délicat: un sociopathe qui devient psychopathe, et perd la raison. On parle bien d'un film sur la folie. À moins que... n'est-ce pas une histoire de cœur ? L'histoire d'un homme qui veut jouer un rôle dans un monde qu'il traverse sans vraiment l'intégrer (cette scène où il demande à Dieu pourquoi il est aussi inutile : impressionnante) ?

La conclusion de cette critique comme du film laisse certainement la question ouverte. À moins que...

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