L'humeur et le blog de Martius

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vendredi, 2 septembre 2011

The Company Men

The Company Men est LE film américain grand public de cette année qu'il faut voir pour briller en société. C'est LE film qui remet les pendules à l'heure, qui explique à tous les américains qu'il y a une justice sociale. L'histoire d'un "American Dream" en deux volets.

On est dans une grosse boite, le succès à l'américaine. Des diplômés classes, qui ont bien réussi leur vie. La middle-class américaine "plus plus". Mais d'un seul coup, c'est la crise économique, et tous, un par un, vont se faire dégager, du bas vers le quasi-sommet de la hiérarchie de l'entreprise. Autant dire que Ben Affleck va devoir changer de voiture, et remplacer la quatre-roues motrices par une Toyota Prius.

Ce qui est bien, dans The Company Men, c'est qu'on ne filme pas la misère clientéliste. On aurait pu te filmer Flint triste, avec ses industries en friche et ses chômeurs au bout du rouleau. Mais laissons ça à Michael Moore, s'il vous plait. Ici, un peu de justice ! La classe moyenne en prend pour son grade, enfin !

Ce qui est pratiquement génial avec ce film, c'est qu'il est suffisamment juste pour qu'on rentre dedans. L'ensemble est cohérent et tenu, à l'instar des personnages qui évitent généralement d'être une caricature d'eux mêmes, la réalisation est tout à fait correcte et le jeu des acteurs est bon. Il faut dire qu'on passe pratiquement deux heures en compagnie de grands (Ben Affleck, Tommy Lee Jones, ...).

La force de frappe du film, c'est d'aller à contre courant de la stigmatisation d'une catégorie sociale (et, aux États-Unis, généralement raciale aussi). Après tout, si dans un premier temps on a envie de se dire que Ben n'a pas à se plaindre et que se passer de la Porsche et du Barbecue c'est pas un gros sacrifice, on rentre rapidement dans le cœur du problème : la crise de l'emploi chez le jeune-cadre-dynamique, c'est aussi une crise d'identité. Le retour de bâton est proportionnel à ta dépendance à ton status social. Autant dire que dans notre petit environnement post-industriel, tertiaire et de fortement qualifiés, c'est la drogue à laquelle on roule tous. On se scandalise en entendant "I need to look successful, I can't look like another asshole with a resumé.", mais on sait tous que c'est aveu qu'il fait à sa femme, avec qui la relation se tend.

En plus de subir l'humiliation face à ses paires jeunes-cadres-dynamiques (qui ont encore la chance d'avoir du travail), Ben à peur de perdre sa place de père de famille, devenu incapable de maintenir le niveau de vie auquel il a habitué son foyer. On est à deux pas de la perte de la virilité, c'est déjà Maman, avec son job d'infirmière, qui maintient les têtes hors de l'eau.

Même si la priorité est donnée au drame familial du chômage de M. Affleck, The Company Men ne se prive pas de montrer que même si, sur la forme, le contexte économique post-crise touche différemment selon le rang social, le fond reste le même, et passer du niveau 10 au niveau 5 ou du niveau 5 au niveau 0, c'est peut-être mieux d'être encore au 5e, mais tout le monde s'est pris un "-5" dans l'estime. Les dégâts sont là. Il en reste qu'à 5, il te reste ta famille, tes compétences et un place dans le graphe social, à zéro, il te reste de quoi acheter une corde et trouver une poutre.

Ces Company Men ont donc une limite : celle de leur public. La catégorie socio-professionnelle la plus à même d'aller voir un tel film, c'est bien celle qui est montrée en priorité. On n'ira donc pas jusqu'à prendre le risque de les froisser, et on ne prendra pas non plus le risque de pousser le message politique plus à gauche qu'un simple "les lois de l'économie et de l'entreprise, le capitalisme quoi, ça peut faire des dégâts". Et de terminer le film par une note d'espoir bien facile : le rêve américain, c'est aussi être entrepreneur, et se prendre en main. Pas la peine d'attendre que ça vienne : c'est à toi de créer l'opportunité. C'est dommage, car Ben Affleck est du genre démocrate convaincu et affirmé, et parler un peu plus de rapport de force, d'équilibre social et de la pression du courant libéral aurait permis au film de montrer qu'il a du cran, et de grimper d'un rang dans la hiérarchie des films.

jeudi, 17 décembre 2009

Oh, et j'aime ça !

Ce n'est pas tous les jours évident de savoir pourquoi je me lève le matin, surtout ces derniers jours. Le problème n'est pas directement lié au paramètre fainéantise, mais plutôt à celui qu'on appelle "intérêt". Pourtant, j'aime l'informatique. Faisons un petit récapitulatif et un état des lieux.

Loin des lieux communs, je ne dirais pas que je suis tombé dans la marmite informatique quand j'étais petit, mais plutôt que j'ai été implémenté nativement avec une entrée et une sortie standard. Très jeune, mes parents m'ont installé un wiki tout frais qu'ils ont pris le temps de remplir, de maintenir et de mettre à jour. Ensuite sont arrivés mes enseignants, c'est principalement au CE2 que tout s'est révélé : mon enseignant de l'époque a réussi a activer le module "curiosité insatiable" et a lancé un service qui m'a forcé a garder mes transistors gris en ébullition. Scolairement, c'est arrivé comme ça.

Mon système souffrait par contre d'un gros problème en terme de connexion : la communication avec les autres membres du réseau était particulièrement difficile ; question de protocole ou de compatibilité peut-être.

Papa aimait l'informatique. Ce n'était pas son métier, à l'origine, mais l'outil a fini par prendre une place centrale. Merci à tous, j'arrivais (et j'y parviens toujours hein) à communiquer avec mes parents, et reproduire tout ce que papa faisait sur le mac était l'un de mes passe-temps favoris. J'ai d'ailleurs acquis mes premières notions de social engineering en m'exerçant sur maman et mon frère : les droits d'administration sont tellement pratiques pour bidouiller un PC !

Même si je pouvais encore passer beaucoup de temps à ne rien faire dans le village avec mes petits camarades, quand ils ont déménagés et que je suis arrivé au collège, je suis devenu un véritable solitaire en mal de reconnaissance qui passait son temps à nourrir sa base de données grâce aux contributions gratuites qu'on trouvait un peu partout sur le net (les bonnes et les mauvaises). J'ai appris des langages comme HTML, PHP et les dérivés en cinquième. Quelle occupation exceptionnelle !

Au lycée, j'ai réussi a découvrir autre chose, je me suis même fait des amis, pas que des gens biens, mais des gens qui ont rendu mon sens critique à la limite du supportable : imitation était toujours la seule chose que je savais faire dans ce domaine.

Je suis arrivé en DUT où l'informatique est devenu un travail en plus d'une passion. C'est là bas que j'ai réalisé pour la première fois que l'informatique attirait plus pour sa générosité en matière d'emplois et de salaire plus que par passion : première grosse déception.

J'ai eu le vague espoir que mon atterrissage en école d'ingénieurs changerait la donne, que la motivation serait un critère fondamental dans notre succès dans le domaine. Pas mieux : l'informatique c'est un support pour passer à autre chose, si l'INSA me donne les moyens d'aller plus loin dans mes compétences informatique, la promo me scotche à mes acquis, en contraignant la machine à se limiter au bachotage et à l'application du Just-in-time dans les travaux pratiques. Le 12 suffira largement pour valider la matière.

Autant dire que la motivation en prend un coup, d'autant plus que je suis installé loin du campus et que la communication en dehors des heures de cours reste globalement très limitée. Je suis donc dans Lyon, avec Adée comme seule personne dépassant le stade de connaissance (bon, il y a aussi de la famille à Lyon, mais on a notre vie, ils ont la leur, etc).

En DUT, je pouvais continuer a aimer l'informatique en apprenant par moi même, aujourd'hui, le temps manque. Alors toutes ces matières informatiques deviennent comme des médicaments qu'il faut avaler sans broncher pour guérir plus vite. Pourtant, tout ça prend de plus en plus de place dans ma vie quotidienne : je passe un temps fou à faire de l'informatique, je parle informatique, mes réflexions sont essentiellement basées sur des heuristiques mal travaillées et je m'intéresse plus à la mise à jour d'un kernel qu'à la direction que prend tout ce beau monde qui m'entoure.

J'adore toujours l'informatique : mes capacités de raisonnement et mon niveau d'efficacité dans ce domaine évoluent sans cesse, en grande partie grâce à mes cours qui m'obligent à être plus rigoureux et à chercher plus loin : j'apprends donc en remplaçant ma distribution user-friendly pour une archlinux qui demande d'aller mettre les mains dans le moteur. Il me manque peut-être un vrai chalenge motivant, l'école d'ingénieurs n'étant pas celui que j'attendais...

samedi, 17 octobre 2009

Mon orientation professionnelle

Vendredi dernier, on a eu un cours animé par une assistante au recrutement, donc du monde réél. C'était peut-être la première fois que j'étais réellement confronté au discours d'un recruteur, ou à défaut, la première fois que ça me marquait autant.

L'objectif était de nous donner des pistes pour nous orienter et établir notre projet professionnel. Trois grands axes ont été dégagés :

  • Expert ou généraliste ?
  • En quoi suis-je le meilleur ?
  • Dans quel domaine me sentirais-je le plus à l'aise ?

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dimanche, 16 août 2009

Ma responsabilité dans cette histoire

Tout à l'heure, je lisais un billet de Tristan Nitot, ou il parlait d'écologie s'attaquer au tabous pour devenir écolo. En fait, si je suis d'accord dans l'idée, la forme me débecte pas mal (j'aime bien Tristan, son blog et d'une manière générale, ses idées). Sur le moment j'ai eu envie de faire une billet sauce vas-y que j'te provoque sur un terrain facile, en contre-disant en pire tout ce qu'il raconte.

Je vais essayer de condenser et raisonner un peu ce que je voulais raconter, puis dévier sur le billet que je veux faire depuis un moment.

Donc, premièrement, ma réponse à Tristan (c'est pompeux dit comme ça, parce qu'en fait, les chances sont très faibles pour qu'il lise ce billet, d'autant plus que je n'ai pas vraiment l'intention de lui en faire part).

Dans ce billet, Tristan reprend des principes bien connus et montre que ceux-ci sont vraiment moyen d'un point de vue écologique. Je vais donc citer ces principes, mais au lieu de les contredire, je vais expliquer pourquoi ça me dérange qu'ils soient pointés comme ça du doigt.

Bon d'abord, il n'y a pas d'économie en bonne santé sans croissance, celle là, je veux bien y croire. Sans chercher bien loin, pour moi si la croissance suit à peu près l'accroissement démographique (genre : on augmente la production pour qu'elle couvre aussi les besoins des petits nouveaux), bah ça me va. Comme mes notions d'économie se limitent à une heure par semaine pendant un an en DUT, je suis presque sûr que toute personne un peu mieux documentée que moi me dira que c'est une connerie naïve et super mal dite. Soit.

Après on démonte une série de principes du genre : plus on réussit dans la vie, plus on claque de blé et on engraisse le capital, "si t'as pas de rolex a cinquante berges, t'es une merde". C'est vrai, avoir une grosse bagnole, vivre dans le luxe, tout ça, c'est pas bien pour des tas de raisons. Mais après tout, une voiture chère pollue-t-elle forcément plus qu'une pas chère ? Et pourquoi acheter des fringues de marque et suivre la mode ça serait mauvais d'un point de vue écologique ? Si les vieilles peaux tirées ne veulent pas porter deux fois la même robe, ça ne veut pas dire qu'en achetant un T-shirt Calvin Klein ou un costume de chez Boss je suis moins écolo, ou moins responsable qu'en l'achetant chez Kiabi : un vêtement ça s'use, je choisis de le remplacer de manière périodique au soldes, et je fais quelques achats "coup de cœur", pas forcement intelligents, à la limite, je plombe mon pouvoir d'achat et m'empêche d'acheter encore plus de conneries... Et puis de la à dire que ce sont des tabous...

Enfin, le meilleur pour la fin : le pour être écolo, faites moins d'enfants. Franchement, celui-là j'ai du mal, si ça répond à une certaine logique, c'est quand même un peu gonflé, et comme un commentaire l'a parfaitement souligné : en quoi la vie humaine doit être mise dans la balance écologique et non pas au dessus ? C'est un non-sens complet pour moi.

En fait, le raisonnement ressemble beaucoup à : vivons moins bien pour vivre plus écolo, et là, franchement... non, ça va plus.

On attaque donc la deuxième partie du billet.

Depuis un moment, je réfléchis au sens et à la responsabilité qu'il faut adopter dans le cadre d'une entreprise, en tant que décideur à un certain niveau, peut importe lequel.

Par exemple, l'objectif de l'entreprise, selon moi, n'est pas seulement de faire du chiffre : c'est effectivement une part importante, mais ça ne doit pas être fait à n'importe quelle condition. Les lois sont là pour cadrer, mais ne mettent pas nécessairement en avant la responsabilité sociale ou écologique que doit avoir l'entrepreneur ou le décideur.

Socialement, il s'agit, avant de causer licenciement et délocalisation, de prendre soin de ses collaborateurs, faire de son mieux pour qu'ils soient dans une ambiance confortable, agréable et propice au travail, c'est un double avantage, puisque le collaborateur content travaille mieux. Mais si en plus, on peut faire en sorte que le collaborateur puisse rentrer à l'heure pour ses enfants le plus souvent possible, ne passe pas sa vie à s'engueuler avec sa femme au sujet du boulot et avant tout, vive décemment, c'est l'idéal.

Pour l'écologie, c'est pareil, on peut mettre en veille prolongée les serveurs de stockage, choisir intelligemment son support de sauvegarde, arrêter d'imprimer tout et n'importe quoi,  À chaque niveau, et peut importe la taille de l'entreprise, on peut faire des choix responsables.

En gros, parce que je me perd un peu dans mes idées, je résume par : l'entreprise doit être consciente de l'environnement dans lequel elle est implantée, et s'adapter pour vivre et respecter ses objectifs tout en respectant cet environnement. Apporte-t-elle un véritable mieux-être ? Son action est-elle globalement positive ? Par exemple, faire de grosses barres d'immeubles là ou on a un joli paysage, on peut peut-être trouver un moyen de loger aussi bien les gens, mais sans tout casser.

Évidemment, comme je me projette dans le contexte d'une boite d'informatique d'une dizaine de personnes, ça parait assez simple de diriger les choses, les enjeux semblent limités. Mais à mon avis, c'est tout aussi valable quel que soit le poste qu'on occupe. Et c'est également valable à la maison.

Alors raisonner et se comporter intelligemment : oui, s'attacher à des principes qui me paraissent régressifs (si l'énergie c'est pas bien, coupons l'électricité), j'aime nettement moins : certaines petites actions coutent beaucoup plus à mon égo que ce qu'elles apportent, et je ne suis pas convaincu que cumulées, elles changent grand chose. Par contre, si d'une manière générale, je réfléchis raisonnablement à un ensemble de facteurs, et que je me permet quelques écarts qui me permettent de rester en forme (ouais, parce que me sentir coupable d'avoir détruit un nano-écosystème à chaque fois que je me gratte, je trouve ça vraiment difficile à vivre), je peux vivre content, sans me priver particulièrement, et ne pas me sentir coupable de vouloir trois ou quatre enfants !

mercredi, 22 juillet 2009

Le blog de Martius est mort...

...Vive le blog de Martius !

Dans moins d'un mois, Adée et moi, nous serons Lyonnais. En fait, pas mal de choses vont bouger : une béta de Martius Web 2 est dans les airs, un bon vieux projet a été ressuscité, et moi, je suis auto-entrepreneur depuis quelques mois et j'entre en école d'ingénieur. Ça nous fait pas mal de nouveautés. Et dans tout ça, je remet les compteurs à zéro est oublie les presque 260 billets de la précédente version du blog.

En fait, j'ai décidé de recadrer ma ligne éditoriale : arrêter de pomper des news à droite à gauche (maintenant il y a Facebook pour ça), et essayer d'avoir un peu de contenu : ma petite vie lyonnaise et à l'INSA, un peu d'entrepreneuriat et pas mal de geekeries.

Tout ce qui concerne le développement web, la communication et la technique devrait être à sa place : Martius Web, 2e du nom : ici, c'est l'envers du décors, plus glam', plus personnel et plus sympatique, j'espère !

Et comme toute bonne résolution doit être violée au moins une fois, je tiens à dire que ce thème (appelé Fast Food, parce qu'Adée trouve que les couleurs font MacDo) ne fonctionne correctement qu'avec un navigateur supportant tous les sélecteurs CSS2, comprenant display: table-cell;, parce qu'à un moment, il faut grandir : Bye IE6, on a Firefox, Opera, Safari, Chrome, et même IE8. Et les rares qui râleraient parce qu'ils sont en entreprise et ne peuvent pas installer ce qu'ils veulent : on fait aussi des versions portable de Firefox, ou encore "Mais qu'est-ce que tu fous ici sur tes heures de travail ?".

Alors, à bientôt tout le monde !

Ah et, oui, au fait : les archives de l'ancien blog sont là !

"MartiusWeb.net" et "Humeur et blog de Martius" composent un site internet conçu par Martin Richard | © Martin Richard

Les articles et billets du blog sont sous licence Creative Commons BY-SA-NC France, la charte graphique est à la propriété de son auteur.

Merci d'avoir lu jusque là !