L'humeur et le blog de Martius

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vendredi, 23 mars 2012

The Man From Earth

Un professeur d'histoire est réuni avec ses collègues et amis une dernière fois avant de changer de vie. Ils se connaissent depuis dix ans, et il n'a pas pris une ride. Il va leur révéler que, pour une raison qu'il n'est pas certain de comprendre, il ne vieillit pas, et estime avoir 14 000 ans. L'information, qu'elle soit vraie ou fausse, va passionner son auditoire, composé de docteurs dans plusieurs spécialités.

The Man From Earth, c'est avant tout une conversation écrite avec beaucoup d'intelligence et, certainement, de rigueur. L'homme sera d'abord questionné sur ce qu'il a vécu, ce dont il se souvient, et comment il a vécu à travers les Ages.

En enrichissant son récit d'informations scientifiques, historiques et anthropologiques, l'auteur intègre à la son propos la rigueur qui va le rendre rapidement passionnant, sans vraiment se transformer en caricature élitiste.

On cherche essentiellement à poser les bonnes questions, et être aussi exhaustif que possible. Le film n'apporte pas vraiment de réponse, mais propose de nombreuses pistes de réflexion qui font souvent mouche. Le récit est ponctué par des situations secondaires, qui permettent de prendre régulièrement un certain recul et continuer de réfléchir au thèmes évoqués : l'amour, le savoir et la connaissance de l'espèce, le sens de la vie, de la mort, la notion de famille.

L'auteur a parfois réécrit l'histoire, là où j'aurai préféré que son personnage principal en soit spectateur. C'est peut-être dommage, mais ça n'abime pas vraiment l'intérêt qu'on a pour le film.

The Man From Earth pourrait certainement être lu plutôt que vu, puisque la photographie s'efface pour laisser place à la mise en scène et à l'écriture. Il n'empêche qu'au delà de son apparente simplicité, le film pourrait faire réfléchir longtemps.

jeudi, 15 septembre 2011

Wall-E

L'été 2008 a été complétement fou. Il y a eu The Dark Knight, et il y a eu Wall-E.

Je me suis toujours imaginé Andrew Staton, qui a eu l'idée de Wall-E en 1994, attendant le bon moment pour vendre son projet à la direction de Pixar. L'idée de Wall-E est arrivée assez tôt (en 1994), et pourtant, la production du film a débuté beaucoup plus tard. Il est possible qu'un tel projet n'aurait pas pu naître dans un autre studio que Pixar, car je me demande bien quelle aurait été la réaction normale d'un patron de studio d'animation qui a Disney pour principal client, qui vise généralement un public jeune quand on lui aurait parlé d'un tel projet.

Wall-E, c'est un robot, qui ne parle pas, et qui est seul sur Terre. Son rôle, c'est de nettoyer la planète, laissée dans un sale état par les humains qui ont préféré prendre la tangente. Wall-E est un film, pour tous les publics (ça veut dire, aussi pour les enfants) et pratiquement sans paroles. Sacré pari que celui de ne pas ennuyer le spectateur sans dire un mot.

C'est un pari intégralement réussi. Pratiquement pas un mot ne sera prononcé, pourtant, Wall-E n'est pas sans dialogues. L'essentiel passe par l'image et pas mal par le mixage sonore. On savait que les animateurs de Pixar savaient personnifier pratiquement n'importe quoi après avoir vu l'exploit réalisé avec Cars, mais les robots de Wall-E n'ont pas droit aux artifices de la parole pour communiquer leurs émotions. Les animateurs ont utilisé une incroyable palette d'artifices pour développer un ensemble d'émotions soignées dans les moindres détails. Le résultat : on s'attache à toutes ces petites créatures comme si elles étaient nos animaux de compagnie.

Wall-E passe son temps dans un montagne de déchets. Il est curieux de tout et s'émerveille d'un briquet, d'une fourchette ou d'un grille-pain. Nous, on s'émerveille à chacune de ses trouvailles, qui révèlent des trésors d'écriture et des gags simples et ne sont pas seulement amusants : ils sont si joliment naïf qu'ils touchent la corde sensible et font écho a des tonnes de petits éléments de la vie quotidienne, à chaque fois ça marche.

Le génie de Wall-E, c'est aussi d'avoir réussi à rendre pratiquement invisible la complexité du travail visuel : le travail est monstrueux, l'animation magnifique, et le rendu parfois plus vrai que nature. On ne se rend pratiquement pas compte que les animateurs ont pris le parti de reproduire le comportement d'une caméra : par exemple, certains mouvements imitent la caméra a l'épaule, la profondeur de champ est calculée. Wall-E est un vrai film de cinéma, et se gave de références en tous genres : de la science-fiction bien sûr, l'animation traditionnelle également, mais aussi à du Chaplin, au films romantiques, et j'en passe (parce qu'en plus, je ne suis pas bien placé pour en parler).

Je ne pourrais probablement pas trop vous parler de toutes ces références à la peinture que l'on peut voir pendant le générique (aussi travaillé que le film, c'est géant !). Par contre, les références un peu geek, plus ou moins discrètes, je n'en parle pas pour ne pas gâcher la surprise (au hasard, Pong, le son de démarrage d'un mac, Spoutnik, ...).

Avant même que l'on s'intéresse à l'histoire du film, le film a une identité super complète. C'est lyrique, c'est beau, c'est touchant, et c'est merveilleusement bien écrit. On pourrait s'arrêter au quarante premières minutes et déjà hurler que Wall-E est un chef d’œuvre.

Même si, une fois que Wall-E est parti dans l'espace, la narration redevient plus classique, il n'empêche que je suis resté émerveillé par un robot qui joue avec un extincteur, ou un autre incroyablement maniaque. Finalement, l'histoire est presque anecdotique, même si ce petit pamphlet contre la fainéantise et le gavage sans effort est loin d'être sans intérêt.

Wall-E, le petit robot laissera des traces sur son passage, et vous n'oublierez pas ce merveilleux film de si tôt. Côté cinéma d'animation en images de synthèse, la barre est placée sacrément haut, et pour l'instant, seul Pixar est en mesure de maintenir ce niveau d'inventivité et d'originalité.

dimanche, 5 juin 2011

Eternal Sunshine of the spotless mind

En 2004, Michel Gondry a définitivement mis fin à la relation déjà très superficielle que je pouvais entretenir avec la comédie romantique. Eternal Sunshine of the spotless mind m'a tout simplement montré que ce genre cinématographique pouvait se passer des ingrédients publicitaires à destination du public féminin et offrir à un tel film un fond et une forme inédite. C'était pour moi une sorte de rappel à l'ordre : le cinéma qui traite des sujets simples ne doit pas nécessairement être du cinéma facile. Je ne pense pas avoir réellement apprécié une comédie romantique depuis.

Critique de rattrapage (j'ai vu ce film en 2005 pour la première fois).

D'abord, il y a cet antagonisme avec les clichés qu'on nous sert depuis des années au cinéma : pas de grande ville, pas de robe de marque, pas de fille qui fait du shopping, pas de cheval blanc, (... - Je ne parle pas que de Sex And The City). Eternal Sunshine of the spotless mind montre ce qui ressemble le plus à ce que je connais du couple : deux personnes très différentes liés par des sentiments forts et qui cherchent à construire une histoire ensemble. Joel et Clementine (le couple) s'empoisonnent l’existence avec leurs jugements de valeur à dix balles, leur caractère de chien (une vite-fait-instable et un handicapé des sentiments, mélange détonnant !). Le propos est suffisamment juste pour qu'on y adhère avec une pensée en voix-off et cinq secondes de mise en scène. Le processus est répété régulièrement, et l'exemple que je préfère est celui où les deux dinent dans un restaurant asiatique : il pense qu'elle va devenir désagréable dès qu'elle aura fini sa bière, et elle ne manque pas de lui rappeler que les poils dans la douche, c'est pas glamour. Mon Dieu que c'est vide, mais mon Dieu que c'est aussi un peu ça, un repas de couple. Définitivement amoureux, mais définitivement loin de l'utopie du couple en harmonie (et utopie est un mot qui colle vraiment bien).

Ensuite, Eternal Sunshine of the spotless mind est un vrai film de cinéma : Charlie Kaufman (scénariste de Being John Malkovich) produit une mise en abyme/abîme complexe, casse le temps du récit et construit l'histoire sans jamais coller à un rythme donné. C'est plutôt osé, parce qu'il faut bien reconnaitre que la première fois, on y comprend pas grand-chose à moins d'être attentif aux détails (astuces ?) qui lient les différents moments du récit, et que les moins sentimentaux d'entre nous se lasseront probablement un peu vite de cet empilement de tracas quotidiens. Finalement, la richesse du film repose peut-être un peu sur certaines ficelles qui sont nécessaires pour ne pas rendre l'ensemble trop chaotique.

Enfin, le travail de Gondry, que je ne connaissais pas avant, est tout simplement génial. On a vu ce qu'il pouvait faire ensuite avec La science des Rêves et Be Kind Rewind (qui manquent malheureusement cruellement de rythme selon moi) : c'est un univers d'effets spéciaux à base de ficelles et bouts de carton, j'adore. Eternal Sunshine est un film qui a ce côté artisanal, qui rappelle l'époque où le cinéma était proche de la prestidigitation (soyons fou, faisons un rapprochement avec Le Voyage dans la Lune de Méliès puisque c'est une référence qu'on pourra à peu près tous identifier). C'est un trésor d'inventivité : Gondry a une palette d'effets visuels ultra variés et ne manque pratiquement jamais de les choisir avec suffisamment de précision pour qu'ils prennent un sens et s'attachent à l'histoire.

En conclusion, le film doit pouvoir s'acheter pour moins de 10€, et même les plus gros détracteurs de Jim Carrey (ou de la comédie romantique) devraient au moins faire l'effort de voir celui-ci. D'ailleurs, le seul autre film où j'ai trouvé Jim Carrey aussi bon, c'est The Truman Show, et on peut assez facilement faire un parallèle entre les deux films.

dimanche, 2 janvier 2011

2010 en dix histoires

Cette année aura été comme tous les ans : riche et intense. Peut être un peu plus que les autres d'ailleurs...

L'occasion de la nouvelle année est un joli prétexte à la rétrospective qu'on aime un peu tous pratiquer, alors j'y vais.

1. 20 ans

C'est en 2010 que j'ai eu 20 ans, soit, disons entre un quart et un cinquième de ma vie (je ne me base pas sur l'espérance de vie donnée par l'insee, sinon j'en suis au tiers). Je crois que je ne me suis jamais autant posé de questions existentielles qu'il est globalement bon d'éviter de se poser (tout ce qui cause de "bilan intermédiaire"). Merde, je fait quoi là ?

2. Le twapéro

Premiers signes de socialisation à Lyon : les twapéros (apéros organisés via Twitter). L'aspect le plus marquant ici, c'est que c'est la deuxième fois que je me lie d'amitié plus facilement à des personnes rencontrées via à internet que via mon environnement quotidien. Ce qu'il faut retenir des Twapéros (et surtout des personnes que j'y croise régulièrement) c'est qu'ils m'ont fait découvrir Lyon, et qu'en gros, c'est grâce à eux que je me suis intégré à la ville.

3. La fête de fin de 3if

Le deuxième gros signe de socialisation est arrivé au milieu de l'année, fin mai : après une grosse semaine d'examens et une année scolaire qui aura eu le mérite de m'apprendre à "toujours faire plus". Au moins, maintenant, j'ai des amis pour râler sur ma formation :)

4. Le stage chez SQLI

C'est cette année que j'ai exécuté mon premier stage en entreprise : pour mon DUT, j'avais travaillé dans un laboratoire de recherche. Ma vision de l'entreprise était celle de l'auto-entreprise ou celle que j'avais par le biais de mes quelques clients, c'était donc tout nouveau pour moi. Je retire beaucoup de positif de cette expérience, et je retiens surtout que j'ai vraiment aimé cet environnement : il me semble que je le comprenais bien et que je me le suis approprié rapidement. J'ai aussi eu la confirmation d'un fait que j'ai toujours du mal à admettre : dans une entreprise d'informatique, il y a peu de passionnés d'informatique.

5. Les études, c'est pas facile

2010 c'est aussi l'année où mon budget aura été le plus serré : je n'ai plus trop le temps de bosser à côté des cours, j'habite plus loin de chez mes parents, dans une ville qui me coute plus cher, et les aides (allocations familiales, bourses) ont vraiment diminuées. Alors on fait quoi ?

D'un autre côté, je vois quotidiennement Adélaïde se battre à la fac, parce que les réformes mises en chantier depuis 2007 ne sont ni suivies, ni comprises (je parle ici surtout de la masterisation des diplômes). Si ces réformes passent mal, c'est aussi parce que le ministère joue la carte de l'autisme depuis trois ans. Alors à qui la faute ?

J'ai trouvé particulièrement amusant d'entendre une chronique de France Info sur le bilan de Valérie Pécresse qui disait que les efforts et investissements pour l'enseignement supérieur ont vraiment augmenté avec Sarkozy. Il y a des signes encourageants : les rémunérations minimum des stages ont augmenté, un "demi-mois" de bourse a été ajouté. Bref, curieusement je vis le contraire de ce que je devrais constater.

6. Paris Web

J'en ai beaucoup parlé alors je ne vais pas en rajouter. Paris Web c'était une excellente découverte, avant tout remplie de passionnés. Et ça c'est cool !

7. Shutter Island, Inception & The Social Network

Année cinéma : 2009 nous a proposé un paquet de films sympathiques, mais globalement rien qui ne soit sorti du lot (désolé, Avatar, euh, non). C'est naturellement purement subjectif et personne n'est d'accord avec moi quand je parle de cinéma. Tant mieux. Trois films ont vraiment retenu mon attention cette année :

  • Shutter Island était le film a twist qu'il ne fallait pas manquer cette année, les grands spécialistes de Scorsese considéreront que c'est un film très moyen. C'est un excellent film grand public, chaque minute de ce film est un régal. Je précise tout de même que je n'avais pas lu le livre.
  • Inception : deuxième meilleur film de Nolan (non, arrêtez, je vous assure que The Dark Knight est vraiment un cran au dessus), mon film de l'année, en tout cas. J'ai entendu dire que ma génération découvrait Nolan comme la génération du dessus découvrait Kubrick. Je ne sais toujours pas ce que ça veut dire.
  • The social Network : pas la peine d'en reparler des heures, lisez mon billet précédent.

8. Mon 1er smartphone

J'ai acheté mon premier smartphone cette année. Même si je n'arrive plus à m'en passer, j'ai toujours l'impression que c'était une mauvaise idée : je pouvais largement faire sans avant, et ça ne vaut globalement pas le prix que ça coute. Un luxe quoi.

Le plus inquiétant, c'est que j'ai complément perdu des réflexes bien pratiques que j'avais avant d'avoir mon téléphone. Comme chercher un arrêt de bus pour regarder le plan d'une ville. Aïe.

9. Les grèves

Les grèves contre la réforme des retraites ont marqué l'actualité de l'année. Je retiens surtout ces événement parce qu'ils sont à l'origine (plus ou moins directement, je n'accuse pas les cortèges de manifestants) des débordements qui ont marqué la presqu'ile de Lyon.

De mon côté,  ce qui m'a le plus marqué pendant cette période de grève, c'est le cynisme global dont tout le monde à fait preuve. Je pense que me battre pour ces acquis sociaux est insensé compte tenu de mon âge et de ma situation : je n'aurais pas, dans 40 ans, la chance de profiter de ce système de retraites par répartition. Je me demande aussi si le pire c'est de le croire ou de croire que ça ne peut pas être autrement.

10. Mon abonnement à Arrêt sur Images

Cette année, je me suis abonné à Arrêt sur Images, c'était une bonne idée, c'est extrêmement instructif et ça permet de s'ouvrir un peu l'esprit à l'extérieur du campus. Ouf. Par contre, globalement, les informations qu'on apprend ne sont pas là pour me rassurer.

Conclusion

C'est parti pour 2011 !

vendredi, 23 avril 2010

Le client pris pour un con, ça rapporte ?

Quand je prend le rôle du client [potentiel] vis à vis d'une entreprise - c'est à dire, la plupart du temps - j'ai le même comportement que de nombreux autres clients, en tout cas, je le pense. Je n'ai pas souvent l'autre rôle, celui de l'entreprise, puisque je n'ai pas beaucoup de clients et que ce n'est pas mon activité principale.

Ma rencontre avec une entreprise, en tant que client, s'effectue de plusieurs manières : je suis dans une surface de vente, et/ou je suis en contact à un conseiller/vendeur/commercial, je consulte le site internet institutionnel, je m'intéresse à un dépliant ou une publicité pour ses produits ou services... Bref, par ces différentes voies, c'est toujours l'entreprise qui s'exprime, et le message reste sensiblement le même.

Je ne suis pas toujours un client éclairé, et encore moins un "client intelligent" (j'achète parfois sans trop réfléchir, sur des produits et services que je ne maîtrise pas nécessairement et qui ne reflètent pas toujours mes besoins). Pourtant, le meilleur moyen de me louper comme client, c'est de me prendre pour un con, et j'en ai souvent l'impression. Comme mon père me le disait, une bonne vente, c'est celle où le client et le vendeur sont tout deux satisfaits, et pour me satisfaire, il suffit généralement de montrer une certaine honnêteté.

De nombreuses entreprises réussissent ça très bien, et voici quelques exemples :

  • free : tout le monde ne le pense pas, mais je n'ai presque jamais eu l'impression de me faire piéger par cette entreprise, à deux exceptions près (les frais de résiliation à la rupture du contrat et la remise à zéro de l'ancienneté à chaque changement de situation). Cette entreprise à toujours répondu correctement à mes besoins : les services sont innovants, plutôt complets et correspondent à ce que je suis, c'est à dire un geek qui n'a que rarement besoin de l'assistance technique (c'est peut-être pour ça que je n'ai pas à me plaindre de cette entreprise).
  • google : les services proposés par l'entreprise sont bons et la règle du jeu est connue - j'accepte de donner une part de moi-même à une base de données géantes pour faciliter les sollicitations d'autres entreprises. Je me suis d'ailleurs rendu compte que quand la côte de popularité de la firme a baissé (notamment à cause des propos de son CEO), j'ai commencé à me méfier et à envisager certaines alternatives, et je garde une certaine réserve vis à vis de certains de leurs services si les règles du jeu ne me paraissent pas très suffisamment équilibrées.
  • ikea : on sait très bien que, comme les autres dans cette catégorie, cette firme n'est pas philanthrope, pourtant, elle me permet d'acheter des meubles que j'estime correct à un prix que j'estime correct.
  • mon commerçant de proximité : c'est rarement un stratège commercial hors-pair, et ça lui coûte parfois car il peut lui-même dévaloriser son travail. Quoi qu'il en soit, je n'ai pas l'impression de me faire enfler quand j'achète mon pain ou que je vais chez le coiffeur.
  • Macdo : je sais, leurs sandwichs sont mauvais pour la santé et en plus c'est très cher pour ce que c'est. En plus, beaucoup d'amis ayant travaillé dans l'une des franchise m'ont détaillé le calvaire qu'ils vivent. Pourtant, je sais qu'à chaque fois que j'irais dépenser une fortune chez eux, j'aurais le McDeluxe qui me fera plaisir sur le moment, le McFlurry qui va avec et ça me va.
  • Il y a plein d'autres exemples, et il suffit que je regarde autour de moi ou mon relevé de comptes pour les trouver : ces entreprises m'ont inspiré confiance, et j'ai ouvert mon porte-monnaie. Au hasard, Asus, Amazon, les transports en commun lyonnais, Le monde, les éditeurs de bédés, Nintendo, Panzani....

D'un autre côté, il y a toutes celles qui me posent un problème, et chez lesquelles je n'irais pas, ou moins souvent. Ces entreprises sont souvent celles qui bénéficient d'un avantage "naturel", d'un monopole établi ou sont simplement des vendeurs de nécessaires (alimentation, énergie, etc).

La grande distribution applique des promotions dans tous les sens, me vend le troisième exemplaire d'un produit acheté au prix fort à 0€, prétend que ses magasins sont les moins chers. Ça ne m'inspire que de la méfiance, et je passe/perd encore plus de temps à recalculer les prix, considérer que tel ou tel produit devrait être acheté ailleurs même si c'est plus cher. Ils me tiennent parce qu'ils sont un point de passage obligatoire, pourtant je déteste ces enseignes et j'ai toujours une certaine appréhension quand je passe en caisse.

On a aussi les opérateurs de téléphonie mobile, qui vendent de l'illimité limité (les exemples fleurissent - limitation de débit, etc), des téléphones modifiés et bridés plus chers que les originaux dans les même conditions, et font pencher la balance en leur faveur sur tellement de points que quand je souscris à un abonnement, je n'ai pas la moindre idée des conséquences que ça aura. Je ne parle même pas de l'opérateur télécom historique, qui vend ses abonnements à internet une fortune, pour des services de moins bonne qualité les trois autres (si si, clairement) -- ils ne sont pas là de me revoir comme client.

Que ce soit ma banque ou un magasin de vêtements bien connu, quand on me fait un devis à 100 pour descendre à 60 (en s'alignant sur le concurrent ou par le biais d'une promo magique) j'ai vraiment l'impression de me faire avoir, et j'ai tendance à aller vers celui qui fixe immédiatement le prix à 65 (je ne demanderais d'ailleurs pas 60). De nombreuses promos et ventes flashs sont l'application de règles de marketing bien courantes, pour faire connaître un produit, préparer le terrain de son remplaçant, etc. Mais je suis surpris de voir des magasins augmenter leurs prix de 20% (sur un gros catalogue qui vient d'être mis à jour, ça ne se voit pas), s'étonner de voir que les produits ne se vendent plus si bien et faire marche arrière sous la forme de promos sur des rayons pleins à craquer. Idem pour l'industrie du cinéma et de la musique, qui s'auto-détruit en criant à qui veut l'entendre qu'elle est mourante et qu'il faut l'aider (alors que les résultats sont toujours bons).

J'ai définitivement du mal à comprendre comment une entreprise compte fonctionner en trichant et en étant malhonnête (en restant dans le cadre de la loi -- la plupart du temps). Les nouveaux entrants sur un marché qui fonctionnent sont présentés comme des concepts "révolutionnant le marché", en fait, bien souvent, ils sont plus honnêtes et transparents ou simplement, à contraintes équivalentes, offrent mieux, ce qui ré-équilibre la balance. Sérieusement, des gens peuvent m'expliquer comment les entreprises décident que nous prendre pour des cons ça rapporte plus que d'être correct ?

mardi, 6 avril 2010

Ça m'énerve... !

À titre préliminaire, toute personne ayant la bonne idée de dire que le titre du présent billet n'a rien d'original car un chanteur populaire me l'a soufflé dernièrement mérite de recevoir une décision de la cours du bon goût ordonnant la castration chimique des glandes de la création artistique.

Passons maintenant aux choses sérieuses.

Depuis mercredi soir, et pour une raison actuellement toujours inconnue, j'ai mal aux dents. Mais mal au point de m'empêcher de dormir et d'arriver en cours aussi arraché qu'un scellé sur la boîte d'un iPad vendu vendredi à San Francisco.

J'ai donc appelé un dentiste jeudi, mais "désolé le Docteur [blabla] sera absent jusqu'à mardi, vous comprenez c'est le week-end de pâques". Ah oui, je comprend, ce cher [blabla] ne sera donc pas mon dentiste. J'appelle donc le cabinet de [bidule] - après avoir appris que [truc] et [machin] ne reçoivent pas comme ça, et qu'il faut une bonne semaine pour avoir un rendez-vous - qui a une secrétaire bien sympa mais qui ne peut rien faire pour moi. Elle me dirige donc vers les urgences dentaires de Lyon. J'y vais, il est un peu tard, mais bon, c'est pour une urgence non ?

En fait, les urgences dentaires sont ouvertes de 9h à 16h30, idéal pour les étudiants arrachés donc. Vendredi, laisse tomber t'as cours, tu souffres en silence et tu te dis que c'est bien, pour pâques, t'es aussi un peu en vacances parce que tu rentres chez papa et maman. Et là, ah ah, t'auras tout le temps de te faire charcuter par un étudiant bourré de la veille qui se charge des urgences (on est solidaires entre nous les étudiants).

Samedi matin, après une nuit aussi agréable qu'un marathon Twilight avec une dizaine de gamines de 7 à 12 ans, je suis tellement nerveux que ma mère se charge, pour moi, d'appeler qui il faut pour que je puisse accéder au cabinet du détenteur du Saint-Graal de la semaine (les compétences pour soigner mes dents). Dans la mesure où il faut appeler le commissariat pour avoir les coordonnées d'un professionnel de santé de garde, je pense que Maman avait un peu peur que le/la standardiste appelle la SPA de peur qu'un animal dangereux se soit égaré (il faut dire que je criais, et pas qu'un peu), c'est pour ça qu'elle s'en est chargée.

Donc, sachez-le, si vous habitez dans l'Aube, un dentiste de garde, ça n'existe pas madame (quelle idée).

Et c'est là où la rage (de dents) se diffuse en moi plus vite qu'un mème sur youtube (je devrais arrêter les comparaisons) : Bordel ! Il y a un vétérinaire de garde, en ville (donc me parlez pas des fermes et des exploitations laitières) mais pas de dentiste de garde.

J'ai bien pensé à dire à un vétérinaire que je souffrais d'une rage de dents, mais de peur qu'il n'entende que "rage" et décide d'abréger radicalement mes souffrances, je me suis abstenu.

En fait, c'est assez logique, puisque dans les restaurants de Luxe des hôtels de luxes on sert des plats de luxe aux chiens des vieilles tirées (les deux étant habillés en Burberry) et que ces saloperies sont mieux nourris que les étudiants, c'est bien normal qu'ils soient mieux soignés que les étudiants (j'ai la même avec le train : les vieilles achètent un billet pour leur bestiole, alors pourquoi le dégager du siège pour permettre à un étudiant sans réservation de s'assoir).

Conclusion : aboyez, vous serez peut-être soigné par la bonne volonté d'une vieille fortunée.

En attendant, merci de se soucier de moi, j'ai toujours mal et j'ai rendez-vous dans une heure et demi, à peu près, chez [bidule] d'ailleurs.

dimanche, 21 mars 2010

Musée des beaux arts de Lyon

Week-end du printemps, il faut moche, alors pour nous occuper et plutôt que bosser, avec Adée, on a décidé d'aller au musée. (Je n'aime pas la précédente phrase, qui contient bien trop de virgules).

Nous nous sommes donc rendu au musée des beaux arts de Lyon, place des Terreaux, et gratuit pour les moins de 26 ans et étudiants. Je ne ferais pas le guide, parce que déjà je suis un sérieux inculte et matière d'arts, et parce qu'en plus, vous n'avez qu'à y aller au musée (c'est pas super cher).

Par contre, je peux vous parler des spécimens que j'y ai rencontré, et si j'étais une œuvre d'art (...) exposée dans le musée, je me marrerais bien.

Le mec qui dessine

Lui il voit des trucs qu'on voit pas, il est physiquement présent, mais communique avec les œuvres comme si il était pote avec elles sur facebook. C'est assez intriguant : il se pose quelque part, regarde une sculpture et essaie de la mettre sur le papier avec autant de crayons différents qu'il y a de pokémons. En même temps, c'est un mec bien, parce qu'il te snobe pas, il ne réalise même pas que tu es là. En plus, il ne suit pas le sens de la visite !

On en repère deux type : le cas A porte une veste noire, des lunettes avec grosses branches et gros contours, à les cheveux souvent mi-longs et des converses. Le cas B est volontairement mal rasé, a quelques traces de gouache sur les doigts et la chemise coton naturel à moitié ouverte.

Quoi qu'il en soit, ils ont tous les deux des immenses blocs-notes canson, un gros sac plein de crayons et un trieur de dessins A3. Autant dire qu'on le loupe pas.

Existe aussi en modèle fille, reconnaissable aux même attributs, mais les cheveux longs et un T-shirt rayé.

Le papa et/ou la maman

On ne sait pas grand chose de ce spécimen, mais il nous rappelle pourtant quelque chose. En tout cas, il a toujours un gros sac et dit tout le temps "chuuuuut", "t'es sûr que t'as pas envie de faire pipi ?", "arrête de courir partout", "regarde là, il y a une momie", "tu sais ce que c'est ça ?".

On ne sait pas trop ce qui lui a pris de venir là, d'autant plus qu'il savait déjà que Théo/Lucas/Zoé/Lucie passerait plus de temps à contempler le macdo d'en face que les représentations subliminales des principales scènes mythologiques. En même temps, papa a pas voulu qu'elle reste devant la statue avec un cygne et Léda.

Le couple Ikéa

Alors eux, ils ont pas compris le concept du musée. Enfin, c'est à dire qu'ils doivent confondre avec le célèbre bien-plus-qu-un marchand de meuble suédois. Ils se promènent avec le catalogue de prêt qu'ils ont eu à l'entrée, ne comprennent pas pourquoi les enfants n'ont pas été déposé au Småland (c'est l'espace de jeu pour les enfants dans le magasin dont je vous parle), et imaginent toutes les œuvres dans leur duplex.

Ils parlent d'ailleurs de remplacer leur vaisselle par les magnifiques assiettes artisanales de méditerranée parce qu'ils sont trop "oh mon dieu chéri t'as vuuuuu ce bleuuuuu ?! En plus il tiens à travers les âges" (probablement un signe de qualité et que c'est de la marchandise haut de gamme).

En tout cas, moi je ne veux pas d'un bronze de douze mètres cube dans les toilettes.

L'expert improvisé

Je vais en finir vite : il a lu Dan Brown et regarde arte quand il n'a pas sommeil, alors il devient le guide de sa femme (contre son gré) et devient particulièrement embarrassant quand il explique à une conservatrice que selon lui, il y a une erreur dans le dépliant, puisque ce cartouche évoque certainement un roi de Mésopotamie ayant vécu entre le VI et le IV siècle avant Jésus. Et là, Carole n'a rien d'autre à dire que "Bon Hugues, ça va là maintenant !".

Conclusion : allez au musée, c'est fascinant !

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Merci d'avoir lu jusque là !