Repo Men est un film d'anticipation pas bien vieux, qui met en scène Jude Law et Forest Whitaker dans le rôle de deux employés d'une compagnie de bio-technologies qui conçoit et vend des organes de synthèse à utiliser pour les greffes. Cette entreprise doit jouir d'une influence assez impressionnante puisqu'elle est en mesure de récupérer ses produits sur les mauvais payeurs, sans véritable contrainte légale (remplir un formulaire et demander au mauvais payeur si il veut être conduit à l’hôpital après le prélèvement). Nos deux personnages font partie d'une équipe de récupérateurs, qui ressemble plutôt à une milice qu'autre chose puisque naturellement, les mauvais payeurs vont tout faire pour leur échapper.

Bien sûr, Jude Law va voir son job avec une toute autre perspective le jour où il se retrouve lui-même avec un cœur artificiel.

On peut au moins retenir un bon point de Repo Men : il est constant, constamment plutôt médiocre.

L'entreprise est à l'image de ses protagonistes et de la société futuriste représentée : extrêmement cynique. Le ton du film en découle donc, puisqu'on baigne dedans. Par contre, on ne peux pas dire que ce soit très fin, c'est même excessivement grossier. On voit un commercial utiliser trois phrases d'accroche pour faire signer n'importe qui ("Votre famille le mérite" - avec un financement intenable), les "repo-men" partent en chasse aux mauvais payeurs comme les milices fascistes partent en guerre contre les mexicains dans Machette (troisième degré en moins) et on trouve bien peu de gens pour s'offusquer de toute cette cruauté d'une manière qui ne soit pas intégralement hypocrite. Oui, parce que bien sûr, il existe un marché parallèle qui profite à de nombreuses personnes, mais on casserait bien la gueule des "repo-men" pour de bien pures considérations militantes. Oui oui. Et puis madame Law, qui tolère bien mal le métier de son mari, tolère plutôt bien son salaire.

Voilà, côté contexte et personnages, on part sur une vaguement bonne idée, un second degré plutôt mignon, mais on a bien du mal à arriver quelque part, et ça stagne dans un univers qui sent le pas-fini.

du reste on cumule l'absence intégrale de surprise, un manque de réalisme probablement volontaire et une mise en scène sans franchement de saveur (et ce rythme, aïe aïe). Au moins si tu aimes voir du ketchup à l'écran, tu seras servi. En plus, les chorégraphies martiales sont bien meilleures que celles d'un Resident Evil, par exemple. Oh, zut.

Et puis, il y a cette fin, tellement évidente (tu sais très bien que ça se terminera comme ça après la quinzième minute du film, quand ils te glissent d'un seul coup cette histoire de nouveau produit qui arrive là, comme ça, pour rien et venu de nulle part). Cette fin qui arrive comme pour te dire qu'en fait, ils avaient une bonne raison de se lâcher et pondre un film aussi inabouti et inconsistant. Le contraire d'un Minority Report, ou d'un Children Of Men, en somme, pour parler de quelques films d'anticipation.

Premier long métrage de ce réalisateur, semble-t-il. J'espère que la prochaine fois, il aura la chance de travailler sur un scénario un peu plus intéressant. Parce que là, vraiment, j'ai eu du mal à accrocher.