Nb: pratiquement garanti sans spoil, sauf le dernier petit paragraphe, et c'est un spoil gentil, bon pour "Faux raccord". Et comme tu vas aller au ciné : Ne quitte pas la salle dès le début du générique de fin !

Parallèle : j'ai utilise Google Plus en avant première (enfin, un peu avant d'autres), qui est un mélange entre Facebook, Twitter et les autres services Google (donc on reste à la maison). Imaginez que J.J. Abrams, se dise qu'il veut faire pareil, mais chez lui, enfin, sa résidence d'été (chez lui, c'est la Fox, le petit écran et le format 45 minutes, son appartement) : le cinéma. Il appelle son nouveau pote Steven Spielberg, discute un peu, et c'est gagné : mélangeons Cloverfield (du made in Abrams), E.T. (de Spielberg, mais ça tu sais) et Be Kind Rewind (Michel Gondry, qui a aussi fait Eternal Sunshine of the Spotless Mind), tu me donnes l'occasion de le voir en avant première (et en VO, bien sûr). Tu vois le parallèle avec G+ ?

Le truc, c'est que là, on te laisse pas tant en terrain connu : Abrams maintenant on connait, Spielberg, n'en parlons pas. Deux génies certes, mais qu'on finit par comprendre, même si ils savent toujours un peu surprendre. Ce que j'aime bien avec JJ Abrams, c'est qu'il a pris cette habitude, avec les séries, d'être très dense, soit dans la narration, soit dans une scène. Et ça donne d'excellents moments, comme ma scène préférée du film (la station essence) où on te met la pression avec un petit bruit de clochette (qui sonne pour chaque gallon vidé dans le réservoir), où on te frustre avec tous les outils classiques : tu vois rien, c'est flou, de l'autre côté du mur, en arrière plan, ou alors on ajoute en post-production des lumières parasites pour rappeler que le nom du film c'est "Super 8", et où on pose tous les petits clins d'œil de rigueur parce qu'on est en 2011 et qu'on connait le futur par rapport au temps de la narration (1979), et naturellement, de belles références geek, mais ça c'est dans tout le film et à toutes les sauces.

Le tout est donc fort sympathique et se consomme avec beaucoup de plaisir, même si ça manque quand même de surprise (on connait les trois ingrédients), d'autant plus que le scénario est un peu attendu, compte tenu de ce qu'on est en droit d'attendre d'un JJ Abrams, et de la claque pleine de bonne trouvailles qu'était Cloverfield. Dernier bémol, le mixage du son m'a un peu dérangé parfois : trop de sons parasites lors des scènes à effets spéciaux, ça fait qu'on décroche et qu'on s'ennuie pendant certains passages (comme l'explosion du train pendant laquelle un wagon klaxonne, par exemple...).

Mais restons sur une note positive : le film peut plaire à tous les amateurs de science fiction grand public (même si il y a un peu de sang qui gicle), et les personnages principaux sont des enfants, et franchement, pour mettre un peu de mauvaise fois dans ce billet, si après Harry Potter vous êtes convaincus que des enfants ne peuvent pas être bons au cinéma (parce que vous n'avez pas vu de bons films) allez voir Super 8. Un peu comme les Goonies, mais même mieux.

Et on finit sur un spoil : à la fin, Joe abandonne son pendentif à cause de cette super-force magnétique. Alors pourquoi le pendentif de sa copine, la blonde, qui semble être en or, n'est pas attiré, lui ?! Et sinon, des noms de personnages des séries d'Abrams se sont cachées dans le film, sauras-tu les retrouver ?