Je lis et j'entends depuis quelques jours que nos valeurs sont bafouées. Le catalyseur est naturellement la débâcle de l'équipe de France de Football pour les événements que je n'ai pas besoin de décrire. L'un des premiers à m'avoir envoyé ce pavé dans la figure était Jean Michel Apathie au Grand Journal, qui en partant de l'émiettement des valeurs du sport ("les joueurs n'ont aucuns repères moraux", je cite avec la faute de grammaire) s'est étendu au journalisme ("les journalistes qui cachent les caméras (...) volent les images") ou encore à la corruption politique ("un ministre ment (...)"). Ainsi, ces exemples nationaux sont des "hontes", la chronique de Stade 2 à ce sujet compare l'éclatement de l'équipe de France à l'éclatement de la bulle financière, les blogs se déchaînent et les réactionnaires n'ont même plus besoin de chercher en dehors du journal de TF1 pour trouver de quoi alimenter leurs conversations.

J'ai lu un article fort sympathique qui reprend cette thématique, et met en avant la disparition de des valeurs qui s'incruste de plus en plus vers les pratiques "en amateur", du sport, de la musique, et d'autres.

verbatim :

Cette suffisance omnibulatoire des valeurs matérielles corrompt un peu plus chaque jour les pratiques amateures. Analoguement (!) on retrouve cet effondrement général dans toutes les pratiques sportives et culturelles.

Je ne paraphraserais pas l'article, vous pouvez le lire, il vaut les quelques minutes que vous passerez sur Le Transistor. Je partage effectivement, tout du moins en partie, le sentiment que beaucoup visent les paillettes avant le simple plaisir de se concentrer sur leur passion - et c'est triste.

Je suis chanceux, en tout cas je le crois, car je suis passionné par l'informatique (et plus particulièrement le développement logiciel). C'est une passion qui a fort en commun avec de nombreuses autres : le plaisir de la pratiquer, d'en discuter, de voir d'autres passionnés la pratiquer,....

Ce que j'aime par dessus tout avec cette passion pour l'informatique, c'est que les valeurs y sont fortes et sont portées par l'esprit du de l'open source et du logiciel libre. Ces deux notions sont différentes : l'open-source est une pratique semblable au fait de donner la partition et les paroles avec une chanson enregistrée - on a alors en notre possession la production et de quoi l'analyser, étudier son fonctionnement, la manière dont elle a été exécutée et la possibilité de la modifier, de l'améliorer. Le logiciel libre renforce cette pratique et ses valeurs d'échange et de partage en garantissant à l'utilisateur que cette production le respecte, et respecte une éthique certaine.

Ces valeurs sont portées par des communautés humaines qui ont pour mot d'ordre la contribution : contribuer à la diffusion du savoir avec Wikipédia, à la réalisation d'outils pour l'éducation, la santé, le loisir. En fait, contribuer aux besoins et passions de chacun.

Ces communautés sont composés de nombreuses personnes qui s'investissent comme elles le souhaitent et le peuvent, ces communautés innovent et créent des outils pour diffuser leurs innovations : les barcamps, blogs, et autres plateformes sont autant de moyens que les passionnés d'informatique ont imaginés pour transmettre leurs compétences et leur passion.

Aujourd'hui, ces communautés se professionnalisent, se structurent (ou sont portées par des structures établies) et oui, elles tentent aussi de faire de l'argent. Mais comme l'artiste qui ne renoncera jamais à ses compositions pour signer sur un grand label, bon nombre de ces communautés visent bien leur pérennité avant leur rentabilité.

J'ai rencontré certains de mes meilleurs amis grâce à ces communautés, j'ai appris mon métier en analysant des du code ouvert, des documentations et des spécifications accessibles sans payer.

Pour toutes ces raisons et bien d'autres, j'aime l'open-source et j'aime le logiciel libre !