Dalton (oui oui, c'est son nom) tombe mystérieusement malade après que toute la famille a emménagé dans une nouvelle grande maison un peu flippante. Dans cette nouvelle maison, la maman fait l'expérience de quelques bricoles pas très nettes et pas franchement rassurantes. La maison est hantée ou le môme est possédé ? Difficile à dire.

On peut dire qu'Insidious est un film en trois parties. La première, c'est l'horreur des scènes vides d'intérêt et d'une mise en place tout à fait bancale et superflue des personnages. Un classique du film d'horreur, semble-t-il. Donc au début, il ne se passe absolument rien et en plus, c'est désagréable : qu'est-ce qu'elle est agaçante, cette maman qui ne fait pas attention à ses gosses, qui passe des coups de fil administratifs plutôt que les préparer à aller à l'école alors qu'elle ne travaille pas... Bref, du remplissage pratiquement risible.

La deuxième partie, c'est le corps du film. Le jeune garçon tombe malade : les problèmes commencent à apparaître. L’extrême intérêt de cette partie, c'est son efficacité redoutable. Franchement, on flippe vraiment. Tous les codes du genre sont déployés à une vitesse incroyable, au prix d'une légère confusion parfois, et le moindre filon exploité l'est jusqu'au bout. Quand t'es spectateur, tu t'attends certainement pas à ce que ça monte si vite en pression, car le propre du film d'horreur, c'est de savoir la ménager et appuyer là où ça fait mal, par petites touches.

Cette fois on y va pas avec des gants, et cette conjugaison d'effets et ce matraquage parfois un peu grossier sont définitivement efficaces. On est pas loin d'un Paranormal Activity condensé en une trentaine de minutes. Vraiment, tout est là. À croire qu'une telle concentration d'efficacité ne pouvait pas durer, et doit mener à cette troisième partie.

La troisième partie c'est l'horreur du conventionnel. Ce qui fait peur dans le film d'horreur, c'est quand tu ne sais pas ce qu'il se passe, et surtout, quand les personnages n'ont aucune issue. Les personnages sont pris au piège, et le spectateur n'a que deux options : arrêter le film ou attendre la fin. Insidious, après avoir été génial, se plante là complétement. Franchement, pourquoi les ghost-busters débarquent aux deux tiers du film ? C'est pratiquement changer de film. À partir de maintenant, on donne des explications, des méthodes pour s'en sortir, et surtout, on évalue les risques ! Autant dire : "au pire, voilà ce qu'il va se produire - c'est donc ce qui va se produire". On passe de mort de peur à mort de rire. Cette histoire de fantômes n'a plus beaucoup d'intérêt, on veut juste la terminer.

Si on doit résumer Insidious, il suffit d'un mot : classique. Tous les codes sont là, et ils sont parfois maniés avec un véritable talent, et parfois, pas du tout.