L'humeur et le blog de Martius

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dimanche, 21 août 2011

Ma part du gâteau

J'ai vu trois films de Klapisch : L'auberge espagnole, Les poupées russes et là, Ma part du gâteau. Je ne sais pas si c'est parce que j'ai quelques années de plus entre chaque film, mais j'ai l'impression que le suivant est toujours moins original, moins bien construit, et qu'on voit les ficelles du scénario traverser l'écran bien trop régulièrement.

Donc la recette est assez simple : prenez un sujet assez simple (vie étudiante, mariage, choc des cultures), tartinez de bons gros clichés, rajoutez quelques pincées de situations bien-vues, et montez le tout avec une mise en scène pas nécessairement très fine, mais dont la construction est impeccable, et vraiment très bien filmée.

Donc, on plante le décor avec un trader complétement à côté de la plaque, macho, sans scrupules à ma droite. Et à ma gauche, une maman divorcée du Nord Pas-de-Calais, qui a un cœur gros comme ça malgré la détresse : l'usine a fermé, chômage, Dunkerque. Au moins, c'est cliché, mais ça sonne juste, on ne peut vraiment pas enlever ça à Klapisch. Jusque là, la recette me va.

Le jeu des acteurs est très bon que ce soit pour le duo au premier plan ou les personnages secondaires. Klapisch sait filmer, c'est pas une nouveauté, et visuellement l'ensemble est top. Vraiment, ça se regarde très bien.

Mais, là où ça coince, c'est vraiment sur le fond. On accumule les situations pas toujours très intéressantes, qui sur le fond manquent d'intérêt et sur la forme souvent de rythme. La maman est une femme entière, naturelle, simple, alors qu'il faut vraiment dérouler le personnage du trader, sinon il est creux, et ne fait rien d'autre que jouer au poker devant des courbes et des chiffres (son trader quoi). Dix minutes pour faire le tour de maman, alors qu'on a besoin de bien présenter monsieur, et son univers, qui est vraiment en dehors du nôtre. Certes, je connais mieux le concept de la vie d'une famille dans le Nord que le monde de la haute finance (et pour cause, j'ai grandi dans le Pas-de-Calais). Mais j'ai quand même l'impression que dans le camp de droite, on montre un personnage aussi superficiel que le trader veut l'être, et donc, qu'on déroule un personnage qui n'est pas complet, vraiment trop schématique et évident.

Un petit exemple pour illustrer : son collègue parle des containers, expliquent qu'ils ont révolutionné le monde, sont à l'origine de la mondialisation et des délocalisations. On te montre ça comme si c'était du discours d'expert, mais on tous eu ce discours sur les containers dans nos livres de géographie au Lycée. En fait, Klapisch bluffe, et ne connait pas mieux ce monde que moi, c'est ça, hein ?

Et ça devient vraiment lourd, quand on comprend que tout ça, ça sert à montrer que les trois filles de maman sont tristes parce que certes, maintenant Maman gagne de l'argent, mais maman n'est plus jamais là, et risque de louper le spectacle de danse de sa fille (grand rendez-vous du tout Dunkerque, d'ailleurs...). Et surtout, parce qu'il faut donner une bonne leçon à cet enfoiré de trader qui, en cliquant sur son clavier magique sur "démonte l'usine pour faire un peu de profit" (oui oui, c'est si facile, mais ça tu le vois dans la bande annonce) a foutu à genoux ces pauvres prolos qui vont franchement lui casser la gueule.

Et tout ça pour ne pas conclure, parce qu'en fait, on s’embrouille, et on ne sait plus où l'histoire veut aller.

dimanche, 14 août 2011

Super

À titre d'avant propos, ce film n'a rien à voir avec Super 8, dont je vous ai parlé un peu plus tôt. Super, c'est çà.

D'abord, il y a eu Spiderman. Le jeune trouduc' à l'air benêt qui devient un super-héros, à la suite d'un fâcheux concours de circonstances, et qui va se servir de son grand pouvoir pour prendre ses grandes responsabilités. Et pour chopper MJ. On a montré au grand public que le super-héros pouvait ne pas être super hype, avoir dix ans d'âge mental, et la maturité sentimentale d'une huitre.

Là, arrive Nolan, qui t'explique que non, un super-héros n'a pas nécessairement de super-pouvoirs. Il suffit juste de représenter "le monde réel" avec un verre déformant et polarisant sur les éléments qui nous arrangent (Bruce a quand même l'argent et l'incroyable force mentale qui remplace avantageusement le super pouvoir) pour botter les fesses du crime et de la corruption.

Ensuite, on passe directement à Kick-Ass, qui va un peu plus loin, puisqu'on casse le contexte pour quelque chose de moins générique : maintenant le Geek est affirmé, et le concept de super-héros est déjà intégré au monde dans lequel le film évolue (un peu comme si dans un film de Zombies, les gens avaient vus les Romero's et lus The Walking Dead, ou même d'autres, et donc sont pas cons, ils savent très bien qu'il faut viser la tête et pas se faire mordre). Fini le personnage hors du commun : ado mal aimé même par ses deux potes du club des nerds, qui ne choppe pas la fille, et tout ce qui va avec. Concrètement, notre super-héros est un super-loser. Cependant, Super-loser vit dans un monde où il n'aurait pas pu déposer le brevet du Vengeur Masqué, puisqu'il n'est pas le seul en ville, que la concurrence est très efficace, et qu'en plus, il y a bien le super-méchant qui va avec. Alors même en étant super-inutile, on se bat contre le crime avec l'intégralité des codes du super-héros, plus un clin d’œil sauce mise-en-abyme qui contribue franchement à rendre ce film énorme (en plus du fait que ce film est déjà énorme pour plein de raisons).

Super n'est pas la version low-budget de ceux-là, c'est un film qui prend le parti d'aller encore plus loin. Le nouveau crime-vigilenty est un loser dans tous les sens du terme : il est bête, fauché, en bas de l'échelle sociale et en plus, il se fait piquer sa femme par le Bad Boy du coin. Wait a minut... Mais cet idiot du village est quand même marié à Liv Tyler hein, c'est pas un p'tit joueur. Mais justement, elle se lasse du looser, et lui reste bien trop accroché à elle.

Donc là, c'est tellement la lose que monsieur n'a plus aucune confiance en lui : il n'ose même pas assumer l'adoption d'un lapin. Le pauvre va trouver refuge dans de la propagande pour mauvaise-bondieuserie (qui n'est peut être pas si caricaturale de que qu'on peut trouver outre Atlantique) et prendre conscience qu'il doit être un prophète des règles. Que dois-je faire ? Prier. Et là, crise de mysticisme et troubles mentaux font le reste, Super-Chrétien lui apparait dans une vision, et Dieu lui-même lui ordonne de devenir un super héros.

Je n'en dirait pas plus, car il faut maintenant voir le film et laisser la mayonnaise prendre. Mais, wahou, elle prend bien. On sait maintenant que ce n'est pas un film de super-héros, mais un film qui montre un extrait de la vie d'un psycho-socio-quelquechose-pathe. Qui combat donc un drôle de crime, avec une psycho-rigidité flippante ("il y a des règles établies depuis longtemps, c'est pas pour rien : on respecte les règles, on ne vend pas de drogue et on ne bat pas un enfant, ..."). Naturellement, tout pousse ce névrosé à rencontrer des gens au moins aussi troublés que lui, comme le nouveau mec de sa femme, un gros dealer d'héroïne (super-vilain tout désigné), une jeune fille fan de comics qui n'avait besoin que d'un tout petit coup de main pour plonger dans ce monde parallèle des super-héros (en fait, devenir vraiment folle). Et puis, sa femme non plus n'est pas nette, après tout. C'est intelligent, mature, osé et finalement, c'est une comédie qu'on a réussi à construire sur un sujet bien délicat: un sociopathe qui devient psychopathe, et perd la raison. On parle bien d'un film sur la folie. À moins que... n'est-ce pas une histoire de cœur ? L'histoire d'un homme qui veut jouer un rôle dans un monde qu'il traverse sans vraiment l'intégrer (cette scène où il demande à Dieu pourquoi il est aussi inutile : impressionnante) ?

La conclusion de cette critique comme du film laisse certainement la question ouverte. À moins que...

vendredi, 8 juillet 2011

Super 8

Nb: pratiquement garanti sans spoil, sauf le dernier petit paragraphe, et c'est un spoil gentil, bon pour "Faux raccord". Et comme tu vas aller au ciné : Ne quitte pas la salle dès le début du générique de fin !

Parallèle : j'ai utilise Google Plus en avant première (enfin, un peu avant d'autres), qui est un mélange entre Facebook, Twitter et les autres services Google (donc on reste à la maison). Imaginez que J.J. Abrams, se dise qu'il veut faire pareil, mais chez lui, enfin, sa résidence d'été (chez lui, c'est la Fox, le petit écran et le format 45 minutes, son appartement) : le cinéma. Il appelle son nouveau pote Steven Spielberg, discute un peu, et c'est gagné : mélangeons Cloverfield (du made in Abrams), E.T. (de Spielberg, mais ça tu sais) et Be Kind Rewind (Michel Gondry, qui a aussi fait Eternal Sunshine of the Spotless Mind), tu me donnes l'occasion de le voir en avant première (et en VO, bien sûr). Tu vois le parallèle avec G+ ?

Le truc, c'est que là, on te laisse pas tant en terrain connu : Abrams maintenant on connait, Spielberg, n'en parlons pas. Deux génies certes, mais qu'on finit par comprendre, même si ils savent toujours un peu surprendre. Ce que j'aime bien avec JJ Abrams, c'est qu'il a pris cette habitude, avec les séries, d'être très dense, soit dans la narration, soit dans une scène. Et ça donne d'excellents moments, comme ma scène préférée du film (la station essence) où on te met la pression avec un petit bruit de clochette (qui sonne pour chaque gallon vidé dans le réservoir), où on te frustre avec tous les outils classiques : tu vois rien, c'est flou, de l'autre côté du mur, en arrière plan, ou alors on ajoute en post-production des lumières parasites pour rappeler que le nom du film c'est "Super 8", et où on pose tous les petits clins d'œil de rigueur parce qu'on est en 2011 et qu'on connait le futur par rapport au temps de la narration (1979), et naturellement, de belles références geek, mais ça c'est dans tout le film et à toutes les sauces.

Le tout est donc fort sympathique et se consomme avec beaucoup de plaisir, même si ça manque quand même de surprise (on connait les trois ingrédients), d'autant plus que le scénario est un peu attendu, compte tenu de ce qu'on est en droit d'attendre d'un JJ Abrams, et de la claque pleine de bonne trouvailles qu'était Cloverfield. Dernier bémol, le mixage du son m'a un peu dérangé parfois : trop de sons parasites lors des scènes à effets spéciaux, ça fait qu'on décroche et qu'on s'ennuie pendant certains passages (comme l'explosion du train pendant laquelle un wagon klaxonne, par exemple...).

Mais restons sur une note positive : le film peut plaire à tous les amateurs de science fiction grand public (même si il y a un peu de sang qui gicle), et les personnages principaux sont des enfants, et franchement, pour mettre un peu de mauvaise fois dans ce billet, si après Harry Potter vous êtes convaincus que des enfants ne peuvent pas être bons au cinéma (parce que vous n'avez pas vu de bons films) allez voir Super 8. Un peu comme les Goonies, mais même mieux.

Et on finit sur un spoil : à la fin, Joe abandonne son pendentif à cause de cette super-force magnétique. Alors pourquoi le pendentif de sa copine, la blonde, qui semble être en or, n'est pas attiré, lui ?! Et sinon, des noms de personnages des séries d'Abrams se sont cachées dans le film, sauras-tu les retrouver ?

dimanche, 12 juin 2011

Unknown

Aujourd'hui on va à nouveau parler de cinéma, cette fois avec Unknown, ou Sans identité en France. Un film avec Liam Neeson.

Unknown m'était donc vendu comme le parfait mélange entre "Jason Bourne et Taken". Donc, comme je suis un fan de la trilogie Jason Bourne (chef d’œuvre du cinéma d'action et d’espionnage, du pur produit hollywoodien qui réussit à ne pas être con, trop bien !) et que j'ai trouvé Taken plutôt cliché et par moments complétement stupide (si tu veux je reviens dessus dans cinq minutes), je pense que je vais voir Jason Bourne vidé de sa substance : le rythme qui claque, le complot "en interne", le traitement ultra-crédibilisant (on veut presque la jouer documentaire avec Bourne, surtout quand Greengrass prend les commandes pour les deux derniers). En fait, je ne me suis pas trompé : enlève le cadre très clean de l'histoire Bourne (même si bon, y'a des lacunes, parfois), et remplace le par un prétexte un peu branlant avec lequel le film est construit. Oui, tu vas devoir t'y faire, même si ça sent déjà pas très bon, dès les premières minutes, tu vois à la tête de sa jolie femme que c'est louche, tout ça (mais en même temps, tu sais quel film tu regardes, alors c'est biaisé).

Maintenant que j'ai un peu cerné le produit, je modère un peu mon propos. On échappe quand même au pire : Taken utilise la traite des femmes (rien que ça) pour faire un divertissement d'action, c'est pas très fin, c'est même à peu près un sujet qu'on devrait laisser à Gaspar Noé. Là, dans Unknown, on s'en sort quand même : sans spoiler, l'intrigue est très convenue, mais on va quand même pas chercher dans le méga glauque simplement parce que comme ça Liam Neeson (qui s'en sort avec la mention "honorable" dans les deux films) va pouvoir donner quelques tatanes à des grosses brutes de l'est (si si, et dans les deux films, oui monsieur).

En clair, Unknown est très attendu, très convenu et sans grand intérêt. En plus, moi, mes enseignants chercheurs, ils ont pas l'air d'avoir le même charisme et le compte en banque que M. Martin Harris (lis le pitch du film si tu veux comprendre) et surtout, ils savent certainement pas conduire un taxi comme Jason Bourne, et ça, ça aide pas à crédibiliser le film. En fait, à force de voir des enchaînements de scènes qui font écho aux deux références citées plus tôt, on à une grosse impression de déjà vu, mais sans l’excitation que pouvait procurer les originaux. Conclusion, comme l'a très bien dit la critique d'excessif, le film est... sans identité (hohoho).

En plus, pour les trois Bourne, à l'écran, l'image est précise (la lumière, les couleurs, les plans sont maîtrisés), le traitement de l'intrigue est froid (on ne veut pas appuyer le côté mélodramatique de l'intrigue par la réalisation). En fait, on rend compte de la mécanique interne du personnage : c'est jamais de la chance, toujours du talent, du calcul, de la précision. Dans Unknown, tu sais jamais, il est fort ou juste veinard ? Si l'image doit être le reflet de la mécanique du personnage, alors ce dernier est très bien fait mais on voit que c'est de la synthèse (on a vraiment besoin de 3D pour qu'un tram et une voiture se percutent ? c'est bien trop visible), ou alors il est clairement exagéré (cette séquence quasi-finale qui devrait être dans l'obscurité, où tout ce que tu vois, c'est que la scène est tournée en noir-et-bleu, parce qu'une nuit américaine, c'est plus simple en post-prod), ou parfois, un peu kitsch (oh oui, un peu de slow-motion quand il a l'accident de voiture, j'ai bien aimé quand ils l'ont fait dans Inception -- pas besoin d'avoir une bonne raison pour faire un effet-spécial gratos).

Et puis tu te dis pratiquement à chaque séquence : "Oh eh ! Ce truc là, il l'a complétement piqué à [Jason Bourne] !" (ça marche avec beaucoup trop de films, tu peux mettre beaucoup d'autres exemples dans les crochets). En fait, on sent l'influence, et on sent aussi le manque qu'inspiration. Vraiment, sans identité tout ça.

mercredi, 8 juin 2011

Limitless

C'est le thriller du moment. Enfin, pour l'Europe, puisqu'il est sorti il y a déjà un bon moment aux USA (le 18 mars d'après Imdb). Pitch rapide : un écrivain raté et fauché qui vit à NYC tombe sur son ex-beau-frère ex-dealer qui bosse maintenant pour un laboratoire pharmaceutique et lui file, un peu comme ça pour rien, un cachet à 800$/pièce qui va lui permettre de décupler ses capacités intellectuelles grâce à une entourloupe scénaristique pseudo-scientifique quelconque. Donc plutôt que raconter ce que Limitless offre, c'est à dire un peu plus que le minimum syndical du thriller rythmé avec une histoire de drogue (rythme de fou, scènes psyché qui font mal à la tête, effets de lumière évidents, trois bastons et beaucoup de courses à pied -- en fait, la bande annonce), on va plutôt parler de ce qui manque au film, en essayant de ne pas trop spoiler.

Déjà, le potentiel d'une telle histoire est effectivement limitless : on peut pratiquement construire une histoire différente pour chaque personnage principal qu'on peut inventer. Et pourtant, on nous sert à peu près ce qu'on pouvait imaginer de plus évident, consensuel et tristement irréaliste à Hollywood : notre utopiste paumé devient un ultra-trader qui va utiliser son cerveau comme un Pipotronic pour conduire de belles bagnoles et chopper de belles grognasses grâce à sa nouvelle cagnotte. C'est quand même méga-triste que notre super auteur n'ai pas pensé une seule seconde à lutter contre le cancer (ou même le rhume), cherché un moyen de lutter contre la mortalité infantile ou même (miss-USA-style) de trouver la paix dans le monde (non non, mais c'est vraiment trop compliqué tu comprends). Définitivement, notre héros est un gros con, honteusement hypocrite tant que le capitalisme financier ne lui permet que de manger des conserves et de se faire plaquer régulièrement.

Je pense que la production voulait produire un thriller malin mais définitivement ultra-grand-public, et donc éviter de poser la moindre question susceptible de fâcher. C'est pourtant complètement idiot puisque le sujet lui-même pose déjà de très nombreuses et très vastes questions (que faire avec un tel pouvoir ? Un être humain doit-il nécessairement tricher pour être exceptionnel ? La drogue, c'est mal ou bien ?). En plus, le film prend déjà ce parti détestable de montrer un héros qui ne va servir que sa propre cause POINT BARRE, n'hésiter à prendre ce cachet, dont il ne sait rien, pendant au plus une demi-heure (soit quinze secondes de film) et encore, parce qu'il se retrouve devant une jeune hystérique.

D'ailleurs, parlons un peu de cette scène où il prend le fameux médicament pour la première fois : il se retrouve face à la femme de son propriétaire qui lui réclame le loyer du mois. Et ça l'ennuie terriblement, alors bon, pourquoi ne pas être stone ? C'est vrai, après tout, maintenant, je prendrai une amphétamine à chaque fois que mon patron me demandera d'arriver à l'heure au travail. Ensuite, le produit devient actif, et notre héros devient moins con. Oui oui, moins con : il réalise qu'en fait, la fille est en colère : Waouh ! Quelle flèche ! Il devient même tellement malin qu'il commence à se soucier de la personne qu'il a en face de lui... avant de la sauter. Bravo, ça c'est de l'achievement.

Et c'est finalement toute la ligne directrice du film : pour ne pas froisser le spectateur en lui faisant la morale (ou non), on ne dit rien, on s'abstient de tout commentaire sur l'enchaînement de faits qu'on s'efforce de suivre en se disant "Ok, passe cette histoire de toxicomanie, Ok, passe cette histoire de t'es malin donc t'es un super-trader bling-bling". Rien à ajouter.

Ah si, on évoque un minimum le manque, puisque quand il revient à la normale, notre héros tombe malade. Quand il est sous l'effet du produit, il ne pense jamais à faire un peu de reverse-engineering sur le produit pour pouvoir le fabriquer lui-même. Je me suis dit pendant tout le film : "mais quel con, j'aurais tellement pas fait ça".

En clair : bonne idée, mais on passe à côté. Je pense que si vous voulez vraiment sortir au cinéma Mercredi prochain, essayez plutôt London Boulevard. D'ailleurs, si je suis motivé, je tenterai aussi d'en écrire la critique.

dimanche, 5 juin 2011

Eternal Sunshine of the spotless mind

En 2004, Michel Gondry a définitivement mis fin à la relation déjà très superficielle que je pouvais entretenir avec la comédie romantique. Eternal Sunshine of the spotless mind m'a tout simplement montré que ce genre cinématographique pouvait se passer des ingrédients publicitaires à destination du public féminin et offrir à un tel film un fond et une forme inédite. C'était pour moi une sorte de rappel à l'ordre : le cinéma qui traite des sujets simples ne doit pas nécessairement être du cinéma facile. Je ne pense pas avoir réellement apprécié une comédie romantique depuis.

Critique de rattrapage (j'ai vu ce film en 2005 pour la première fois).

D'abord, il y a cet antagonisme avec les clichés qu'on nous sert depuis des années au cinéma : pas de grande ville, pas de robe de marque, pas de fille qui fait du shopping, pas de cheval blanc, (... - Je ne parle pas que de Sex And The City). Eternal Sunshine of the spotless mind montre ce qui ressemble le plus à ce que je connais du couple : deux personnes très différentes liés par des sentiments forts et qui cherchent à construire une histoire ensemble. Joel et Clementine (le couple) s'empoisonnent l’existence avec leurs jugements de valeur à dix balles, leur caractère de chien (une vite-fait-instable et un handicapé des sentiments, mélange détonnant !). Le propos est suffisamment juste pour qu'on y adhère avec une pensée en voix-off et cinq secondes de mise en scène. Le processus est répété régulièrement, et l'exemple que je préfère est celui où les deux dinent dans un restaurant asiatique : il pense qu'elle va devenir désagréable dès qu'elle aura fini sa bière, et elle ne manque pas de lui rappeler que les poils dans la douche, c'est pas glamour. Mon Dieu que c'est vide, mais mon Dieu que c'est aussi un peu ça, un repas de couple. Définitivement amoureux, mais définitivement loin de l'utopie du couple en harmonie (et utopie est un mot qui colle vraiment bien).

Ensuite, Eternal Sunshine of the spotless mind est un vrai film de cinéma : Charlie Kaufman (scénariste de Being John Malkovich) produit une mise en abyme/abîme complexe, casse le temps du récit et construit l'histoire sans jamais coller à un rythme donné. C'est plutôt osé, parce qu'il faut bien reconnaitre que la première fois, on y comprend pas grand-chose à moins d'être attentif aux détails (astuces ?) qui lient les différents moments du récit, et que les moins sentimentaux d'entre nous se lasseront probablement un peu vite de cet empilement de tracas quotidiens. Finalement, la richesse du film repose peut-être un peu sur certaines ficelles qui sont nécessaires pour ne pas rendre l'ensemble trop chaotique.

Enfin, le travail de Gondry, que je ne connaissais pas avant, est tout simplement génial. On a vu ce qu'il pouvait faire ensuite avec La science des Rêves et Be Kind Rewind (qui manquent malheureusement cruellement de rythme selon moi) : c'est un univers d'effets spéciaux à base de ficelles et bouts de carton, j'adore. Eternal Sunshine est un film qui a ce côté artisanal, qui rappelle l'époque où le cinéma était proche de la prestidigitation (soyons fou, faisons un rapprochement avec Le Voyage dans la Lune de Méliès puisque c'est une référence qu'on pourra à peu près tous identifier). C'est un trésor d'inventivité : Gondry a une palette d'effets visuels ultra variés et ne manque pratiquement jamais de les choisir avec suffisamment de précision pour qu'ils prennent un sens et s'attachent à l'histoire.

En conclusion, le film doit pouvoir s'acheter pour moins de 10€, et même les plus gros détracteurs de Jim Carrey (ou de la comédie romantique) devraient au moins faire l'effort de voir celui-ci. D'ailleurs, le seul autre film où j'ai trouvé Jim Carrey aussi bon, c'est The Truman Show, et on peut assez facilement faire un parallèle entre les deux films.

jeudi, 10 mars 2011

Bootstock

Les premiers rayons de soleil du printemps passent à travers la fenêtre, on enlève le pull et on commence à remonter les manches des chemises ? Attention, on est en mars quand même, c'est pas le moment d'attraper froid !

Si tu t'imagines déjà l'ordeur de l'herbe coupée et du barbecue sauvage dans un parc municipal, ou si même pas en fait, Bootstock est l'album que tu dois écouter.

La pépite n'est pas toute jeune, cet album/mix de Dj Zebra est pourtant un excellent choix pour s'imaginer ailleurs que dans un bureau au quatrième avec l'ascenseur en panne.

Bootstock se télécharge légalement et gratuitement sur le site du Zebramix.

Et un extrait de mon Mashup préféré de cette compilation :

jeudi, 17 février 2011

Simon Iddol

Simon Iddol est un Dj, producteur et fondateur du blog AudioPornCentral, qui est une véritable mine d'or pour à peu près tout : mashups, électro, pop, rock, tout y passe et généralement tout est bon.

Ne loupez pas son/ses blog(s) et ce minimix qui commence par un truc de clubbers un peu bizarre : un mix de Come Together des Beatles.

vendredi, 11 février 2011

Mighty Mike

Mighty Mike est un DJ producteur de Mashup. Moins orienté Electro qu'Elocnep, ses titres sont tous aussi très sympatiques. Mon Mashup préféré de Mighty Mike est probablement celui ci : Use the same old song (Kings of Leon – Use somebody, acapella : Four Tops – It’s the same old song)

dimanche, 6 février 2011

Elocnep

Aujourd'hui, on va parler d'Elocnep, DJ producteur de Mashups qui sera présent au Gala de L'insa de Lyon samedi prochain.

Vous pouvez retrouver l'ensemble des productions d'Elocnep sur son site.

samedi, 5 février 2011

Queen Of The Stone Age

Go With The Flow, Live

Si vous ne connaissez pas Queen Of The Stone Age, je ne peux plus rien pour vous. Ah si, regardez cette vidéo :

vendredi, 4 février 2011

Wake Me Up For Bro

Bim, ce soir je suis pressé, je m'en vais faire la fête, alors rapidement, voici un duo de DJ lyonnais, qui jouent régulièrement en ville.

Alors un petit mix pour la soirée de ce soir :

jeudi, 3 février 2011

La crème de cuizinier

Twitté hier, sur le blog aujourd'hui. Cuizinier (le "C" dans TTC) semble prêt à revenir, et un mix best-of s'est pointé il y a deux jours "la crème de la crème" (première partie) s'écoute et se choppe sur Soundcloud. Bien.

mercredi, 2 février 2011

Mark Ronson - Circuit Breaker

Très vite et sans trop de commentaires -parce que demain il y a examen- voici Circuit Breaker, par Mark Ronson & The Business Intl., extrait de l'album record collection.

L'album est excellent, plein de featurings, tout ça tout ça.

mardi, 1 février 2011

BeatauCue - Disque Oh!

Deuxième titre, c'est Beataucue, et c'est de l'électro avec un jeu de mot de très bon goût. Ce duo français a déjà une certaine notoriété puisqu'on les retrouve chez Kitsuné qui ont déjà un dossier bien remplis.

Bon, tout ça pour dire que la collection des remixes de Disque Oh! est bien sympathique et s'écoute volontiers.

lundi, 31 janvier 2011

The Rapture - Echoes

Premier titre de la catégorie musique : parce que j'utilise souvent Twitter pour partager des liens musicaux, j'ai décidé que ça passerait aussi très bien sur le blog. Ne vous attendez pas à toujours faire des découvertes hein.

On va commencer par un titre plutôt connu et plutôt sympa que j'ai découvert avec la série anglaise Misfits (c'est d'ailleurs le titre des Credits) : Echoes de The Raptures (groupe New-Yorkais).

Myspace du groupe

dimanche, 9 janvier 2011

C'était salé !

Je viens de finir Salt, vous savez, le super film d’espionnage avec Angelina Jolie sorti au cinéma cet été. Alors naturellement, comment vendre un film d’espionnage ? En disant que c'est le digne descendant de Jason Bourne !

Alors j'ai tenté l'aventure, et le résultat est sans appel. Premier signe de doute : 1 minute 15, c'est le temps qu'il m'a fallu avant de choisir de faire une pause tweet pour ça :

Salt, ça commence comme un porno nord coréen.

Je me suis tellement amusé après ça que j'en fait un article.

Déjà on y croit pas du tout : la scène d'ouverture est gratuite, les dialogues qui suivent inutiles et on se demande quand l'histoire va se mettre en place. Naturellement, on apprend aussi que sur son sol (à Washington), la CIA est sous couverture dans des bureaux avec un gros logo "Rink Petroleum". Ok, mais alors pourquoi un espion russe cherchant à négocier des informations sait que c'est à cet endroit que la CIA se cache ?

Attention, je vais faire quelque spoils, mais dans le fond, je pense que ce n'est pas bien grave, car aucun des 79,4 twists n'est une véritable surprise.

Naturellement oui, on voit bien la tentative d'approche à la Jason Bourne : après tout c'est un membre de la CIA qui est traqué par la CIA. Mais la comparaison s'arrête là : on a aucune sympathie pour le personnage d'Evelyne Salt, à qui il prend de foutre à feu et à sang les bureaux de ses collègues comme une envie d'aller au toilettes (elle le dit : Hey, I've got to pee à 19min15 - ça explosera deux minutes plus tard). On ne comprend pas les raisons de ses agissements.

Le film joue sur l’ambiguïté du personnage de Salt (Who is Salt ?) : la carte du vieux fantasme des espions communistes dormants, et nous faire nous demander (en tout cas pendant une bonne partie du film) pour qui Salt roule. Effectivement, on se pose un peu la question, mais parce qu'on se dit que le scénario est tellement mal écrit qu'on ne peut pas présumer de la cohérence des agissements de la demoiselle.

Ensuite : qui dit bon film d’espionnage américain dit naturellement gros stéréotypes :

  • 2010, c'est toujours un peu la guerre froide et la chasse aux sorcières, même si officiellement non,
  • et donc, les communistes (ou ex-communistes) sont les méchants anti-américains,
  • les russes vivent dans des lieux crasseux, sont généralement balafrés ou mal rasés (ce type de repères visuels bidons facilite la création de twists d'ailleurs, puisqu'on peut identifier X ou Y d'un bord ou d'un autre par erreur),
  • une personne vient d'abattre un président dans New York, qui le prend en charge ? La CIA ou la NYPD ? Question qui nécessite une guerre des juridictions comme dans une bonne vieille série,
  • les russes créaient des soldats fantômes, qui donc étaient élevés enfants en Sibérie habillés avec des tenues type pyjama rayé de prisonier,
  • et pour finir, tout naturellement, chapka/fourrure = russe.

Ensuite, on voit bien les ficelles à la Jason Bourne :

Le rythme de l'action est très soutenu, les changements de plans nerveux (même quand l'action est calme - ça c'est pas bien) et on enchaine tout très vite. Par contre, on pense aussi à couper les scènes par des flash-backs moisis et complètement désynchronisés. Croyez moi ou non, mais tandis que des agents la retrouvent et la poursuivent dans son appartement, on cale un flashback parce qu'elle pense à son mari enlevé en regardant son chien. Mais si ! Vraiment !

Jason Bourne était un personnage humain : très froid, entrainé à maîtriser ses émotions, il n’empêche qu'ils se posait des questions sur la légitimité de ses actions. Si, en ce qui concerne Salt, l'aspect affectif et humain est supposément important dans l'histoire, le fait qu'elle tue de sang froid une dizaine de mecs dans un lieu crado après avoir sauvé son chien me laisse pensif. La tripotée de stéréotypes dont j'ai parlé plus tôt (et juste après) n'aide pas à mettre dans une ambiance qui rend la construction de ces personnages crédibles.

Le truc cool dans la trilogie Bourne, c'était les techniques et réflexes d'espion qu'il avait : il était, par exemple, capable d'anticiper les coups de ses adversaires ou les tromper avec des diversions. Ici, Salt construit un lance grenade avec un pied de table et des produits ménagers. Ah. Salt sait aussi qu'en tazant un mec qui conduit, il accélérera proportionnellement à l'intensité du courant qu'elle va lui mettre dans la gueule, lui permettant ainsi de conduire. Ah (bis).

On pourrait jouer au jeu des 7 erreurs si 7 était un nombre supérieur à 50, parce que vraiment, c'est facile, et même les enfants peuvent jouer : monsieur agent de la CIA tire sur un camion citerne sur l'autoroute et c'est normal, madame saute dans une cage d'ascenseur et se rattrape quelques mètres plus bas comme le personnage d'Assassin's creed, on entre dans la maison blanche comme dans un moulin, un moniteur de caméra de surveillance est full HD (et il y a du son), et il suffit de passer par la porte de service d'une station de métro pour sortir d'une station fermée pour cause de funérailles du vice-président des États-Unis. Il y en a plein d'autres, amusez vous bien.

Alors disons qu'en gros, Salt c'est un Jason Bourne écrit par un môme d'une douzaine d'années nourri aux jeux vidéos... et pas les meilleurs. On s'attend à tout moment à voir un personnage tirer dans un baril (posé là par hasard) et qu'il explose simplement parce qu'il est de couleur rouge.

C'est dommage, il y aurait eu de l'idée... peut-être. Je retiens qu'on peut vraiment s'amuser entre amis en regardant ce film : en cherchant justement à lister les incohérences, improbabilités, erreurs physiques ou stéréotypes. Si en plus on s'attaque à parler du montage, le jeu devient vraiment trop facile.

dimanche, 2 janvier 2011

2010 en dix histoires

Cette année aura été comme tous les ans : riche et intense. Peut être un peu plus que les autres d'ailleurs...

L'occasion de la nouvelle année est un joli prétexte à la rétrospective qu'on aime un peu tous pratiquer, alors j'y vais.

1. 20 ans

C'est en 2010 que j'ai eu 20 ans, soit, disons entre un quart et un cinquième de ma vie (je ne me base pas sur l'espérance de vie donnée par l'insee, sinon j'en suis au tiers). Je crois que je ne me suis jamais autant posé de questions existentielles qu'il est globalement bon d'éviter de se poser (tout ce qui cause de "bilan intermédiaire"). Merde, je fait quoi là ?

2. Le twapéro

Premiers signes de socialisation à Lyon : les twapéros (apéros organisés via Twitter). L'aspect le plus marquant ici, c'est que c'est la deuxième fois que je me lie d'amitié plus facilement à des personnes rencontrées via à internet que via mon environnement quotidien. Ce qu'il faut retenir des Twapéros (et surtout des personnes que j'y croise régulièrement) c'est qu'ils m'ont fait découvrir Lyon, et qu'en gros, c'est grâce à eux que je me suis intégré à la ville.

3. La fête de fin de 3if

Le deuxième gros signe de socialisation est arrivé au milieu de l'année, fin mai : après une grosse semaine d'examens et une année scolaire qui aura eu le mérite de m'apprendre à "toujours faire plus". Au moins, maintenant, j'ai des amis pour râler sur ma formation :)

4. Le stage chez SQLI

C'est cette année que j'ai exécuté mon premier stage en entreprise : pour mon DUT, j'avais travaillé dans un laboratoire de recherche. Ma vision de l'entreprise était celle de l'auto-entreprise ou celle que j'avais par le biais de mes quelques clients, c'était donc tout nouveau pour moi. Je retire beaucoup de positif de cette expérience, et je retiens surtout que j'ai vraiment aimé cet environnement : il me semble que je le comprenais bien et que je me le suis approprié rapidement. J'ai aussi eu la confirmation d'un fait que j'ai toujours du mal à admettre : dans une entreprise d'informatique, il y a peu de passionnés d'informatique.

5. Les études, c'est pas facile

2010 c'est aussi l'année où mon budget aura été le plus serré : je n'ai plus trop le temps de bosser à côté des cours, j'habite plus loin de chez mes parents, dans une ville qui me coute plus cher, et les aides (allocations familiales, bourses) ont vraiment diminuées. Alors on fait quoi ?

D'un autre côté, je vois quotidiennement Adélaïde se battre à la fac, parce que les réformes mises en chantier depuis 2007 ne sont ni suivies, ni comprises (je parle ici surtout de la masterisation des diplômes). Si ces réformes passent mal, c'est aussi parce que le ministère joue la carte de l'autisme depuis trois ans. Alors à qui la faute ?

J'ai trouvé particulièrement amusant d'entendre une chronique de France Info sur le bilan de Valérie Pécresse qui disait que les efforts et investissements pour l'enseignement supérieur ont vraiment augmenté avec Sarkozy. Il y a des signes encourageants : les rémunérations minimum des stages ont augmenté, un "demi-mois" de bourse a été ajouté. Bref, curieusement je vis le contraire de ce que je devrais constater.

6. Paris Web

J'en ai beaucoup parlé alors je ne vais pas en rajouter. Paris Web c'était une excellente découverte, avant tout remplie de passionnés. Et ça c'est cool !

7. Shutter Island, Inception & The Social Network

Année cinéma : 2009 nous a proposé un paquet de films sympathiques, mais globalement rien qui ne soit sorti du lot (désolé, Avatar, euh, non). C'est naturellement purement subjectif et personne n'est d'accord avec moi quand je parle de cinéma. Tant mieux. Trois films ont vraiment retenu mon attention cette année :

  • Shutter Island était le film a twist qu'il ne fallait pas manquer cette année, les grands spécialistes de Scorsese considéreront que c'est un film très moyen. C'est un excellent film grand public, chaque minute de ce film est un régal. Je précise tout de même que je n'avais pas lu le livre.
  • Inception : deuxième meilleur film de Nolan (non, arrêtez, je vous assure que The Dark Knight est vraiment un cran au dessus), mon film de l'année, en tout cas. J'ai entendu dire que ma génération découvrait Nolan comme la génération du dessus découvrait Kubrick. Je ne sais toujours pas ce que ça veut dire.
  • The social Network : pas la peine d'en reparler des heures, lisez mon billet précédent.

8. Mon 1er smartphone

J'ai acheté mon premier smartphone cette année. Même si je n'arrive plus à m'en passer, j'ai toujours l'impression que c'était une mauvaise idée : je pouvais largement faire sans avant, et ça ne vaut globalement pas le prix que ça coute. Un luxe quoi.

Le plus inquiétant, c'est que j'ai complément perdu des réflexes bien pratiques que j'avais avant d'avoir mon téléphone. Comme chercher un arrêt de bus pour regarder le plan d'une ville. Aïe.

9. Les grèves

Les grèves contre la réforme des retraites ont marqué l'actualité de l'année. Je retiens surtout ces événement parce qu'ils sont à l'origine (plus ou moins directement, je n'accuse pas les cortèges de manifestants) des débordements qui ont marqué la presqu'ile de Lyon.

De mon côté,  ce qui m'a le plus marqué pendant cette période de grève, c'est le cynisme global dont tout le monde à fait preuve. Je pense que me battre pour ces acquis sociaux est insensé compte tenu de mon âge et de ma situation : je n'aurais pas, dans 40 ans, la chance de profiter de ce système de retraites par répartition. Je me demande aussi si le pire c'est de le croire ou de croire que ça ne peut pas être autrement.

10. Mon abonnement à Arrêt sur Images

Cette année, je me suis abonné à Arrêt sur Images, c'était une bonne idée, c'est extrêmement instructif et ça permet de s'ouvrir un peu l'esprit à l'extérieur du campus. Ouf. Par contre, globalement, les informations qu'on apprend ne sont pas là pour me rassurer.

Conclusion

C'est parti pour 2011 !

dimanche, 14 novembre 2010

IMHO, The Social Network...

(FYI, IMHO : In my humble opinion -- ah et FYI : For Your Information)

Hier je suis allé voir The Social Network, comme un peu tout le monde en fait. J'ai vraiment hésité à aller voir ce film : cette espèce de mode qui consiste à montrer le Geek comme une sorte de nouvel héros sociétal me dérange pas mal, et c'est en partie parce que des amis m'ont assuré que ce n'était pas ce que faisait ce film que je m'y suis intéressé.

Alors avant tout, je ne parlerais pas de Facebook, de réseaux sociaux et de vie privée. Beaucoup ont parlé de ce film comme avant tout l'histoire de Facebook, et ça ne m'a pas vraiment intéressé. Par contre, c'est -il me semble- la première fois que je vois un geek au cinéma. Un geek qui n'est pas fantasmé, qui n'est pas devenu une bête de foire au tiques comportementaux amusants (il n'empêche que je m'amuse aussi devant Sheldon Cooper de The Big Bang Theory) ou plein de super-pouvoirs magiques obtenus grâce à une frappe frénétique au clavier. Et c'est pourquoi j'ai envie de parler de ce film.

Avant d'être l'histoire de Mark Zuckerberg, perçu comme un génie de l'informatique diabolique, c'est la simple histoire d'un geek, qui se passionne pour l'informatique, qui n'est pas synchronisé avec l'univers social qui l'entoure, mais plutôt avec les codes (je ne parle pas nécessairement de programmation) qui régissent l'informatique et le "social" sur le net. Un geek qui s'en prend plein la gueule parce qu'il est geek, qui cherche à se créer une identité contre les non-geeks, et qui donc, s'en prend toujours plus dans la gueule.

En somme, j'ai eu un peu trop l'impression de me reconnaître dans ce film. Non pas parce que j'ai envie de m'imaginer milliardaire dans cinq ans, ou parce que je serais une super-star du réseau, mais parce que ce personnage, si on lui enlève Facebook, il redevient comme un paquet de geeks comme nous. On est à peu près détesté par un gros paquet de gens parce qu'on parle de trucs qu'ils ne comprennent pas. La deuxième issue, c'est de devenir un "trop bon-trop con" : le geek cherche soit à s'opposer, soit est prêt à tout pour s'insérer (mais ça, on ne le voit pas dans le film). Les gens ne comprennent pas le geek, et lui, tout ce qu'il a une fois sorti de son PC, c'est le rêve d'avoir l'occasion, un jour, d'être comme eux. Aujourd'hui encore, au sein même de ma promo d'étudiants en informatique, il y a un fossé entre les geeks et les autres étudiants (qui étudient l'informatique comme n'importe quelle autre discipline) et c'est pas toujours beau à voir.

Au collège et au lycée, je me vengeais aussi de mon ex et de ceux qui me faisaient passer pour un con en balançant des saloperies dans un blog puéril, je leur envoyait un p'tit mail signé hotmail ou caramail qui leur demandait leur mot de passe, tout ça parce que là, je me sentais bien dans mon truc, et qu'en fin de compte, je gagnais la partie sur mon terrain.

La comparaison entre ce personnage et moi s'arrêtera probablement là : j'ai choisi de mettre de côté mon complexe d'infériorité, à arrêter de rêver de rentrer dans un final-club prestigieux, et j'ai surtout pas choisi de me morfondre dans ce délire immature. Alors non, je n'ai pas envie de hacker le concept des relations sociales et de les recréer virtuellement pour en être le maître absolu. J'ai décidé d'utiliser ma créativité et mon talent pour me faire plaisir et partager.

Je vous en prie, ne voyez pas ça comme un délire mégalo et/ou de la prétention mal placée, replacez ça dans son contexte.

J'espère que personne ne vénère ce personnage après avoir vu le film, et que personne ne le déteste bêtement. En tout cas, moi, je le plains parce que c'est avant tout un personnage incapable d'empathie et d'interaction avec les autres, et je l'admire parce qu'il a démontré que PHP et Javascript pouvaient permettre de faire des trucs impressionnants.

Ah et oui, naturellement, dans mon école aussi les fêtes d'étudiants se font avec champagne et filles en sous-vêtements, c'est pour ça que tout le monde veut rentrer dans une grande école.

Edit: je me permet de citer l'interview par Libération de Sorkin, le scénariste du film :

Pour le reste, on sera d’accord : c’est un type brillant. Pas brillant comme peut l’être un logiciel, mais un garçon d’une créativité effarante. En revanche, il est amer. Je ne sais toujours pas si son amertume précède son handicap social ou si elle est la conséquence de son incapacité à se faire aimer des autres. Il est animé d’un fort esprit de revanche. C’est la face noire du geek : une frustration sexuelle et sentimentale insurmontable. Il a un complexe d’infériorité qu’il a monté en complexe de supériorité.

dimanche, 4 juillet 2010

Le nouvel algorithme de l'ios 4 d'apple

Allez, c'est le weekend, je n'ai pas écris depuis longtemps ici alors j'ai décider de troller de nouveau sur Apple. La dernière fois, c'était plutôt rigolo. Je ferais juste plus court.

Vous avez certainement entendu parler des problèmes de réception qui touchent certains iPhone 4, selon la manière dont l'appareil est tenu en main.

Une class-action ayant été lancée contre Apple et At&t, ils ont décidé de réagir. Apple a publié une lettre. En gros ça dit :

"mais non, en fait, le téléphone est génial, on a ajouté une super antenne, on s'est rendu compte -et on a bien rigolé au bureau- qu'on s'était planté dans l'algo qui détermine le nombre de barres à afficher. LOL sûrement un stagiaire à battre. Bon du coup, on va lancer le nouvel algo, poke @ATandT (histoire de dire qu'on fait tout pour que vous arrêtiez cette class-action) qui sera nettement plus précis : quand ça affichait zéro, ça affichera plus, et quand c'était 5, ça affichera un peu moins, parce que c'était pas vrai non plus. Si t'es pas content, t'as 30 jours pour renvoyer ton iphone, on le filera à ceux qui on pas pu l'avoir pour cause de rupture. On aime l'iphone : on aime les objets jolis. Bisous"

donc, en exclusivité, voici le nouvel algo :

Iphone.signalBarsToDisplay = 3;

C'est pratique, ça contente tout le monde, et l'effet placébo devrait faire l'affaire. Bien, tout le monde est sauvé.

J'ai eu peur qu'ils accusent Flash de brouiller les ondes quand même.

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Merci d'avoir lu jusque là !