L'humeur et le blog de Martius

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mercredi, 8 juin 2011

Limitless

C'est le thriller du moment. Enfin, pour l'Europe, puisqu'il est sorti il y a déjà un bon moment aux USA (le 18 mars d'après Imdb). Pitch rapide : un écrivain raté et fauché qui vit à NYC tombe sur son ex-beau-frère ex-dealer qui bosse maintenant pour un laboratoire pharmaceutique et lui file, un peu comme ça pour rien, un cachet à 800$/pièce qui va lui permettre de décupler ses capacités intellectuelles grâce à une entourloupe scénaristique pseudo-scientifique quelconque. Donc plutôt que raconter ce que Limitless offre, c'est à dire un peu plus que le minimum syndical du thriller rythmé avec une histoire de drogue (rythme de fou, scènes psyché qui font mal à la tête, effets de lumière évidents, trois bastons et beaucoup de courses à pied -- en fait, la bande annonce), on va plutôt parler de ce qui manque au film, en essayant de ne pas trop spoiler.

Déjà, le potentiel d'une telle histoire est effectivement limitless : on peut pratiquement construire une histoire différente pour chaque personnage principal qu'on peut inventer. Et pourtant, on nous sert à peu près ce qu'on pouvait imaginer de plus évident, consensuel et tristement irréaliste à Hollywood : notre utopiste paumé devient un ultra-trader qui va utiliser son cerveau comme un Pipotronic pour conduire de belles bagnoles et chopper de belles grognasses grâce à sa nouvelle cagnotte. C'est quand même méga-triste que notre super auteur n'ai pas pensé une seule seconde à lutter contre le cancer (ou même le rhume), cherché un moyen de lutter contre la mortalité infantile ou même (miss-USA-style) de trouver la paix dans le monde (non non, mais c'est vraiment trop compliqué tu comprends). Définitivement, notre héros est un gros con, honteusement hypocrite tant que le capitalisme financier ne lui permet que de manger des conserves et de se faire plaquer régulièrement.

Je pense que la production voulait produire un thriller malin mais définitivement ultra-grand-public, et donc éviter de poser la moindre question susceptible de fâcher. C'est pourtant complètement idiot puisque le sujet lui-même pose déjà de très nombreuses et très vastes questions (que faire avec un tel pouvoir ? Un être humain doit-il nécessairement tricher pour être exceptionnel ? La drogue, c'est mal ou bien ?). En plus, le film prend déjà ce parti détestable de montrer un héros qui ne va servir que sa propre cause POINT BARRE, n'hésiter à prendre ce cachet, dont il ne sait rien, pendant au plus une demi-heure (soit quinze secondes de film) et encore, parce qu'il se retrouve devant une jeune hystérique.

D'ailleurs, parlons un peu de cette scène où il prend le fameux médicament pour la première fois : il se retrouve face à la femme de son propriétaire qui lui réclame le loyer du mois. Et ça l'ennuie terriblement, alors bon, pourquoi ne pas être stone ? C'est vrai, après tout, maintenant, je prendrai une amphétamine à chaque fois que mon patron me demandera d'arriver à l'heure au travail. Ensuite, le produit devient actif, et notre héros devient moins con. Oui oui, moins con : il réalise qu'en fait, la fille est en colère : Waouh ! Quelle flèche ! Il devient même tellement malin qu'il commence à se soucier de la personne qu'il a en face de lui... avant de la sauter. Bravo, ça c'est de l'achievement.

Et c'est finalement toute la ligne directrice du film : pour ne pas froisser le spectateur en lui faisant la morale (ou non), on ne dit rien, on s'abstient de tout commentaire sur l'enchaînement de faits qu'on s'efforce de suivre en se disant "Ok, passe cette histoire de toxicomanie, Ok, passe cette histoire de t'es malin donc t'es un super-trader bling-bling". Rien à ajouter.

Ah si, on évoque un minimum le manque, puisque quand il revient à la normale, notre héros tombe malade. Quand il est sous l'effet du produit, il ne pense jamais à faire un peu de reverse-engineering sur le produit pour pouvoir le fabriquer lui-même. Je me suis dit pendant tout le film : "mais quel con, j'aurais tellement pas fait ça".

En clair : bonne idée, mais on passe à côté. Je pense que si vous voulez vraiment sortir au cinéma Mercredi prochain, essayez plutôt London Boulevard. D'ailleurs, si je suis motivé, je tenterai aussi d'en écrire la critique.

dimanche, 5 juin 2011

Eternal Sunshine of the spotless mind

En 2004, Michel Gondry a définitivement mis fin à la relation déjà très superficielle que je pouvais entretenir avec la comédie romantique. Eternal Sunshine of the spotless mind m'a tout simplement montré que ce genre cinématographique pouvait se passer des ingrédients publicitaires à destination du public féminin et offrir à un tel film un fond et une forme inédite. C'était pour moi une sorte de rappel à l'ordre : le cinéma qui traite des sujets simples ne doit pas nécessairement être du cinéma facile. Je ne pense pas avoir réellement apprécié une comédie romantique depuis.

Critique de rattrapage (j'ai vu ce film en 2005 pour la première fois).

D'abord, il y a cet antagonisme avec les clichés qu'on nous sert depuis des années au cinéma : pas de grande ville, pas de robe de marque, pas de fille qui fait du shopping, pas de cheval blanc, (... - Je ne parle pas que de Sex And The City). Eternal Sunshine of the spotless mind montre ce qui ressemble le plus à ce que je connais du couple : deux personnes très différentes liés par des sentiments forts et qui cherchent à construire une histoire ensemble. Joel et Clementine (le couple) s'empoisonnent l’existence avec leurs jugements de valeur à dix balles, leur caractère de chien (une vite-fait-instable et un handicapé des sentiments, mélange détonnant !). Le propos est suffisamment juste pour qu'on y adhère avec une pensée en voix-off et cinq secondes de mise en scène. Le processus est répété régulièrement, et l'exemple que je préfère est celui où les deux dinent dans un restaurant asiatique : il pense qu'elle va devenir désagréable dès qu'elle aura fini sa bière, et elle ne manque pas de lui rappeler que les poils dans la douche, c'est pas glamour. Mon Dieu que c'est vide, mais mon Dieu que c'est aussi un peu ça, un repas de couple. Définitivement amoureux, mais définitivement loin de l'utopie du couple en harmonie (et utopie est un mot qui colle vraiment bien).

Ensuite, Eternal Sunshine of the spotless mind est un vrai film de cinéma : Charlie Kaufman (scénariste de Being John Malkovich) produit une mise en abyme/abîme complexe, casse le temps du récit et construit l'histoire sans jamais coller à un rythme donné. C'est plutôt osé, parce qu'il faut bien reconnaitre que la première fois, on y comprend pas grand-chose à moins d'être attentif aux détails (astuces ?) qui lient les différents moments du récit, et que les moins sentimentaux d'entre nous se lasseront probablement un peu vite de cet empilement de tracas quotidiens. Finalement, la richesse du film repose peut-être un peu sur certaines ficelles qui sont nécessaires pour ne pas rendre l'ensemble trop chaotique.

Enfin, le travail de Gondry, que je ne connaissais pas avant, est tout simplement génial. On a vu ce qu'il pouvait faire ensuite avec La science des Rêves et Be Kind Rewind (qui manquent malheureusement cruellement de rythme selon moi) : c'est un univers d'effets spéciaux à base de ficelles et bouts de carton, j'adore. Eternal Sunshine est un film qui a ce côté artisanal, qui rappelle l'époque où le cinéma était proche de la prestidigitation (soyons fou, faisons un rapprochement avec Le Voyage dans la Lune de Méliès puisque c'est une référence qu'on pourra à peu près tous identifier). C'est un trésor d'inventivité : Gondry a une palette d'effets visuels ultra variés et ne manque pratiquement jamais de les choisir avec suffisamment de précision pour qu'ils prennent un sens et s'attachent à l'histoire.

En conclusion, le film doit pouvoir s'acheter pour moins de 10€, et même les plus gros détracteurs de Jim Carrey (ou de la comédie romantique) devraient au moins faire l'effort de voir celui-ci. D'ailleurs, le seul autre film où j'ai trouvé Jim Carrey aussi bon, c'est The Truman Show, et on peut assez facilement faire un parallèle entre les deux films.

jeudi, 10 mars 2011

Bootstock

Les premiers rayons de soleil du printemps passent à travers la fenêtre, on enlève le pull et on commence à remonter les manches des chemises ? Attention, on est en mars quand même, c'est pas le moment d'attraper froid !

Si tu t'imagines déjà l'ordeur de l'herbe coupée et du barbecue sauvage dans un parc municipal, ou si même pas en fait, Bootstock est l'album que tu dois écouter.

La pépite n'est pas toute jeune, cet album/mix de Dj Zebra est pourtant un excellent choix pour s'imaginer ailleurs que dans un bureau au quatrième avec l'ascenseur en panne.

Bootstock se télécharge légalement et gratuitement sur le site du Zebramix.

Et un extrait de mon Mashup préféré de cette compilation :

jeudi, 17 février 2011

Simon Iddol

Simon Iddol est un Dj, producteur et fondateur du blog AudioPornCentral, qui est une véritable mine d'or pour à peu près tout : mashups, électro, pop, rock, tout y passe et généralement tout est bon.

Ne loupez pas son/ses blog(s) et ce minimix qui commence par un truc de clubbers un peu bizarre : un mix de Come Together des Beatles.

vendredi, 11 février 2011

Mighty Mike

Mighty Mike est un DJ producteur de Mashup. Moins orienté Electro qu'Elocnep, ses titres sont tous aussi très sympatiques. Mon Mashup préféré de Mighty Mike est probablement celui ci : Use the same old song (Kings of Leon – Use somebody, acapella : Four Tops – It’s the same old song)

dimanche, 6 février 2011

Elocnep

Aujourd'hui, on va parler d'Elocnep, DJ producteur de Mashups qui sera présent au Gala de L'insa de Lyon samedi prochain.

Vous pouvez retrouver l'ensemble des productions d'Elocnep sur son site.

samedi, 5 février 2011

Queen Of The Stone Age

Go With The Flow, Live

Si vous ne connaissez pas Queen Of The Stone Age, je ne peux plus rien pour vous. Ah si, regardez cette vidéo :

vendredi, 4 février 2011

Wake Me Up For Bro

Bim, ce soir je suis pressé, je m'en vais faire la fête, alors rapidement, voici un duo de DJ lyonnais, qui jouent régulièrement en ville.

Alors un petit mix pour la soirée de ce soir :

jeudi, 3 février 2011

La crème de cuizinier

Twitté hier, sur le blog aujourd'hui. Cuizinier (le "C" dans TTC) semble prêt à revenir, et un mix best-of s'est pointé il y a deux jours "la crème de la crème" (première partie) s'écoute et se choppe sur Soundcloud. Bien.

mercredi, 2 février 2011

Mark Ronson - Circuit Breaker

Très vite et sans trop de commentaires -parce que demain il y a examen- voici Circuit Breaker, par Mark Ronson & The Business Intl., extrait de l'album record collection.

L'album est excellent, plein de featurings, tout ça tout ça.

mardi, 1 février 2011

BeatauCue - Disque Oh!

Deuxième titre, c'est Beataucue, et c'est de l'électro avec un jeu de mot de très bon goût. Ce duo français a déjà une certaine notoriété puisqu'on les retrouve chez Kitsuné qui ont déjà un dossier bien remplis.

Bon, tout ça pour dire que la collection des remixes de Disque Oh! est bien sympathique et s'écoute volontiers.

lundi, 31 janvier 2011

The Rapture - Echoes

Premier titre de la catégorie musique : parce que j'utilise souvent Twitter pour partager des liens musicaux, j'ai décidé que ça passerait aussi très bien sur le blog. Ne vous attendez pas à toujours faire des découvertes hein.

On va commencer par un titre plutôt connu et plutôt sympa que j'ai découvert avec la série anglaise Misfits (c'est d'ailleurs le titre des Credits) : Echoes de The Raptures (groupe New-Yorkais).

Myspace du groupe

dimanche, 9 janvier 2011

C'était salé !

Je viens de finir Salt, vous savez, le super film d'espionage avec Angelina Jolie sorti au cinéma cet été. Alors naturellement, comment vendre un film d'espionage ? En disant que c'est le digne descendant de Jason Bourne !

Alors j'ai tenté l'aventure, et le résultat est sans appel. Premier signe de doute : 1 minute 15, c'est le temps qu'il m'a fallu avant de choisir de faire une pause tweet pour ça :

Salt, ça commence comme un porno nord coréen.

Je me suis tellement amusé après ça que j'en fait un article.

Déjà on y croit pas du tout : la scène d'ouverture est gratuite, les dialogues qui suivent inutiles et on se demande quand l'histoire va se mettre en place. Naturellement, on apprend aussi que sur son sol (à Washington), la CIA est sous couverture dans des bureaux avec un gros logo "Rink Petroleum". Ok, mais alors pourquoi un espion russe cherchant à négocier des informations sait que c'est à cet endroit que la CIA se cache ?

Attention, je vais faire quelque spoils, mais dans le fond, je pense que ce n'est pas bien grave, car aucun des 79,4 twists n'est une véritable surprise.

Naturellement oui, on voit bien la tentative d'approche à la Jason Bourne : après tout c'est un membre de la CIA qui est traqué par la CIA. Mais la comparaison s'arrête là : on a aucune sympathie pour le personnage d'Evelyne Salt, à qui il prend de foutre à feu et à sang les bureaux de ses collègues comme une envie d'aller au toilettes (elle le dit : Hey, I've got to pee à 19min15 - ça explosera deux minutes plus tard). On ne comprend pas les raisons de ses agissements.

Le film joue sur l'ambiguité du personnage de Salt (Who is Salt ?) : la carte du vieux fantasme des espions communistes dormants, et nous faire nous demander (en tout cas pendant une bonne partie du film) pour qui Salt roule. Effectivement, on se pose un peu la question, mais parce qu'on se dit que le scénario est tellement mal écrit qu'on ne peut pas présumer de la cohérence des agissements de la demoiselle.

Ensuite : qui dit bon film d'espionage américain dit naturellement gros stéréotypes :

  • 2010, c'est toujours un peu la guerre froide et la chasse aux sorcières, même si officiellement non,
  • et donc, les communistes (ou ex-communistes) sont les méchants anti-américains,
  • les russes vivent dans des lieux crasseux, sont généralement balafrés ou mal rasés (ce type de repères visuels bidons facilite la création de twists d'ailleurs, puisqu'on peut identifier X ou Y d'un bord ou d'un autre par erreur),
  • une personne vient d'abattre un président dans New York, qui le prend en charge ? La CIA ou la NYPD ? Question qui nécessite une guerre des juridictions comme dans une bonne vieille série,
  • les russes créaient des soldats fantômes, qui donc étaient élevés enfants en Sibérie habillés avec des tenues type pyjama rayé de prisonier,
  • et pour finir, tout naturellement, chapka/fourrure = russe.

Ensuite, on voit bien les ficelles à la Jason Bourne :

Le rythme de l'action est très soutenu, les chagements de plans nerveux (même quand l'action est calme - ça c'est pas bien) et on enchaine tout très vite. Par contre, on pense aussi à couper les scènes par des flash-backs moisis et complètement désynchronisés. Croyez moi ou non, mais tandis que des agents la retrouvent et la poursuivent dans son appartement, on cale un flashback parce qu'elle pense à son mari enlevé en regardant son chien. Mais si ! Vraiment !

Jason Bourne était un personnage humain : très froid, entrainé à maîtriser ses émotions, il n'empèche qu'ils se posait des questions sur la légitimité de ses actions. Si, en ce qui concerne Salt, l'aspect affectif et humain est supposément important dans l'histoire, le fait qu'elle tue de sang froid une dizaine de mecs dans un lieu crado après avoir sauvé son chien me laisse pensif. La tripotée de stéréotypes dont j'ai parlé plus tôt (et juste après) n'aide pas à mettre dans une ambiance qui rend la construction de ces personnages crédibles.

Le truc cool dans la trilogie Bourne, c'était les techniques et reflexes d'espion qu'il avait : il était, par exemple, capable d'anticiper les coups de ses adversaires ou les tromper avec des diversions. Ici, Salt construit un lance grenade avec un pied de table et des produits ménagers. Ah. Salt sait aussi qu'en tazant un mec qui conduit, il accélérera proportionnellement à l'intensité du courant qu'elle va lui mettre dans la gueule, lui permettant ainsi de conduire. Ah (bis).

On pourrait jouer au jeu des 7 erreurs si 7 était un nombre supérieur à 50, parce que vraiment, c'est facile, et même les enfants peuvent jouer : monsieur agent de la CIA tire sur un camion citerne sur l'autoroute et c'est normal, madame saute dans une cage d'ascenseur et se rattrape quelques mètres plus bas comme le personnage d'Assassin's creed, on entre dans la maison blanche comme dans un moulin, un moniteur de caméra de surveillance est full HD (et il y a du son), et il suffit de passer par la porte de service d'une station de métro pour sortir d'une station fermée pour cause de funérailles du vice-président des États-Unis. Il y en a plein d'autres, amusez vous bien.

Alors disons qu'en gros, Salt c'est un Jason Bourne écrit par un môme d'une douzaine d'années nourri aux jeux vidéos... et pas les meilleurs. On s'attend à tout moment à voir un personnage tirer dans un baril (posé là par hasard) et qu'il explose simplement parce qu'il est de couleur rouge.

C'est dommage, il y aurait eu de l'idée... peut-être. Je retiens qu'on peut vraiment s'amuser entre amis en regardant ce film : en cherchant justement à lister les incohérences, improbabilités, erreurs physiques ou stéréotypes. Si en plus on s'attaque à parler du montage, le jeu devient vraiment trop facile.

dimanche, 2 janvier 2011

2010 en dix histoires

Cette année aura été comme tous les ans : riche et intense. Peut être un peu plus que les autres d'ailleurs...

L'occasion de la nouvelle année est un joli prétexte à la rétrospective qu'on aime un peu tous pratiquer, alors j'y vais.

1. 20 ans

C'est en 2010 que j'ai eu 20 ans, soit, disons entre un quart et un cinquième de ma vie (je ne me base pas sur l'espérance de vie donnée par l'insee, sinon j'en suis au tiers). Je crois que je ne me suis jamais autant posé de questions existentielles qu'il est globalement bon d'éviter de se poser (tout ce qui cause de "bilan intermédiaire"). Merde, je fait quoi là ?

2. Le twapéro

Premiers signes de socialisation à Lyon : les twapéros (apéros organisés via Twitter). L'aspect le plus marquant ici, c'est que c'est la deuxième fois que je me lie d'amitié plus facilement à des personnes rencontrées via à internet que via mon environnement quotidien. Ce qu'il faut retenir des Twapéros (et surtout des personnes que j'y croise régulièrement) c'est qu'ils m'ont fait découvrir Lyon, et qu'en gros, c'est grâce à eux que je me suis intégré à la ville.

3. La fête de fin de 3if

Le deuxième gros signe de socialisation est arrivé au milieu de l'année, fin mai : après une grosse semaine d'examens et une année scolaire qui aura eu le mérite de m'apprendre à "toujours faire plus". Au moins, maintenant, j'ai des amis pour râler sur ma formation :)

4. Le stage chez SQLI

C'est cette année que j'ai exécuté mon premier stage en entreprise : pour mon DUT, j'avais travaillé dans un laboratoire de recherche. Ma vision de l'entreprise était celle de l'auto-entreprise ou celle que j'avais par le biais de mes quelques clients, c'était donc tout nouveau pour moi. Je retire beaucoup de positif de cette expérience, et je retiens surtout que j'ai vraiment aimé cet environnement : il me semble que je le comprenais bien et que je me le suis approprié rapidement. J'ai aussi eu la confirmation d'un fait que j'ai toujours du mal à admettre : dans une entreprise d'informatique, il y a peu de passionnés d'informatique.

5. Les études, c'est pas facile

2010 c'est aussi l'année où mon budget aura été le plus serré : je n'ai plus trop le temps de bosser à côté des cours, j'habite plus loin de chez mes parents, dans une ville qui me coute plus cher, et les aides (allocations familiales, bourses) ont vraiment diminuées. Alors on fait quoi ?

D'un autre côté, je vois quotidiennement Adélaïde se battre à la fac, parce que les réformes mises en chantier depuis 2007 ne sont ni suivies, ni comprises (je parle ici surtout de la masterisation des diplômes). Si ces réformes passent mal, c'est aussi parce que le ministère joue la carte de l'autisme depuis trois ans. Alors à qui la faute ?

J'ai trouvé particulièrement amusant d'entendre une chronique de France Info sur le bilan de Valérie Pécresse qui disait que les efforts et investissements pour l'enseignement supérieur ont vraiment augmenté avec Sarkozy. Il y a des signes encourageants : les rémunérations minimum des stages ont augmenté, un "demi-mois" de bourse a été ajouté. Bref, curieusement je vis le contraire de ce que je devrais constater.

6. Paris Web

J'en ai beaucoup parlé alors je ne vais pas en rajouter. Paris Web c'était une excellente découverte, avant tout remplie de passionnés. Et ça c'est cool !

7. Shutter Island, Inception & The Social Network

Année cinéma : 2009 nous a proposé un paquet de films sympathiques, mais globalement rien qui ne soit sorti du lot (désolé, Avatar, euh, non). C'est naturellement purement subjectif et personne n'est d'accord avec moi quand je parle de cinéma. Tant mieux. Trois films ont vraiment retenu mon attention cette année :

  • Shutter Island était le film a twist qu'il ne fallait pas manquer cette année, les grands spécialistes de Scorsese considéreront que c'est un film très moyen. C'est un excellent film grand public, chaque minute de ce film est un régal. Je précise tout de même que je n'avais pas lu le livre.
  • Inception : deuxième meilleur film de Nolan (non, arrêtez, je vous assure que The Dark Knight est vraiment un cran au dessus), mon film de l'année, en tout cas. J'ai entendu dire que ma génération découvrait Nolan comme la génération du dessus découvrait Kubrick. Je ne sais toujours pas ce que ça veut dire.
  • The social Network : pas la peine d'en reparler des heures, lisez mon billet précédent.

8. Mon 1er smartphone

J'ai acheté mon premier smartphone cette année. Même si je n'arrive plus à m'en passer, j'ai toujours l'impression que c'était une mauvaise idée : je pouvais largement faire sans avant, et ça ne vaut globalement pas le prix que ça coute. Un luxe quoi.

Le plus inquiétant, c'est que j'ai complément perdu des réflexes bien pratiques que j'avais avant d'avoir mon téléphone. Comme chercher un arrêt de bus pour regarder le plan d'une ville. Aïe.

9. Les grèves

Les grèves contre la réforme des retraites ont marqué l'actualité de l'année. Je retiens surtout ces événement parce qu'ils sont à l'origine (plus ou moins directement, je n'accuse pas les cortèges de manifestants) des débordements qui ont marqué la presqu'ile de Lyon.

De mon côté,  ce qui m'a le plus marqué pendant cette période de grève, c'est le cynisme global dont tout le monde à fait preuve. Je pense que me battre pour ces acquis sociaux est insensé compte tenu de mon âge et de ma situation : je n'aurais pas, dans 40 ans, la chance de profiter de ce système de retraites par répartition. Je me demande aussi si le pire c'est de le croire ou de croire que ça ne peut pas être autrement.

10. Mon abonnement à Arrêt sur Images

Cette année, je me suis abonné à Arrêt sur Images, c'était une bonne idée, c'est extrêmement instructif et ça permet de s'ouvrir un peu l'esprit à l'extérieur du campus. Ouf. Par contre, globalement, les informations qu'on apprend ne sont pas là pour me rassurer.

Conclusion

C'est parti pour 2011 !

dimanche, 14 novembre 2010

IMHO, The Social Network...

(FYI, IMHO : In my humble opinion -- ah et FYI : For Your Information)

Hier je suis allé voir The Social Network, comme un peu tout le monde en fait. J'ai vraiment hésité à aller voir ce film : cette espèce de mode qui consiste à montrer le Geek comme une sorte de nouvel héros sociétal me dérange pas mal, et c'est en partie parce que des amis m'ont assuré que ce n'était pas ce que faisait ce film que je m'y suis intéressé.

Alors avant tout, je ne parlerais pas de Facebook, de réseaux sociaux et de vie privée. Beaucoup ont parlé de ce film comme avant tout l'histoire de Facebook, et ça ne m'a pas vraiment intéressé. Par contre, c'est -il me semble- la première fois que je vois un geek au cinéma. Un geek qui n'est pas fantasmé, qui n'est pas devenu une bête de foire au tiques comportementaux amusants (il n'empêche que je m'amuse aussi devant Sheldon Cooper de The Big Bang Theory) ou plein de super-pouvoirs magiques obtenus grâce à une frappe frénétique au clavier. Et c'est pourquoi j'ai envie de parler de ce film.

Avant d'être l'histoire de Mark Zuckerberg, perçu comme un génie de l'informatique diabolique, c'est la simple histoire d'un geek, qui se passionne pour l'informatique, qui n'est pas synchronisé avec l'univers social qui l'entoure, mais plutôt avec les codes (je ne parle pas nécessairement de programmation) qui régissent l'informatique et le "social" sur le net. Un geek qui s'en prend plein la gueule parce qu'il est geek, qui cherche à se créer une identité contre les non-geeks, et qui donc, s'en prend toujours plus dans la gueule.

En somme, j'ai eu un peu trop l'impression de me reconnaître dans ce film. Non pas parce que j'ai envie de m'imaginer milliardaire dans cinq ans, ou parce que je serais une super-star du réseau, mais parce que ce personnage, si on lui enlève Facebook, il redevient comme un paquet de geeks comme nous. On est à peu près détesté par un gros paquet de gens parce qu'on parle de trucs qu'ils ne comprennent pas. La deuxième issue, c'est de devenir un "trop bon-trop con" : le geek cherche soit à s'opposer, soit est prêt à tout pour s'insérer (mais ça, on ne le voit pas dans le film). Les gens ne comprennent pas le geek, et lui, tout ce qu'il a une fois sorti de son PC, c'est le rêve d'avoir l'occasion, un jour, d'être comme eux. Aujourd'hui encore, au sein même de ma promo d'étudiants en informatique, il y a un fossé entre les geeks et les autres étudiants (qui étudient l'informatique comme n'importe quelle autre discipline) et c'est pas toujours beau à voir.

Au collège et au lycée, je me vengeais aussi de mon ex et de ceux qui me faisaient passer pour un con en balançant des saloperies dans un blog puéril, je leur envoyait un p'tit mail signé hotmail ou caramail qui leur demandait leur mot de passe, tout ça parce que là, je me sentais bien dans mon truc, et qu'en fin de compte, je gagnais la partie sur mon terrain.

La comparaison entre ce personnage et moi s'arrêtera probablement là : j'ai choisi de mettre de côté mon complexe d'infériorité, à arrêter de rêver de rentrer dans un final-club prestigieux, et j'ai surtout pas choisi de me morfondre dans ce délire immature. Alors non, je n'ai pas envie de hacker le concept des relations sociales et de les recréer virtuellement pour en être le maître absolu. J'ai décidé d'utiliser ma créativité et mon talent pour me faire plaisir et partager.

Je vous en prie, ne voyez pas ça comme un délire mégalo et/ou de la prétention mal placée, replacez ça dans son contexte.

J'espère que personne ne vénère ce personnage après avoir vu le film, et que personne ne le déteste bêtement. En tout cas, moi, je le plains parce que c'est avant tout un personnage incapable d'empathie et d'interaction avec les autres, et je l'admire parce qu'il a démontré que PHP et Javascript pouvaient permettre de faire des trucs impressionnants.

Ah et oui, naturellement, dans mon école aussi les fêtes d'étudiants se font avec champagne et filles en sous-vêtements, c'est pour ça que tout le monde veut rentrer dans une grande école.

Edit: je me permet de citer l'interview par Libération de Sorkin, le scénariste du film :

Pour le reste, on sera d’accord : c’est un type brillant. Pas brillant comme peut l’être un logiciel, mais un garçon d’une créativité effarante. En revanche, il est amer. Je ne sais toujours pas si son amertume précède son handicap social ou si elle est la conséquence de son incapacité à se faire aimer des autres. Il est animé d’un fort esprit de revanche. C’est la face noire du geek : une frustration sexuelle et sentimentale insurmontable. Il a un complexe d’infériorité qu’il a monté en complexe de supériorité.

dimanche, 4 juillet 2010

Le nouvel algorithme de l'ios 4 d'apple

Allez, c'est le weekend, je n'ai pas écris depuis longtemps ici alors j'ai décider de troller de nouveau sur Apple. La dernière fois, c'était plutôt rigolo. Je ferais juste plus court.

Vous avez certainement entendu parler des problèmes de réception qui touchent certains iPhone 4, selon la manière dont l'appareil est tenu en main.

Une class-action ayant été lancée contre Apple et At&t, ils ont décidé de réagir. Apple a publié une lettre. En gros ça dit :

"mais non, en fait, le téléphone est génial, on a ajouté une super antenne, on s'est rendu compte -et on a bien rigolé au bureau- qu'on s'était planté dans l'algo qui détermine le nombre de barres à afficher. LOL sûrement un stagiaire à battre. Bon du coup, on va lancer le nouvel algo, poke @ATandT (histoire de dire qu'on fait tout pour que vous arrêtiez cette class-action) qui sera nettement plus précis : quand ça affichait zéro, ça affichera plus, et quand c'était 5, ça affichera un peu moins, parce que c'était pas vrai non plus. Si t'es pas content, t'as 30 jours pour renvoyer ton iphone, on le filera à ceux qui on pas pu l'avoir pour cause de rupture. On aime l'iphone : on aime les objets jolis. Bisous"

donc, en exclusivité, voici le nouvel algo :

Iphone.signalBarsToDisplay = 3;

C'est pratique, ça contente tout le monde, et l'effet placébo devrait faire l'affaire. Bien, tout le monde est sauvé.

J'ai eu peur qu'ils accusent Flash de brouiller les ondes quand même.

jeudi, 24 juin 2010

J'aime le libre et l'open-source

Je lis et j'entends depuis quelques jours que nos valeurs sont bafouées. Le catalyseur est naturellement la débâcle de l'équipe de France de Football pour les événements que je n'ai pas besoin de décrire. L'un des premiers à m'avoir envoyé ce pavé dans la figure était Jean Michel Apathie au Grand Journal, qui en partant de l'émiettement des valeurs du sport ("les joueurs n'ont aucuns repères moraux", je cite avec la faute de grammaire) s'est étendu au journalisme ("les journalistes qui cachent les caméras (...) volent les images") ou encore à la corruption politique ("un ministre ment (...)"). Ainsi, ces exemples nationaux sont des "hontes", la chronique de Stade 2 à ce sujet compare l'éclatement de l'équipe de France à l'éclatement de la bulle financière, les blogs se déchaînent et les réactionnaires n'ont même plus besoin de chercher en dehors du journal de TF1 pour trouver de quoi alimenter leurs conversations.

J'ai lu un article fort sympathique qui reprend cette thématique, et met en avant la disparition de des valeurs qui s'incruste de plus en plus vers les pratiques "en amateur", du sport, de la musique, et d'autres.

verbatim :

Cette suffisance omnibulatoire des valeurs matérielles corrompt un peu plus chaque jour les pratiques amateures. Analoguement (!) on retrouve cet effondrement général dans toutes les pratiques sportives et culturelles.

Je ne paraphraserais pas l'article, vous pouvez le lire, il vaut les quelques minutes que vous passerez sur Le Transistor. Je partage effectivement, tout du moins en partie, le sentiment que beaucoup visent les paillettes avant le simple plaisir de se concentrer sur leur passion - et c'est triste.

Je suis chanceux, en tout cas je le crois, car je suis passionné par l'informatique (et plus particulièrement le développement logiciel). C'est une passion qui a fort en commun avec de nombreuses autres : le plaisir de la pratiquer, d'en discuter, de voir d'autres passionnés la pratiquer,....

Ce que j'aime par dessus tout avec cette passion pour l'informatique, c'est que les valeurs y sont fortes et sont portées par l'esprit du de l'open source et du logiciel libre. Ces deux notions sont différentes : l'open-source est une pratique semblable au fait de donner la partition et les paroles avec une chanson enregistrée - on a alors en notre possession la production et de quoi l'analyser, étudier son fonctionnement, la manière dont elle a été exécutée et la possibilité de la modifier, de l'améliorer. Le logiciel libre renforce cette pratique et ses valeurs d'échange et de partage en garantissant à l'utilisateur que cette production le respecte, et respecte une éthique certaine.

Ces valeurs sont portées par des communautés humaines qui ont pour mot d'ordre la contribution : contribuer à la diffusion du savoir avec Wikipédia, à la réalisation d'outils pour l'éducation, la santé, le loisir. En fait, contribuer aux besoins et passions de chacun.

Ces communautés sont composés de nombreuses personnes qui s'investissent comme elles le souhaitent et le peuvent, ces communautés innovent et créent des outils pour diffuser leurs innovations : les barcamps, blogs, et autres plateformes sont autant de moyens que les passionnés d'informatique ont imaginés pour transmettre leurs compétences et leur passion.

Aujourd'hui, ces communautés se professionnalisent, se structurent (ou sont portées par des structures établies) et oui, elles tentent aussi de faire de l'argent. Mais comme l'artiste qui ne renoncera jamais à ses compositions pour signer sur un grand label, bon nombre de ces communautés visent bien leur pérennité avant leur rentabilité.

J'ai rencontré certains de mes meilleurs amis grâce à ces communautés, j'ai appris mon métier en analysant des du code ouvert, des documentations et des spécifications accessibles sans payer.

Pour toutes ces raisons et bien d'autres, j'aime l'open-source et j'aime le logiciel libre !

lundi, 21 juin 2010

Nous allons mal

Mesdames, Messieurs, Chers lecteurs.

J'ose le dire : Nous allons mal. Et oui, Nous avec un N majuscule.

D'abord et avant tout, Nous subissons une terrible crise, non pas financière, non pas économique ni même écologique, mais une crise générale. D'abord une crise que personne n'explique, pas même nos hauts représentants politiques qui sont restés sans voix au grand journal, et on prétexté d'importantes réunions pour se défiler. Une crise qui sature l'internet mondial, et ralentit l'accès, pour des millions d'entre Vous au Graal du logiciel pour mobile fermé. Mais aussi, une crise face à laquelle les mots me manquent, à la vue de ceux qui ne peuvent retenir les leurs. Une crise qui nous humilie, nous touche tous et qui nous confronte à des jeux de mots vaseux rédigés par les journalistes de la presse quotidienne dans leur dernier souffle avant le week-end.

Cette crise nous coûte, et nous pousse vers une période d'austérité, de rigueur, de gel des dépenses. Dépenses probablement parties en Afrique du Sud, puisqu'ici c'est l'été et là bas l'hiver.

Une crise pendant laquelle Nos enfants subissent des productions animées de mauvaise qualité (et d'un humour moyen) qui œuvrent à la promotion d'une loi sans fond, même pas pour le gouffre dans lequel les dépenses encore au soleil se jettent.

Nous somme perdus : les bergers ont quitté le navire et nous nous mutinons. Nous sommes perdus. Même Michel Sardou, notre référence philosophe se détourne de ses idoles. Même notre leader, Patrick Sébastien, renonce à son mouvement à l'appellation fédératrice. Même la fête de la musique ne sait plus quand tomber, et prend sa place pendant les épreuves du Baccalauréat. Nos chères têtes blondes, qui formeront les rangs des élites de demain, un temps privées d'apéro Facebook, ne pourrons se divertir pendant le seul apéro géant financé par nos impôts.

Même au Carrefour, notre allié au quotidien pour avoir la garantie de prix bas ne parie plus sur nous, tandis que nous parions sur internet.

Alors que faire ? Faut-il s'inscrire sur Twitter et rejoindre la #FêteDuSlip ? Non ! Tournons nous vers des nouvelles plus légères et plus réjouissantes : le ciel offre piscines aux habitants du Var ou aux chinois, le pétrole est offert aux côtiers de Louisiane ou la démocratie qui prend forme au Kirghizistan.

samedi, 29 mai 2010

Une histoire de sécu sociale étudiante

L'histoire qui suit est une histoire vraie.

Pour diverses raisons administratives, j'essaie depuis quelques jours d'obtenir mon "attestation de carte vitale" (ce truc). Comme je suis étudiant, que j'ai changé d'établissement et de région par la même occasion, j'ai également changé de caisse d'assurance maladie. Si je commence par ça, je dirais que c'est déjà très bien pensé, un étudiant qui bouge, c'est tellement rare. Et donc, chaque année, il faut refaire une déclaration de médecin traitant (qu'un étudiant n'a pas vraiment, parce qu'il n'est jamais tout à fait au même endroit - un coup malade chez papa & maman, un coup sur son lieu d'études, une autre pendant le week-end ski, ...). Bref, une plaie qu'on pourrait presque imaginer salutaire, puisque les bases de données centralisées qui contiennent plein d'infos personnelles, on sait que c'est le mal.

Bref, j'ai reçu au cours du mois de décembre un papier assez intéressant de ma caisse bidule, qui raconte -grosso modo- ceci :

Bonjour, nous sommes votre nouvelle caisse d'assurance maladie, et on veut faire un geste écologique altruiste en mettant un place un espace personnel en ligne sur lequel vous trouverez tous les papiers qu'on vous envoyait avant. (NDLR : pas du tout "vous laisser payer le papier et l'encre pour faire les 100aines de photocopies qu'on vous enverra plus").

(...)

Juste une petite coupure pour ne pas dire que j'ai toujours un peu de mal avec ces bricoles tout-en-ligne, parce que finalement, des étudiants qui n'ont pas un accès à internet correct (non bridé/suffisamment sécurisé) sont assez nombreux. Si je le disais, je me tirerais une balle dans le pied, puisque je gagne(rait) un peu ma vie en faisant ces super espaces personnels en ligne.

bref. La suite est plus amusante :

Voici votre identifiant et votre mot de passe pour vous connecter sur notre site : (...). Par sécurité, ces identifiants ne sont valables que pendant 30 jours.

Là je me dis : "zut, décembre 09 + 30 jours = au mieux fin janvier 2010", on est en mai, c'est foutu. J'envisage de tenter quand même, sait-on.

Je vais sur le site de caissebidule et je vois le lapin blanc passer en courant, je le suis, et bienvenue au pays des merveilles.

On commence par les bases : les pages sont ignobles, ça clignote (merci pour les épileptiques), c'est complétement inaccessible, avec du flash, des menus déroulants en javascript, un niveau d'utilisabilité proche de zéro. Alors oui, on peut pas toujours faire un site super accessible et dans le fond, tant que la page s'affiche, on se tamponne de la qualité du code. Le vrai problème, c'est que, d'une part, c'est un site internet important, pour des services administratifs essentiels, le second, c'est qu'ils s'occupent de santé, et que ceux qui ont le plus besoin de ces services en ligne sont probablement ceux qui souffrent le plus de problèmes d'accessibilité !

J'ai de la chance, un navigateur qui fonctionne, et je peux accéder à ce fameux espace personnel. Je clique et me retrouve sur une page dont le nom de domaine n'a rien à voir ! J'ai un doute et une petite crainte de phising mal fait, j'arrête tout et je me renseigne.

La page est dans un sous-dossier, je veux rejoindre la racine pour savoir où je suis tombé, et je tombe sur... une page, avec un logo et rien d'autre. Je googlise, et le premier résultat est génial : la racine du domaine (sans www) qui n'est autre que la page de login à PhpMyAdmin (en http non sécurisé) ! Je sais d'ailleurs que c'est le paquet debian de phpMyAdmin 2.9.1.1-debian3. Cool, dernière stable 2.11.10 ou 3.3.3 pour la nouvelle branche.

Sérieusement, WTF ! Je retourne sur l'espace personnel de la caisse, et je commence à inspecter le certificat de sécurité. Il semble en règle (vérifié par une boîte française à priori fiable), et je découvre que l'organisation qui détient le certificat est une entreprise qui produit des "sites Internet et applications web pour les collectivités et organismes publics". Ce n'est donc à priori pas du phishing.

Je me lance avec mes identifiants périmés depuis janvier. Et ça marche, je suis connecté, j'attends un mail de confirmation qui met une vingtaine de minutes à arriver. Je suis sur mon espace personnel, toutes mes infos sont là : remboursements, dates d'affiliation, d'émission de ma carte vitale, etc.

Tout ça pour dire que j'ai de grosses inquiétudes sur la sécurité de mes données, de leur structure, et de la qualité de cette caisse d'assurance. Si rien n'est "grave" en soi ici, c'est un modèle de ce qu'on ne devrait jamais voir : aucun respect de l'utilisateur d'un côté et de l'autre, une infrastructure technique qui dévoile ses moindres secrets et une sécurité qui inquiète vraiment. D'après ce que j'ai vu, de nombreux autres services publics en tout genre sont ou étaient hébergés sur le même serveur. J'hésite encore à envoyer un courrier à cette caisse d'assurance maladie pour leur exprimer mon inquiétude.

Par ailleurs, PhpMyAdmin 2.9 est sujet à plusieurs failles de sécurité par injection SQL connues. Voilà qui rassure.

jeudi, 29 avril 2010

Thoughts on Apple

Steve "le Messie" Jobs vient de répondre publiquement à Adobe au sujet de la non-intégration de Flash sur les iPhone/Pod/Pad. Il y a déjà beaucoup de bruit à ce sujet, je vais donc en faire un peu plus.

Je n'ai pas l'intention de tailler les appareils d'Apple ou la technologie Flash. Toutes ces plateformes, parce qu'elles sont propriétaires, ont des avantages, et parce qu'elles sont fermées, des grosses lacunes.

Mais la réponse de Jobs est tellement empreinte de mauvaise foi et de détournements à l'avantage de la pomme que ça en devient insultant pour bon nombre de projets, de développeurs et d'utilisateurs.

Avant de prêcher sa bonne parole comme celle du Divin, on va faire le tri.

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Merci d'avoir lu jusque là !