L'humeur et le blog de Martius

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La vie IRL

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vendredi, 8 juillet 2011

Super 8

Nb: pratiquement garanti sans spoil, sauf le dernier petit paragraphe, et c'est un spoil gentil, bon pour "Faux raccord". Et comme tu vas aller au ciné : Ne quitte pas la salle dès le début du générique de fin !

Parallèle : j'ai utilise Google Plus en avant première (enfin, un peu avant d'autres), qui est un mélange entre Facebook, Twitter et les autres services Google (donc on reste à la maison). Imaginez que J.J. Abrams, se dise qu'il veut faire pareil, mais chez lui, enfin, sa résidence d'été (chez lui, c'est la Fox, le petit écran et le format 45 minutes, son appartement) : le cinéma. Il appelle son nouveau pote Steven Spielberg, discute un peu, et c'est gagné : mélangeons Cloverfield (du made in Abrams), E.T. (de Spielberg, mais ça tu sais) et Be Kind Rewind (Michel Gondry, qui a aussi fait Eternal Sunshine of the Spotless Mind), tu me donnes l'occasion de le voir en avant première (et en VO, bien sûr). Tu vois le parallèle avec G+ ?

Le truc, c'est que là, on te laisse pas tant en terrain connu : Abrams maintenant on connait, Spielberg, n'en parlons pas. Deux génies certes, mais qu'on finit par comprendre, même si ils savent toujours un peu surprendre. Ce que j'aime bien avec JJ Abrams, c'est qu'il a pris cette habitude, avec les séries, d'être très dense, soit dans la narration, soit dans une scène. Et ça donne d'excellents moments, comme ma scène préférée du film (la station essence) où on te met la pression avec un petit bruit de clochette (qui sonne pour chaque gallon vidé dans le réservoir), où on te frustre avec tous les outils classiques : tu vois rien, c'est flou, de l'autre côté du mur, en arrière plan, ou alors on ajoute en post-production des lumières parasites pour rappeler que le nom du film c'est "Super 8", et où on pose tous les petits clins d'œil de rigueur parce qu'on est en 2011 et qu'on connait le futur par rapport au temps de la narration (1979), et naturellement, de belles références geek, mais ça c'est dans tout le film et à toutes les sauces.

Le tout est donc fort sympathique et se consomme avec beaucoup de plaisir, même si ça manque quand même de surprise (on connait les trois ingrédients), d'autant plus que le scénario est un peu attendu, compte tenu de ce qu'on est en droit d'attendre d'un JJ Abrams, et de la claque pleine de bonne trouvailles qu'était Cloverfield. Dernier bémol, le mixage du son m'a un peu dérangé parfois : trop de sons parasites lors des scènes à effets spéciaux, ça fait qu'on décroche et qu'on s'ennuie pendant certains passages (comme l'explosion du train pendant laquelle un wagon klaxonne, par exemple...).

Mais restons sur une note positive : le film peut plaire à tous les amateurs de science fiction grand public (même si il y a un peu de sang qui gicle), et les personnages principaux sont des enfants, et franchement, pour mettre un peu de mauvaise fois dans ce billet, si après Harry Potter vous êtes convaincus que des enfants ne peuvent pas être bons au cinéma (parce que vous n'avez pas vu de bons films) allez voir Super 8. Un peu comme les Goonies, mais même mieux.

Et on finit sur un spoil : à la fin, Joe abandonne son pendentif à cause de cette super-force magnétique. Alors pourquoi le pendentif de sa copine, la blonde, qui semble être en or, n'est pas attiré, lui ?! Et sinon, des noms de personnages des séries d'Abrams se sont cachées dans le film, sauras-tu les retrouver ?

dimanche, 12 juin 2011

Unknown

Aujourd'hui on va à nouveau parler de cinéma, cette fois avec Unknown, ou Sans identité en France. Un film avec Liam Neeson.

Unknown m'était donc vendu comme le parfait mélange entre "Jason Bourne et Taken". Donc, comme je suis un fan de la trilogie Jason Bourne (chef d’œuvre du cinéma d'action et d’espionnage, du pur produit hollywoodien qui réussit à ne pas être con, trop bien !) et que j'ai trouvé Taken plutôt cliché et par moments complétement stupide (si tu veux je reviens dessus dans cinq minutes), je pense que je vais voir Jason Bourne vidé de sa substance : le rythme qui claque, le complot "en interne", le traitement ultra-crédibilisant (on veut presque la jouer documentaire avec Bourne, surtout quand Greengrass prend les commandes pour les deux derniers). En fait, je ne me suis pas trompé : enlève le cadre très clean de l'histoire Bourne (même si bon, y'a des lacunes, parfois), et remplace le par un prétexte un peu branlant avec lequel le film est construit. Oui, tu vas devoir t'y faire, même si ça sent déjà pas très bon, dès les premières minutes, tu vois à la tête de sa jolie femme que c'est louche, tout ça (mais en même temps, tu sais quel film tu regardes, alors c'est biaisé).

Maintenant que j'ai un peu cerné le produit, je modère un peu mon propos. On échappe quand même au pire : Taken utilise la traite des femmes (rien que ça) pour faire un divertissement d'action, c'est pas très fin, c'est même à peu près un sujet qu'on devrait laisser à Gaspar Noé. Là, dans Unknown, on s'en sort quand même : sans spoiler, l'intrigue est très convenue, mais on va quand même pas chercher dans le méga glauque simplement parce que comme ça Liam Neeson (qui s'en sort avec la mention "honorable" dans les deux films) va pouvoir donner quelques tatanes à des grosses brutes de l'est (si si, et dans les deux films, oui monsieur).

En clair, Unknown est très attendu, très convenu et sans grand intérêt. En plus, moi, mes enseignants chercheurs, ils ont pas l'air d'avoir le même charisme et le compte en banque que M. Martin Harris (lis le pitch du film si tu veux comprendre) et surtout, ils savent certainement pas conduire un taxi comme Jason Bourne, et ça, ça aide pas à crédibiliser le film. En fait, à force de voir des enchaînements de scènes qui font écho aux deux références citées plus tôt, on à une grosse impression de déjà vu, mais sans l’excitation que pouvait procurer les originaux. Conclusion, comme l'a très bien dit la critique d'excessif, le film est... sans identité (hohoho).

En plus, pour les trois Bourne, à l'écran, l'image est précise (la lumière, les couleurs, les plans sont maîtrisés), le traitement de l'intrigue est froid (on ne veut pas appuyer le côté mélodramatique de l'intrigue par la réalisation). En fait, on rend compte de la mécanique interne du personnage : c'est jamais de la chance, toujours du talent, du calcul, de la précision. Dans Unknown, tu sais jamais, il est fort ou juste veinard ? Si l'image doit être le reflet de la mécanique du personnage, alors ce dernier est très bien fait mais on voit que c'est de la synthèse (on a vraiment besoin de 3D pour qu'un tram et une voiture se percutent ? c'est bien trop visible), ou alors il est clairement exagéré (cette séquence quasi-finale qui devrait être dans l'obscurité, où tout ce que tu vois, c'est que la scène est tournée en noir-et-bleu, parce qu'une nuit américaine, c'est plus simple en post-prod), ou parfois, un peu kitsch (oh oui, un peu de slow-motion quand il a l'accident de voiture, j'ai bien aimé quand ils l'ont fait dans Inception -- pas besoin d'avoir une bonne raison pour faire un effet-spécial gratos).

Et puis tu te dis pratiquement à chaque séquence : "Oh eh ! Ce truc là, il l'a complétement piqué à [Jason Bourne] !" (ça marche avec beaucoup trop de films, tu peux mettre beaucoup d'autres exemples dans les crochets). En fait, on sent l'influence, et on sent aussi le manque qu'inspiration. Vraiment, sans identité tout ça.

mercredi, 8 juin 2011

Limitless

C'est le thriller du moment. Enfin, pour l'Europe, puisqu'il est sorti il y a déjà un bon moment aux USA (le 18 mars d'après Imdb). Pitch rapide : un écrivain raté et fauché qui vit à NYC tombe sur son ex-beau-frère ex-dealer qui bosse maintenant pour un laboratoire pharmaceutique et lui file, un peu comme ça pour rien, un cachet à 800$/pièce qui va lui permettre de décupler ses capacités intellectuelles grâce à une entourloupe scénaristique pseudo-scientifique quelconque. Donc plutôt que raconter ce que Limitless offre, c'est à dire un peu plus que le minimum syndical du thriller rythmé avec une histoire de drogue (rythme de fou, scènes psyché qui font mal à la tête, effets de lumière évidents, trois bastons et beaucoup de courses à pied -- en fait, la bande annonce), on va plutôt parler de ce qui manque au film, en essayant de ne pas trop spoiler.

Déjà, le potentiel d'une telle histoire est effectivement limitless : on peut pratiquement construire une histoire différente pour chaque personnage principal qu'on peut inventer. Et pourtant, on nous sert à peu près ce qu'on pouvait imaginer de plus évident, consensuel et tristement irréaliste à Hollywood : notre utopiste paumé devient un ultra-trader qui va utiliser son cerveau comme un Pipotronic pour conduire de belles bagnoles et chopper de belles grognasses grâce à sa nouvelle cagnotte. C'est quand même méga-triste que notre super auteur n'ai pas pensé une seule seconde à lutter contre le cancer (ou même le rhume), cherché un moyen de lutter contre la mortalité infantile ou même (miss-USA-style) de trouver la paix dans le monde (non non, mais c'est vraiment trop compliqué tu comprends). Définitivement, notre héros est un gros con, honteusement hypocrite tant que le capitalisme financier ne lui permet que de manger des conserves et de se faire plaquer régulièrement.

Je pense que la production voulait produire un thriller malin mais définitivement ultra-grand-public, et donc éviter de poser la moindre question susceptible de fâcher. C'est pourtant complètement idiot puisque le sujet lui-même pose déjà de très nombreuses et très vastes questions (que faire avec un tel pouvoir ? Un être humain doit-il nécessairement tricher pour être exceptionnel ? La drogue, c'est mal ou bien ?). En plus, le film prend déjà ce parti détestable de montrer un héros qui ne va servir que sa propre cause POINT BARRE, n'hésiter à prendre ce cachet, dont il ne sait rien, pendant au plus une demi-heure (soit quinze secondes de film) et encore, parce qu'il se retrouve devant une jeune hystérique.

D'ailleurs, parlons un peu de cette scène où il prend le fameux médicament pour la première fois : il se retrouve face à la femme de son propriétaire qui lui réclame le loyer du mois. Et ça l'ennuie terriblement, alors bon, pourquoi ne pas être stone ? C'est vrai, après tout, maintenant, je prendrai une amphétamine à chaque fois que mon patron me demandera d'arriver à l'heure au travail. Ensuite, le produit devient actif, et notre héros devient moins con. Oui oui, moins con : il réalise qu'en fait, la fille est en colère : Waouh ! Quelle flèche ! Il devient même tellement malin qu'il commence à se soucier de la personne qu'il a en face de lui... avant de la sauter. Bravo, ça c'est de l'achievement.

Et c'est finalement toute la ligne directrice du film : pour ne pas froisser le spectateur en lui faisant la morale (ou non), on ne dit rien, on s'abstient de tout commentaire sur l'enchaînement de faits qu'on s'efforce de suivre en se disant "Ok, passe cette histoire de toxicomanie, Ok, passe cette histoire de t'es malin donc t'es un super-trader bling-bling". Rien à ajouter.

Ah si, on évoque un minimum le manque, puisque quand il revient à la normale, notre héros tombe malade. Quand il est sous l'effet du produit, il ne pense jamais à faire un peu de reverse-engineering sur le produit pour pouvoir le fabriquer lui-même. Je me suis dit pendant tout le film : "mais quel con, j'aurais tellement pas fait ça".

En clair : bonne idée, mais on passe à côté. Je pense que si vous voulez vraiment sortir au cinéma Mercredi prochain, essayez plutôt London Boulevard. D'ailleurs, si je suis motivé, je tenterai aussi d'en écrire la critique.

dimanche, 5 juin 2011

Eternal Sunshine of the spotless mind

En 2004, Michel Gondry a définitivement mis fin à la relation déjà très superficielle que je pouvais entretenir avec la comédie romantique. Eternal Sunshine of the spotless mind m'a tout simplement montré que ce genre cinématographique pouvait se passer des ingrédients publicitaires à destination du public féminin et offrir à un tel film un fond et une forme inédite. C'était pour moi une sorte de rappel à l'ordre : le cinéma qui traite des sujets simples ne doit pas nécessairement être du cinéma facile. Je ne pense pas avoir réellement apprécié une comédie romantique depuis.

Critique de rattrapage (j'ai vu ce film en 2005 pour la première fois).

D'abord, il y a cet antagonisme avec les clichés qu'on nous sert depuis des années au cinéma : pas de grande ville, pas de robe de marque, pas de fille qui fait du shopping, pas de cheval blanc, (... - Je ne parle pas que de Sex And The City). Eternal Sunshine of the spotless mind montre ce qui ressemble le plus à ce que je connais du couple : deux personnes très différentes liés par des sentiments forts et qui cherchent à construire une histoire ensemble. Joel et Clementine (le couple) s'empoisonnent l’existence avec leurs jugements de valeur à dix balles, leur caractère de chien (une vite-fait-instable et un handicapé des sentiments, mélange détonnant !). Le propos est suffisamment juste pour qu'on y adhère avec une pensée en voix-off et cinq secondes de mise en scène. Le processus est répété régulièrement, et l'exemple que je préfère est celui où les deux dinent dans un restaurant asiatique : il pense qu'elle va devenir désagréable dès qu'elle aura fini sa bière, et elle ne manque pas de lui rappeler que les poils dans la douche, c'est pas glamour. Mon Dieu que c'est vide, mais mon Dieu que c'est aussi un peu ça, un repas de couple. Définitivement amoureux, mais définitivement loin de l'utopie du couple en harmonie (et utopie est un mot qui colle vraiment bien).

Ensuite, Eternal Sunshine of the spotless mind est un vrai film de cinéma : Charlie Kaufman (scénariste de Being John Malkovich) produit une mise en abyme/abîme complexe, casse le temps du récit et construit l'histoire sans jamais coller à un rythme donné. C'est plutôt osé, parce qu'il faut bien reconnaitre que la première fois, on y comprend pas grand-chose à moins d'être attentif aux détails (astuces ?) qui lient les différents moments du récit, et que les moins sentimentaux d'entre nous se lasseront probablement un peu vite de cet empilement de tracas quotidiens. Finalement, la richesse du film repose peut-être un peu sur certaines ficelles qui sont nécessaires pour ne pas rendre l'ensemble trop chaotique.

Enfin, le travail de Gondry, que je ne connaissais pas avant, est tout simplement génial. On a vu ce qu'il pouvait faire ensuite avec La science des Rêves et Be Kind Rewind (qui manquent malheureusement cruellement de rythme selon moi) : c'est un univers d'effets spéciaux à base de ficelles et bouts de carton, j'adore. Eternal Sunshine est un film qui a ce côté artisanal, qui rappelle l'époque où le cinéma était proche de la prestidigitation (soyons fou, faisons un rapprochement avec Le Voyage dans la Lune de Méliès puisque c'est une référence qu'on pourra à peu près tous identifier). C'est un trésor d'inventivité : Gondry a une palette d'effets visuels ultra variés et ne manque pratiquement jamais de les choisir avec suffisamment de précision pour qu'ils prennent un sens et s'attachent à l'histoire.

En conclusion, le film doit pouvoir s'acheter pour moins de 10€, et même les plus gros détracteurs de Jim Carrey (ou de la comédie romantique) devraient au moins faire l'effort de voir celui-ci. D'ailleurs, le seul autre film où j'ai trouvé Jim Carrey aussi bon, c'est The Truman Show, et on peut assez facilement faire un parallèle entre les deux films.

dimanche, 9 janvier 2011

C'était salé !

Je viens de finir Salt, vous savez, le super film d’espionnage avec Angelina Jolie sorti au cinéma cet été. Alors naturellement, comment vendre un film d’espionnage ? En disant que c'est le digne descendant de Jason Bourne !

Alors j'ai tenté l'aventure, et le résultat est sans appel. Premier signe de doute : 1 minute 15, c'est le temps qu'il m'a fallu avant de choisir de faire une pause tweet pour ça :

Salt, ça commence comme un porno nord coréen.

Je me suis tellement amusé après ça que j'en fait un article.

Déjà on y croit pas du tout : la scène d'ouverture est gratuite, les dialogues qui suivent inutiles et on se demande quand l'histoire va se mettre en place. Naturellement, on apprend aussi que sur son sol (à Washington), la CIA est sous couverture dans des bureaux avec un gros logo "Rink Petroleum". Ok, mais alors pourquoi un espion russe cherchant à négocier des informations sait que c'est à cet endroit que la CIA se cache ?

Attention, je vais faire quelque spoils, mais dans le fond, je pense que ce n'est pas bien grave, car aucun des 79,4 twists n'est une véritable surprise.

Naturellement oui, on voit bien la tentative d'approche à la Jason Bourne : après tout c'est un membre de la CIA qui est traqué par la CIA. Mais la comparaison s'arrête là : on a aucune sympathie pour le personnage d'Evelyne Salt, à qui il prend de foutre à feu et à sang les bureaux de ses collègues comme une envie d'aller au toilettes (elle le dit : Hey, I've got to pee à 19min15 - ça explosera deux minutes plus tard). On ne comprend pas les raisons de ses agissements.

Le film joue sur l’ambiguïté du personnage de Salt (Who is Salt ?) : la carte du vieux fantasme des espions communistes dormants, et nous faire nous demander (en tout cas pendant une bonne partie du film) pour qui Salt roule. Effectivement, on se pose un peu la question, mais parce qu'on se dit que le scénario est tellement mal écrit qu'on ne peut pas présumer de la cohérence des agissements de la demoiselle.

Ensuite : qui dit bon film d’espionnage américain dit naturellement gros stéréotypes :

  • 2010, c'est toujours un peu la guerre froide et la chasse aux sorcières, même si officiellement non,
  • et donc, les communistes (ou ex-communistes) sont les méchants anti-américains,
  • les russes vivent dans des lieux crasseux, sont généralement balafrés ou mal rasés (ce type de repères visuels bidons facilite la création de twists d'ailleurs, puisqu'on peut identifier X ou Y d'un bord ou d'un autre par erreur),
  • une personne vient d'abattre un président dans New York, qui le prend en charge ? La CIA ou la NYPD ? Question qui nécessite une guerre des juridictions comme dans une bonne vieille série,
  • les russes créaient des soldats fantômes, qui donc étaient élevés enfants en Sibérie habillés avec des tenues type pyjama rayé de prisonier,
  • et pour finir, tout naturellement, chapka/fourrure = russe.

Ensuite, on voit bien les ficelles à la Jason Bourne :

Le rythme de l'action est très soutenu, les changements de plans nerveux (même quand l'action est calme - ça c'est pas bien) et on enchaine tout très vite. Par contre, on pense aussi à couper les scènes par des flash-backs moisis et complètement désynchronisés. Croyez moi ou non, mais tandis que des agents la retrouvent et la poursuivent dans son appartement, on cale un flashback parce qu'elle pense à son mari enlevé en regardant son chien. Mais si ! Vraiment !

Jason Bourne était un personnage humain : très froid, entrainé à maîtriser ses émotions, il n’empêche qu'ils se posait des questions sur la légitimité de ses actions. Si, en ce qui concerne Salt, l'aspect affectif et humain est supposément important dans l'histoire, le fait qu'elle tue de sang froid une dizaine de mecs dans un lieu crado après avoir sauvé son chien me laisse pensif. La tripotée de stéréotypes dont j'ai parlé plus tôt (et juste après) n'aide pas à mettre dans une ambiance qui rend la construction de ces personnages crédibles.

Le truc cool dans la trilogie Bourne, c'était les techniques et réflexes d'espion qu'il avait : il était, par exemple, capable d'anticiper les coups de ses adversaires ou les tromper avec des diversions. Ici, Salt construit un lance grenade avec un pied de table et des produits ménagers. Ah. Salt sait aussi qu'en tazant un mec qui conduit, il accélérera proportionnellement à l'intensité du courant qu'elle va lui mettre dans la gueule, lui permettant ainsi de conduire. Ah (bis).

On pourrait jouer au jeu des 7 erreurs si 7 était un nombre supérieur à 50, parce que vraiment, c'est facile, et même les enfants peuvent jouer : monsieur agent de la CIA tire sur un camion citerne sur l'autoroute et c'est normal, madame saute dans une cage d'ascenseur et se rattrape quelques mètres plus bas comme le personnage d'Assassin's creed, on entre dans la maison blanche comme dans un moulin, un moniteur de caméra de surveillance est full HD (et il y a du son), et il suffit de passer par la porte de service d'une station de métro pour sortir d'une station fermée pour cause de funérailles du vice-président des États-Unis. Il y en a plein d'autres, amusez vous bien.

Alors disons qu'en gros, Salt c'est un Jason Bourne écrit par un môme d'une douzaine d'années nourri aux jeux vidéos... et pas les meilleurs. On s'attend à tout moment à voir un personnage tirer dans un baril (posé là par hasard) et qu'il explose simplement parce qu'il est de couleur rouge.

C'est dommage, il y aurait eu de l'idée... peut-être. Je retiens qu'on peut vraiment s'amuser entre amis en regardant ce film : en cherchant justement à lister les incohérences, improbabilités, erreurs physiques ou stéréotypes. Si en plus on s'attaque à parler du montage, le jeu devient vraiment trop facile.

dimanche, 2 janvier 2011

2010 en dix histoires

Cette année aura été comme tous les ans : riche et intense. Peut être un peu plus que les autres d'ailleurs...

L'occasion de la nouvelle année est un joli prétexte à la rétrospective qu'on aime un peu tous pratiquer, alors j'y vais.

1. 20 ans

C'est en 2010 que j'ai eu 20 ans, soit, disons entre un quart et un cinquième de ma vie (je ne me base pas sur l'espérance de vie donnée par l'insee, sinon j'en suis au tiers). Je crois que je ne me suis jamais autant posé de questions existentielles qu'il est globalement bon d'éviter de se poser (tout ce qui cause de "bilan intermédiaire"). Merde, je fait quoi là ?

2. Le twapéro

Premiers signes de socialisation à Lyon : les twapéros (apéros organisés via Twitter). L'aspect le plus marquant ici, c'est que c'est la deuxième fois que je me lie d'amitié plus facilement à des personnes rencontrées via à internet que via mon environnement quotidien. Ce qu'il faut retenir des Twapéros (et surtout des personnes que j'y croise régulièrement) c'est qu'ils m'ont fait découvrir Lyon, et qu'en gros, c'est grâce à eux que je me suis intégré à la ville.

3. La fête de fin de 3if

Le deuxième gros signe de socialisation est arrivé au milieu de l'année, fin mai : après une grosse semaine d'examens et une année scolaire qui aura eu le mérite de m'apprendre à "toujours faire plus". Au moins, maintenant, j'ai des amis pour râler sur ma formation :)

4. Le stage chez SQLI

C'est cette année que j'ai exécuté mon premier stage en entreprise : pour mon DUT, j'avais travaillé dans un laboratoire de recherche. Ma vision de l'entreprise était celle de l'auto-entreprise ou celle que j'avais par le biais de mes quelques clients, c'était donc tout nouveau pour moi. Je retire beaucoup de positif de cette expérience, et je retiens surtout que j'ai vraiment aimé cet environnement : il me semble que je le comprenais bien et que je me le suis approprié rapidement. J'ai aussi eu la confirmation d'un fait que j'ai toujours du mal à admettre : dans une entreprise d'informatique, il y a peu de passionnés d'informatique.

5. Les études, c'est pas facile

2010 c'est aussi l'année où mon budget aura été le plus serré : je n'ai plus trop le temps de bosser à côté des cours, j'habite plus loin de chez mes parents, dans une ville qui me coute plus cher, et les aides (allocations familiales, bourses) ont vraiment diminuées. Alors on fait quoi ?

D'un autre côté, je vois quotidiennement Adélaïde se battre à la fac, parce que les réformes mises en chantier depuis 2007 ne sont ni suivies, ni comprises (je parle ici surtout de la masterisation des diplômes). Si ces réformes passent mal, c'est aussi parce que le ministère joue la carte de l'autisme depuis trois ans. Alors à qui la faute ?

J'ai trouvé particulièrement amusant d'entendre une chronique de France Info sur le bilan de Valérie Pécresse qui disait que les efforts et investissements pour l'enseignement supérieur ont vraiment augmenté avec Sarkozy. Il y a des signes encourageants : les rémunérations minimum des stages ont augmenté, un "demi-mois" de bourse a été ajouté. Bref, curieusement je vis le contraire de ce que je devrais constater.

6. Paris Web

J'en ai beaucoup parlé alors je ne vais pas en rajouter. Paris Web c'était une excellente découverte, avant tout remplie de passionnés. Et ça c'est cool !

7. Shutter Island, Inception & The Social Network

Année cinéma : 2009 nous a proposé un paquet de films sympathiques, mais globalement rien qui ne soit sorti du lot (désolé, Avatar, euh, non). C'est naturellement purement subjectif et personne n'est d'accord avec moi quand je parle de cinéma. Tant mieux. Trois films ont vraiment retenu mon attention cette année :

  • Shutter Island était le film a twist qu'il ne fallait pas manquer cette année, les grands spécialistes de Scorsese considéreront que c'est un film très moyen. C'est un excellent film grand public, chaque minute de ce film est un régal. Je précise tout de même que je n'avais pas lu le livre.
  • Inception : deuxième meilleur film de Nolan (non, arrêtez, je vous assure que The Dark Knight est vraiment un cran au dessus), mon film de l'année, en tout cas. J'ai entendu dire que ma génération découvrait Nolan comme la génération du dessus découvrait Kubrick. Je ne sais toujours pas ce que ça veut dire.
  • The social Network : pas la peine d'en reparler des heures, lisez mon billet précédent.

8. Mon 1er smartphone

J'ai acheté mon premier smartphone cette année. Même si je n'arrive plus à m'en passer, j'ai toujours l'impression que c'était une mauvaise idée : je pouvais largement faire sans avant, et ça ne vaut globalement pas le prix que ça coute. Un luxe quoi.

Le plus inquiétant, c'est que j'ai complément perdu des réflexes bien pratiques que j'avais avant d'avoir mon téléphone. Comme chercher un arrêt de bus pour regarder le plan d'une ville. Aïe.

9. Les grèves

Les grèves contre la réforme des retraites ont marqué l'actualité de l'année. Je retiens surtout ces événement parce qu'ils sont à l'origine (plus ou moins directement, je n'accuse pas les cortèges de manifestants) des débordements qui ont marqué la presqu'ile de Lyon.

De mon côté,  ce qui m'a le plus marqué pendant cette période de grève, c'est le cynisme global dont tout le monde à fait preuve. Je pense que me battre pour ces acquis sociaux est insensé compte tenu de mon âge et de ma situation : je n'aurais pas, dans 40 ans, la chance de profiter de ce système de retraites par répartition. Je me demande aussi si le pire c'est de le croire ou de croire que ça ne peut pas être autrement.

10. Mon abonnement à Arrêt sur Images

Cette année, je me suis abonné à Arrêt sur Images, c'était une bonne idée, c'est extrêmement instructif et ça permet de s'ouvrir un peu l'esprit à l'extérieur du campus. Ouf. Par contre, globalement, les informations qu'on apprend ne sont pas là pour me rassurer.

Conclusion

C'est parti pour 2011 !

lundi, 21 juin 2010

Nous allons mal

Mesdames, Messieurs, Chers lecteurs.

J'ose le dire : Nous allons mal. Et oui, Nous avec un N majuscule.

D'abord et avant tout, Nous subissons une terrible crise, non pas financière, non pas économique ni même écologique, mais une crise générale. D'abord une crise que personne n'explique, pas même nos hauts représentants politiques qui sont restés sans voix au grand journal, et on prétexté d'importantes réunions pour se défiler. Une crise qui sature l'internet mondial, et ralentit l'accès, pour des millions d'entre Vous au Graal du logiciel pour mobile fermé. Mais aussi, une crise face à laquelle les mots me manquent, à la vue de ceux qui ne peuvent retenir les leurs. Une crise qui nous humilie, nous touche tous et qui nous confronte à des jeux de mots vaseux rédigés par les journalistes de la presse quotidienne dans leur dernier souffle avant le week-end.

Cette crise nous coûte, et nous pousse vers une période d'austérité, de rigueur, de gel des dépenses. Dépenses probablement parties en Afrique du Sud, puisqu'ici c'est l'été et là bas l'hiver.

Une crise pendant laquelle Nos enfants subissent des productions animées de mauvaise qualité (et d'un humour moyen) qui œuvrent à la promotion d'une loi sans fond, même pas pour le gouffre dans lequel les dépenses encore au soleil se jettent.

Nous somme perdus : les bergers ont quitté le navire et nous nous mutinons. Nous sommes perdus. Même Michel Sardou, notre référence philosophe se détourne de ses idoles. Même notre leader, Patrick Sébastien, renonce à son mouvement à l'appellation fédératrice. Même la fête de la musique ne sait plus quand tomber, et prend sa place pendant les épreuves du Baccalauréat. Nos chères têtes blondes, qui formeront les rangs des élites de demain, un temps privées d'apéro Facebook, ne pourrons se divertir pendant le seul apéro géant financé par nos impôts.

Même au Carrefour, notre allié au quotidien pour avoir la garantie de prix bas ne parie plus sur nous, tandis que nous parions sur internet.

Alors que faire ? Faut-il s'inscrire sur Twitter et rejoindre la #FêteDuSlip ? Non ! Tournons nous vers des nouvelles plus légères et plus réjouissantes : le ciel offre piscines aux habitants du Var ou aux chinois, le pétrole est offert aux côtiers de Louisiane ou la démocratie qui prend forme au Kirghizistan.

vendredi, 23 avril 2010

Le client pris pour un con, ça rapporte ?

Quand je prend le rôle du client [potentiel] vis à vis d'une entreprise - c'est à dire, la plupart du temps - j'ai le même comportement que de nombreux autres clients, en tout cas, je le pense. Je n'ai pas souvent l'autre rôle, celui de l'entreprise, puisque je n'ai pas beaucoup de clients et que ce n'est pas mon activité principale.

Ma rencontre avec une entreprise, en tant que client, s'effectue de plusieurs manières : je suis dans une surface de vente, et/ou je suis en contact à un conseiller/vendeur/commercial, je consulte le site internet institutionnel, je m'intéresse à un dépliant ou une publicité pour ses produits ou services... Bref, par ces différentes voies, c'est toujours l'entreprise qui s'exprime, et le message reste sensiblement le même.

Je ne suis pas toujours un client éclairé, et encore moins un "client intelligent" (j'achète parfois sans trop réfléchir, sur des produits et services que je ne maîtrise pas nécessairement et qui ne reflètent pas toujours mes besoins). Pourtant, le meilleur moyen de me louper comme client, c'est de me prendre pour un con, et j'en ai souvent l'impression. Comme mon père me le disait, une bonne vente, c'est celle où le client et le vendeur sont tout deux satisfaits, et pour me satisfaire, il suffit généralement de montrer une certaine honnêteté.

De nombreuses entreprises réussissent ça très bien, et voici quelques exemples :

  • free : tout le monde ne le pense pas, mais je n'ai presque jamais eu l'impression de me faire piéger par cette entreprise, à deux exceptions près (les frais de résiliation à la rupture du contrat et la remise à zéro de l'ancienneté à chaque changement de situation). Cette entreprise à toujours répondu correctement à mes besoins : les services sont innovants, plutôt complets et correspondent à ce que je suis, c'est à dire un geek qui n'a que rarement besoin de l'assistance technique (c'est peut-être pour ça que je n'ai pas à me plaindre de cette entreprise).
  • google : les services proposés par l'entreprise sont bons et la règle du jeu est connue - j'accepte de donner une part de moi-même à une base de données géantes pour faciliter les sollicitations d'autres entreprises. Je me suis d'ailleurs rendu compte que quand la côte de popularité de la firme a baissé (notamment à cause des propos de son CEO), j'ai commencé à me méfier et à envisager certaines alternatives, et je garde une certaine réserve vis à vis de certains de leurs services si les règles du jeu ne me paraissent pas très suffisamment équilibrées.
  • ikea : on sait très bien que, comme les autres dans cette catégorie, cette firme n'est pas philanthrope, pourtant, elle me permet d'acheter des meubles que j'estime correct à un prix que j'estime correct.
  • mon commerçant de proximité : c'est rarement un stratège commercial hors-pair, et ça lui coûte parfois car il peut lui-même dévaloriser son travail. Quoi qu'il en soit, je n'ai pas l'impression de me faire enfler quand j'achète mon pain ou que je vais chez le coiffeur.
  • Macdo : je sais, leurs sandwichs sont mauvais pour la santé et en plus c'est très cher pour ce que c'est. En plus, beaucoup d'amis ayant travaillé dans l'une des franchise m'ont détaillé le calvaire qu'ils vivent. Pourtant, je sais qu'à chaque fois que j'irais dépenser une fortune chez eux, j'aurais le McDeluxe qui me fera plaisir sur le moment, le McFlurry qui va avec et ça me va.
  • Il y a plein d'autres exemples, et il suffit que je regarde autour de moi ou mon relevé de comptes pour les trouver : ces entreprises m'ont inspiré confiance, et j'ai ouvert mon porte-monnaie. Au hasard, Asus, Amazon, les transports en commun lyonnais, Le monde, les éditeurs de bédés, Nintendo, Panzani....

D'un autre côté, il y a toutes celles qui me posent un problème, et chez lesquelles je n'irais pas, ou moins souvent. Ces entreprises sont souvent celles qui bénéficient d'un avantage "naturel", d'un monopole établi ou sont simplement des vendeurs de nécessaires (alimentation, énergie, etc).

La grande distribution applique des promotions dans tous les sens, me vend le troisième exemplaire d'un produit acheté au prix fort à 0€, prétend que ses magasins sont les moins chers. Ça ne m'inspire que de la méfiance, et je passe/perd encore plus de temps à recalculer les prix, considérer que tel ou tel produit devrait être acheté ailleurs même si c'est plus cher. Ils me tiennent parce qu'ils sont un point de passage obligatoire, pourtant je déteste ces enseignes et j'ai toujours une certaine appréhension quand je passe en caisse.

On a aussi les opérateurs de téléphonie mobile, qui vendent de l'illimité limité (les exemples fleurissent - limitation de débit, etc), des téléphones modifiés et bridés plus chers que les originaux dans les même conditions, et font pencher la balance en leur faveur sur tellement de points que quand je souscris à un abonnement, je n'ai pas la moindre idée des conséquences que ça aura. Je ne parle même pas de l'opérateur télécom historique, qui vend ses abonnements à internet une fortune, pour des services de moins bonne qualité les trois autres (si si, clairement) -- ils ne sont pas là de me revoir comme client.

Que ce soit ma banque ou un magasin de vêtements bien connu, quand on me fait un devis à 100 pour descendre à 60 (en s'alignant sur le concurrent ou par le biais d'une promo magique) j'ai vraiment l'impression de me faire avoir, et j'ai tendance à aller vers celui qui fixe immédiatement le prix à 65 (je ne demanderais d'ailleurs pas 60). De nombreuses promos et ventes flashs sont l'application de règles de marketing bien courantes, pour faire connaître un produit, préparer le terrain de son remplaçant, etc. Mais je suis surpris de voir des magasins augmenter leurs prix de 20% (sur un gros catalogue qui vient d'être mis à jour, ça ne se voit pas), s'étonner de voir que les produits ne se vendent plus si bien et faire marche arrière sous la forme de promos sur des rayons pleins à craquer. Idem pour l'industrie du cinéma et de la musique, qui s'auto-détruit en criant à qui veut l'entendre qu'elle est mourante et qu'il faut l'aider (alors que les résultats sont toujours bons).

J'ai définitivement du mal à comprendre comment une entreprise compte fonctionner en trichant et en étant malhonnête (en restant dans le cadre de la loi -- la plupart du temps). Les nouveaux entrants sur un marché qui fonctionnent sont présentés comme des concepts "révolutionnant le marché", en fait, bien souvent, ils sont plus honnêtes et transparents ou simplement, à contraintes équivalentes, offrent mieux, ce qui ré-équilibre la balance. Sérieusement, des gens peuvent m'expliquer comment les entreprises décident que nous prendre pour des cons ça rapporte plus que d'être correct ?

mardi, 6 avril 2010

Ça m'énerve... !

À titre préliminaire, toute personne ayant la bonne idée de dire que le titre du présent billet n'a rien d'original car un chanteur populaire me l'a soufflé dernièrement mérite de recevoir une décision de la cours du bon goût ordonnant la castration chimique des glandes de la création artistique.

Passons maintenant aux choses sérieuses.

Depuis mercredi soir, et pour une raison actuellement toujours inconnue, j'ai mal aux dents. Mais mal au point de m'empêcher de dormir et d'arriver en cours aussi arraché qu'un scellé sur la boîte d'un iPad vendu vendredi à San Francisco.

J'ai donc appelé un dentiste jeudi, mais "désolé le Docteur [blabla] sera absent jusqu'à mardi, vous comprenez c'est le week-end de pâques". Ah oui, je comprend, ce cher [blabla] ne sera donc pas mon dentiste. J'appelle donc le cabinet de [bidule] - après avoir appris que [truc] et [machin] ne reçoivent pas comme ça, et qu'il faut une bonne semaine pour avoir un rendez-vous - qui a une secrétaire bien sympa mais qui ne peut rien faire pour moi. Elle me dirige donc vers les urgences dentaires de Lyon. J'y vais, il est un peu tard, mais bon, c'est pour une urgence non ?

En fait, les urgences dentaires sont ouvertes de 9h à 16h30, idéal pour les étudiants arrachés donc. Vendredi, laisse tomber t'as cours, tu souffres en silence et tu te dis que c'est bien, pour pâques, t'es aussi un peu en vacances parce que tu rentres chez papa et maman. Et là, ah ah, t'auras tout le temps de te faire charcuter par un étudiant bourré de la veille qui se charge des urgences (on est solidaires entre nous les étudiants).

Samedi matin, après une nuit aussi agréable qu'un marathon Twilight avec une dizaine de gamines de 7 à 12 ans, je suis tellement nerveux que ma mère se charge, pour moi, d'appeler qui il faut pour que je puisse accéder au cabinet du détenteur du Saint-Graal de la semaine (les compétences pour soigner mes dents). Dans la mesure où il faut appeler le commissariat pour avoir les coordonnées d'un professionnel de santé de garde, je pense que Maman avait un peu peur que le/la standardiste appelle la SPA de peur qu'un animal dangereux se soit égaré (il faut dire que je criais, et pas qu'un peu), c'est pour ça qu'elle s'en est chargée.

Donc, sachez-le, si vous habitez dans l'Aube, un dentiste de garde, ça n'existe pas madame (quelle idée).

Et c'est là où la rage (de dents) se diffuse en moi plus vite qu'un mème sur youtube (je devrais arrêter les comparaisons) : Bordel ! Il y a un vétérinaire de garde, en ville (donc me parlez pas des fermes et des exploitations laitières) mais pas de dentiste de garde.

J'ai bien pensé à dire à un vétérinaire que je souffrais d'une rage de dents, mais de peur qu'il n'entende que "rage" et décide d'abréger radicalement mes souffrances, je me suis abstenu.

En fait, c'est assez logique, puisque dans les restaurants de Luxe des hôtels de luxes on sert des plats de luxe aux chiens des vieilles tirées (les deux étant habillés en Burberry) et que ces saloperies sont mieux nourris que les étudiants, c'est bien normal qu'ils soient mieux soignés que les étudiants (j'ai la même avec le train : les vieilles achètent un billet pour leur bestiole, alors pourquoi le dégager du siège pour permettre à un étudiant sans réservation de s'assoir).

Conclusion : aboyez, vous serez peut-être soigné par la bonne volonté d'une vieille fortunée.

En attendant, merci de se soucier de moi, j'ai toujours mal et j'ai rendez-vous dans une heure et demi, à peu près, chez [bidule] d'ailleurs.

dimanche, 21 mars 2010

Musée des beaux arts de Lyon

Week-end du printemps, il faut moche, alors pour nous occuper et plutôt que bosser, avec Adée, on a décidé d'aller au musée. (Je n'aime pas la précédente phrase, qui contient bien trop de virgules).

Nous nous sommes donc rendu au musée des beaux arts de Lyon, place des Terreaux, et gratuit pour les moins de 26 ans et étudiants. Je ne ferais pas le guide, parce que déjà je suis un sérieux inculte et matière d'arts, et parce qu'en plus, vous n'avez qu'à y aller au musée (c'est pas super cher).

Par contre, je peux vous parler des spécimens que j'y ai rencontré, et si j'étais une œuvre d'art (...) exposée dans le musée, je me marrerais bien.

Le mec qui dessine

Lui il voit des trucs qu'on voit pas, il est physiquement présent, mais communique avec les œuvres comme si il était pote avec elles sur facebook. C'est assez intriguant : il se pose quelque part, regarde une sculpture et essaie de la mettre sur le papier avec autant de crayons différents qu'il y a de pokémons. En même temps, c'est un mec bien, parce qu'il te snobe pas, il ne réalise même pas que tu es là. En plus, il ne suit pas le sens de la visite !

On en repère deux type : le cas A porte une veste noire, des lunettes avec grosses branches et gros contours, à les cheveux souvent mi-longs et des converses. Le cas B est volontairement mal rasé, a quelques traces de gouache sur les doigts et la chemise coton naturel à moitié ouverte.

Quoi qu'il en soit, ils ont tous les deux des immenses blocs-notes canson, un gros sac plein de crayons et un trieur de dessins A3. Autant dire qu'on le loupe pas.

Existe aussi en modèle fille, reconnaissable aux même attributs, mais les cheveux longs et un T-shirt rayé.

Le papa et/ou la maman

On ne sait pas grand chose de ce spécimen, mais il nous rappelle pourtant quelque chose. En tout cas, il a toujours un gros sac et dit tout le temps "chuuuuut", "t'es sûr que t'as pas envie de faire pipi ?", "arrête de courir partout", "regarde là, il y a une momie", "tu sais ce que c'est ça ?".

On ne sait pas trop ce qui lui a pris de venir là, d'autant plus qu'il savait déjà que Théo/Lucas/Zoé/Lucie passerait plus de temps à contempler le macdo d'en face que les représentations subliminales des principales scènes mythologiques. En même temps, papa a pas voulu qu'elle reste devant la statue avec un cygne et Léda.

Le couple Ikéa

Alors eux, ils ont pas compris le concept du musée. Enfin, c'est à dire qu'ils doivent confondre avec le célèbre bien-plus-qu-un marchand de meuble suédois. Ils se promènent avec le catalogue de prêt qu'ils ont eu à l'entrée, ne comprennent pas pourquoi les enfants n'ont pas été déposé au Småland (c'est l'espace de jeu pour les enfants dans le magasin dont je vous parle), et imaginent toutes les œuvres dans leur duplex.

Ils parlent d'ailleurs de remplacer leur vaisselle par les magnifiques assiettes artisanales de méditerranée parce qu'ils sont trop "oh mon dieu chéri t'as vuuuuu ce bleuuuuu ?! En plus il tiens à travers les âges" (probablement un signe de qualité et que c'est de la marchandise haut de gamme).

En tout cas, moi je ne veux pas d'un bronze de douze mètres cube dans les toilettes.

L'expert improvisé

Je vais en finir vite : il a lu Dan Brown et regarde arte quand il n'a pas sommeil, alors il devient le guide de sa femme (contre son gré) et devient particulièrement embarrassant quand il explique à une conservatrice que selon lui, il y a une erreur dans le dépliant, puisque ce cartouche évoque certainement un roi de Mésopotamie ayant vécu entre le VI et le IV siècle avant Jésus. Et là, Carole n'a rien d'autre à dire que "Bon Hugues, ça va là maintenant !".

Conclusion : allez au musée, c'est fascinant !

mardi, 2 mars 2010

Ceci est un spam | Publicité : iPhone

Il y a toutes sortes de brevets sur l'iPhone !

Un brevet pour débloquer un appareil en réalisant des gestes sur une image de déblocage.

Un autre pour zoomer et retourner l'image sur un écran tactile.

Des brevets purement stupides, comme celui sur le système multi-tâches orienté objet.

L'iPhone a aussi un brevet sur l'utilisation de l'appareil photo intégré pour déterminer les meilleurs conditions d'économie d'énergie.

En fait, l'iPhone a un brevet pour à peu près tout... uniquement sur l'iPhone* !

Plus sérieusement. Ils se foutent de la gueule de qui ? Apple serre les fesses et s'inquiète pour les parts de marché de son téléphone ultra-verrouillé, dont les applications pour "à peu près tout" sont soigneusement sélectionnés par la firme, qui juge de l'intérêt de telle ou telle réalisation pour ses clients (un autre exemple sur numérama) et ne laisse pas l'utilisateur libre de choisir l'usage qu'il a de son téléphone (ni même la possibilité de changer lui-même la batterie, ce qui est pourtant interdit par la communauté européenne).

Alors quand on à peur, on fait des choses stupides, comme devenir agressif et tirer tout azimut sur tout ce qui bouge. Notamment htc (beaucoup plus facile à attaquer que Google, puisqu'en fait la majorité des brevets concernent des fonctionnalités disponibles dans le système d'exploitation Android de Google). Au passage, un brevet sur un système multi-tâche orienté objet, il fallait y penser. Demain, je brevette la notion de page web générée depuis une application orientée objet. Et Paf !

Bref, l'iPhone est bien fashion, mais bon, je n'ai plus aucun doute, l'appareil doit son succès à la firme qui limite ses capacités, comme si on faisait bosser son gosse sur ses devoirs tous les soirs comme un tyran pour l'obliger à arrêter sa scolarité à 16 ans.

Pour en savoir plus, et en anglais : Apple Sues HTC For Infringing On 20 iPhone Patents: The Complete Documents


samedi, 27 février 2010

Les vacances qu'on veut pas

Il parait que je me plains souvent, alors ce soir j'y vais. Depuis vendredi soir dernier, je suis en vacances, enfin, dans le sens "j'ai pas cours". Mais je vais résumer les 7 derniers jours en quelques chiffres :

  • 8 heures de sncf (train, bus)
  • dont 1h40 de retard
  • PC en route : 8 à 14 heures par jour
  • logiciels les plus utilisés :
    • mozilla firefox : 97,8% du temps
    • eclipse : 84,2%
    • terminal : 77,6%
    • Ryhtm'box : 56,1%
  • 1 serveur migré
    • 3 serveurs virtuels configurés
    • 4,3Go de mails migrés
    • 7 sites internet migrés
    • 4 noms de domaines
  • j'ai avancé sur 2 TP
  • 0 jour sans travailler
  • 5 films et 3 épisodes inédits de séries
  • 7,4 heures de sommeil en moyenne
  • 3 apéro

Mais elles sont quand les vacances ?!?

Bon, elles seront ce week-end, parce que ça sera la grande soirée où on importe quelques dijonnais pour une fête endiablée ! Ouf !

mardi, 9 février 2010

Le concept école d'ingé

Je vois régulièrement mon pote Thomas qui est entré cette année à Centrale Lyon, et on discute souvent de nos écoles, nos cours, nos camarades, etc. Globalement on retiendra que c'est assez loin de l'image qu'on en avait.

J'ai commencé à rédiger ce billet au début du mois dernier, j'avais prévu d'expliquer en quoi je suis parfois déçu par la qualité de certains cours qui sont parfois superficiels, ou parfois rendus aussi intéressants qu'un prime de la ferme célébrité. Mais ces dernières semaines ont été bien trop remplies pour que je puisse conclure ce billet et cette semaine ressemblent à des vacances, mais avec des cours. En plus, j'ai un nouvel écran qui claque pour mon PC, des nouveaux rideaux et une nouvelle literie complète : donc je suis content !

Comme je suis content, et que j'ai appris que certaines personnes lisent malgré tout ce blog (dont certains dans la promo, alors c'est motivant, et ça redonne envie d'écrire) je vais plutôt parler de l'aspect sympathique de tout ça.

finalement, ça ressemble à un mélange entre ce qu'on voit partout en cours et ce qu'on voit au boulot (je dirais bien en open-space, d'après ce qu'on en raconte, mais je n'ai jamais pratiqué ce sport).

Déjà, on peut dire que c'est un milieu quasi-exclusivement masculin, déjà parce que les filles sont fortement minoritaires, et parce que l'état d'esprit est franchement masculin. On a droit aux jeux et blagues de mecs, les rajouts machistes (un peu tempérés, pas très affirmés, un peu nerdz finalement) et accessoirement la guerre du café et du qui-à-la-plus-grosse. Finalement, on est plus près du mec-style que du geek-style.

On tempère quand même un peu tout ça. Il y a un lieu ou ce beau petit monde s'agite régulièrement : la salle détente. C'est un concept simple : quelques mètres carrés dans lesquels on pourrait sortir une saison de caméra-café en une journée. L'autre jour, on s'est tous agité quand Paul (c'est son vrai nom) est arrivé avec son nouveau pc portable, chaque buzz, actualité informatique ou non est décortiquée et trollée par les grandes-gueules en chef. Les trolls sont d'ailleurs encore plus virulents quand ils concernent les sujets classiques (open source, google, langages de haut niveau, iP[a|o]d, etc), les profs ou encore des entreprises (pour les stages, notamment).

Ah, et il y a aussi les jokes piquées sur 4chan, xkcd et autres comics-blogs, ou encore les photos de jeux vidéos et la pub géante pour de la lingeries qui surveillent les parties de tarot quasi-permanentes. J'ajoute pour finir la bonne blague pour les super-scientifiques qu'on forme : prenez une bouteille d'eau 1,5L, laissez juste un fond, fermez là (on doit à peine pouvoir laisser sortir l'air) tordez là au milieu : ça fait monter la pression, chauffer le fond d'eau. En la débouchant, vous pouvez faire de jolis impacts sur le mur ou faire partir le bouchon jusqu'au fond du couloir.

Comme il est tard, je finis par les quelques détails : on subit pas mal de fois par jour les quelques mêmes titres (à croire qu'une personne est la seule à avoir le droit de décider de la musique diffusée) et beaucoup de conneries sont filmées !

samedi, 17 octobre 2009

Mon orientation professionnelle

Vendredi dernier, on a eu un cours animé par une assistante au recrutement, donc du monde réél. C'était peut-être la première fois que j'étais réellement confronté au discours d'un recruteur, ou à défaut, la première fois que ça me marquait autant.

L'objectif était de nous donner des pistes pour nous orienter et établir notre projet professionnel. Trois grands axes ont été dégagés :

  • Expert ou généraliste ?
  • En quoi suis-je le meilleur ?
  • Dans quel domaine me sentirais-je le plus à l'aise ?

Lire la suite...

mardi, 15 septembre 2009

48 heures à l'INSA de Lyon

La rentrée du département informatique de l'INSA de Lyon s'est déroulée lundi matin. Les hostilités on débuté à huit heures par une présentation des composantes de l'INSA et du département, pendant un peu moins de deux heures.

Je ne découvrais pas tout à fait la chose, puisque l'intégration à commencé vendredi, et si il y a une chose à accorder aux organisateurs, c'est qu'ils en ont fait pour tous les goûts : découverte du campus, de Lyon, soirée jeux de société et de plateaux, découverte des principales associations (l'asso du département, l'AEDI) et de la "K-Fet", le bar associatif où les demis sont à 1,60€, où la musique gueule et où on retrouve un furieux air de soirées comme dans les films américains qui se déroulent sur les campus -le côté American Pie en moins...-. On va finir par un week-end d'intégration "dans un lieu tenu secret", qui donnera accès à un T-shirt spécial, et à des souvenirs mémorables... pour ceux qui n'auront pas bu au point de perdre des bouts en route.

Mais leurs professeurs nous ont aussi fait leur intégration : à dix heures, on a commencé la semaine "CM only"*, histoire de prendre de bonnes bases, bien solides ! Trois heures de système d'exploitation par jour pendant les trois premiers jours, les vides étant comblés par de la théorie sur les bases de données ou la programmation. En deux jours, si on a pas encore compris l'organisation du campus, on connait déjà les fonctionnement tordu de systèmes d'exploitations qu'on imaginait même pas !

Le bilan est donc en deux parties : d'un côté, j'ai peur du rythme, de décrocher, et de prendre très cher quand on va attaquer les maths. D'un autre côté, passer de l'IUT à l'INSA, c'est un peu comme si on passait d'un film français à un blockbuster américain : plus de rythme, plus violent, plus méchant, et nettement plus sexy ! C'est franchement excitant et comme je suis un peu maso, j'en redemanderais bien ! En tout cas, en terme d'ambiance, c'est tout bon, les échanges entre les étudiants issus de DUT, fac, prépa ou prépa intégrée INSA (qui sont déjà dans l'école depuis deux ans) sont nombreux, et ce soir, on commençait déjà un peu à se détendre, à être moins timide, tout ça.

* pour ceux qui ne parlent pas l'universitaire, CM only, c'est seulement cours magistraux, donc théorie grattée sur papier dans un amphi pendant toute la semaine.

mercredi, 19 août 2009

Mode pr0n chez le geek ?

Bon, ma côte de popularité est en nette baisse chez les surfeurs de la nuit qui tombent sur mon blog avec des mots clés comme petite culotte ou petite amie et son petit copain dans la chambre et autres joyeusetés. Il est donc temps de revenir dans les petits papiers de Google et de rappeler à tous que ce blog est aussi un lieu de débauche qui peut devenir très tendance.

Je profite donc de l'actualité croustillante dont le portail de free m'a fait part aujourd'hui - l'acteur Eric Dane de Grey's Anatomy aurait fait une sextape selon voici - pour parler de la misère sexuelle dans laquelle une bonne partie de la promo (euh oui, promo hein) des étudiants en informatique que je côtoyaient étaient.

Non, parce que quand même, cher lecteur, je commence à me demander si le porno ne deviendrait pas une tendance à ne pas louper ces derniers temps, tellement c'est devenu un lieu commun de discussion :

Ho, il fait moche en ce moment, mon appartement risque d'être inondé. Au fait, tu passes quand chez moi ? deviendrait presque Oh, la milf bien laide de la vidz d'hier à tout pris, elle avait la gueule inondée, j'te la passerais si tu veux, passe moi ta clé USB. La grande question étant de savoir si ces jeunes souffrent d'une maladie qui consiste a être plus facilement AFK de Wow pour se connecter sur youpr0n que pour aller au toilettes, ou si on assiste au phénomène inverse de la chips McCain : c'est ceux qui en parlent le plus qui en font le plus.

Parce que j'ai quand même du mal à croire que les exploits sexuels de mes classmates soient aussi terrifiants que ce qu'ils racontent. A moins qu'on en vienne à une contre-libération de la femme, qui consiste à dire qu'elles sont tellement libres qu'elles peuvent choisir de devenir des vicieuses soumises qui prennent tout dès le premier soir : la femme n'est donc plus un faire-valoir multi-usages (gosses + cuisine + menage, mieux que Ajax triple action) comme on nous dit que c'était avant, mais un sex-toy de luxe utilisable pour flatter son égo devant les potes plutôt que construire quelque chose de concret. C'est peut-être un manque de personnalité qui consiste à mettre entre deux DVDs de Tarantino, un bon Dorcel avec une star du show télé-réalité Kleenex Secret Story pour montrer qu'on est trendy est ouvert, et avoir pour but dans la vie de le refaire le soir (au passage, il faudrait que certains regardent un peu plus Matrix, ils ont plus de chance de devenir Néo que Monsieur X).

D'autant plus que, idée à nouveau jetée en l'air, c'est tellement tendance de bloguer cul (je ne parle pas des relations sociales filles garçons comme les blogs de quelques ami(e)s), qu'on en vient à se demander la fin dans tout cela.

Tiens d'ailleurs pendant que j'écris ce bout d'article inutile, je constate que le portail de free, qui vantait cette actualité, a été indisponible quelques minutes avant de réapparaitre sans la fameuse super actualité.

Je remercie donc les lecteurs de ce billet double usage : SEO facile (p'tain les mots clés que j'ai réussi à caser) et questionnement ultra profond sur un sujet dont j'ai pas l'habitude de parler en public (p'tain, j'suis vraiment pas tendance).

Et pour ceux qui veulent des références, des sources et de l'argent facile :

Au fait, robot spammeur de merde, j'ai un antispam dotclear à tester :) - Ce billet n'est absolument pas cautionné par mes proches.

dimanche, 16 août 2009

Ma responsabilité dans cette histoire

Tout à l'heure, je lisais un billet de Tristan Nitot, ou il parlait d'écologie s'attaquer au tabous pour devenir écolo. En fait, si je suis d'accord dans l'idée, la forme me débecte pas mal (j'aime bien Tristan, son blog et d'une manière générale, ses idées). Sur le moment j'ai eu envie de faire une billet sauce vas-y que j'te provoque sur un terrain facile, en contre-disant en pire tout ce qu'il raconte.

Je vais essayer de condenser et raisonner un peu ce que je voulais raconter, puis dévier sur le billet que je veux faire depuis un moment.

Donc, premièrement, ma réponse à Tristan (c'est pompeux dit comme ça, parce qu'en fait, les chances sont très faibles pour qu'il lise ce billet, d'autant plus que je n'ai pas vraiment l'intention de lui en faire part).

Dans ce billet, Tristan reprend des principes bien connus et montre que ceux-ci sont vraiment moyen d'un point de vue écologique. Je vais donc citer ces principes, mais au lieu de les contredire, je vais expliquer pourquoi ça me dérange qu'ils soient pointés comme ça du doigt.

Bon d'abord, il n'y a pas d'économie en bonne santé sans croissance, celle là, je veux bien y croire. Sans chercher bien loin, pour moi si la croissance suit à peu près l'accroissement démographique (genre : on augmente la production pour qu'elle couvre aussi les besoins des petits nouveaux), bah ça me va. Comme mes notions d'économie se limitent à une heure par semaine pendant un an en DUT, je suis presque sûr que toute personne un peu mieux documentée que moi me dira que c'est une connerie naïve et super mal dite. Soit.

Après on démonte une série de principes du genre : plus on réussit dans la vie, plus on claque de blé et on engraisse le capital, "si t'as pas de rolex a cinquante berges, t'es une merde". C'est vrai, avoir une grosse bagnole, vivre dans le luxe, tout ça, c'est pas bien pour des tas de raisons. Mais après tout, une voiture chère pollue-t-elle forcément plus qu'une pas chère ? Et pourquoi acheter des fringues de marque et suivre la mode ça serait mauvais d'un point de vue écologique ? Si les vieilles peaux tirées ne veulent pas porter deux fois la même robe, ça ne veut pas dire qu'en achetant un T-shirt Calvin Klein ou un costume de chez Boss je suis moins écolo, ou moins responsable qu'en l'achetant chez Kiabi : un vêtement ça s'use, je choisis de le remplacer de manière périodique au soldes, et je fais quelques achats "coup de cœur", pas forcement intelligents, à la limite, je plombe mon pouvoir d'achat et m'empêche d'acheter encore plus de conneries... Et puis de la à dire que ce sont des tabous...

Enfin, le meilleur pour la fin : le pour être écolo, faites moins d'enfants. Franchement, celui-là j'ai du mal, si ça répond à une certaine logique, c'est quand même un peu gonflé, et comme un commentaire l'a parfaitement souligné : en quoi la vie humaine doit être mise dans la balance écologique et non pas au dessus ? C'est un non-sens complet pour moi.

En fait, le raisonnement ressemble beaucoup à : vivons moins bien pour vivre plus écolo, et là, franchement... non, ça va plus.

On attaque donc la deuxième partie du billet.

Depuis un moment, je réfléchis au sens et à la responsabilité qu'il faut adopter dans le cadre d'une entreprise, en tant que décideur à un certain niveau, peut importe lequel.

Par exemple, l'objectif de l'entreprise, selon moi, n'est pas seulement de faire du chiffre : c'est effectivement une part importante, mais ça ne doit pas être fait à n'importe quelle condition. Les lois sont là pour cadrer, mais ne mettent pas nécessairement en avant la responsabilité sociale ou écologique que doit avoir l'entrepreneur ou le décideur.

Socialement, il s'agit, avant de causer licenciement et délocalisation, de prendre soin de ses collaborateurs, faire de son mieux pour qu'ils soient dans une ambiance confortable, agréable et propice au travail, c'est un double avantage, puisque le collaborateur content travaille mieux. Mais si en plus, on peut faire en sorte que le collaborateur puisse rentrer à l'heure pour ses enfants le plus souvent possible, ne passe pas sa vie à s'engueuler avec sa femme au sujet du boulot et avant tout, vive décemment, c'est l'idéal.

Pour l'écologie, c'est pareil, on peut mettre en veille prolongée les serveurs de stockage, choisir intelligemment son support de sauvegarde, arrêter d'imprimer tout et n'importe quoi,  À chaque niveau, et peut importe la taille de l'entreprise, on peut faire des choix responsables.

En gros, parce que je me perd un peu dans mes idées, je résume par : l'entreprise doit être consciente de l'environnement dans lequel elle est implantée, et s'adapter pour vivre et respecter ses objectifs tout en respectant cet environnement. Apporte-t-elle un véritable mieux-être ? Son action est-elle globalement positive ? Par exemple, faire de grosses barres d'immeubles là ou on a un joli paysage, on peut peut-être trouver un moyen de loger aussi bien les gens, mais sans tout casser.

Évidemment, comme je me projette dans le contexte d'une boite d'informatique d'une dizaine de personnes, ça parait assez simple de diriger les choses, les enjeux semblent limités. Mais à mon avis, c'est tout aussi valable quel que soit le poste qu'on occupe. Et c'est également valable à la maison.

Alors raisonner et se comporter intelligemment : oui, s'attacher à des principes qui me paraissent régressifs (si l'énergie c'est pas bien, coupons l'électricité), j'aime nettement moins : certaines petites actions coutent beaucoup plus à mon égo que ce qu'elles apportent, et je ne suis pas convaincu que cumulées, elles changent grand chose. Par contre, si d'une manière générale, je réfléchis raisonnablement à un ensemble de facteurs, et que je me permet quelques écarts qui me permettent de rester en forme (ouais, parce que me sentir coupable d'avoir détruit un nano-écosystème à chaque fois que je me gratte, je trouve ça vraiment difficile à vivre), je peux vivre content, sans me priver particulièrement, et ne pas me sentir coupable de vouloir trois ou quatre enfants !

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Merci d'avoir lu jusque là !